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Une campagne électorale autochtone sous le signe de la controverse

La vice-chef de la Fédération des nations autochtones souveraines, Heather Bear

La quatrième vice-chef de la Fédération des nations autochtones souveraines, Heather Bear, avait brièvement accédé au poste de chef intérimaire.

Photo : CBC/Brandon Harder

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La campagne électorale de la Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN) commence dans la tourmente.

Un texte d'Omayra Issa

Un bras de fer de plusieurs jours, entre la première vice-chef, Kimberly Jonathan, et la quatrième vice-chef, Heather Bear, a mené à une intervention policière et une réunion extraordinaire entre le conseil exécutif et la commission de gouvernance. L’organisme a ensuite décidé qu’il n’y aurait pas de chef intérimaire avant les élections du 25 octobre.

Toutefois, les statuts de la FSIN prévoient qu'il y ait un chef intérimaire avant les élections.

Or, les deux élues se sont disputé ce poste. Selon les statuts de la FSIN, le chef doit démissionner avant la fin de mise en candidature pour les prochaines élections. C’est ce qu’a fait le chef sortant, Bobby Cameron, qui est candidat à sa propre succession. Il affrontera le chef de la Première Nation Thunderchild, Delbert Wapass.

Le conseil exécutif de la FSIN avait désigné Heather Bear comme chef intérimaire. Pour sa part, Kimberly Jonathan soutenait plutôt que le poste intérimaire lui revenait de droit, selon les règlements de la FSIN.

Le conseil exécutif aux commandes

Le conseil exécutif devrait se réunir la semaine prochaine, afin de se prononcer sur la gouvernance et les opérations de la FSIN pendant la campagne électorale.

L’administration continuera à être assurée par la directrice des opérations, Dawn Walker.

Elle recevra des directives du conseil exécutif, indique la FSIN dans un communiqué.

Malaise et dénonciation

Cet imbroglio avait créé un malaise parmi certains chefs. Il avait également été dénoncé par les délégués de la jeunesse au sein de la FSIN.

Darian Lonechild, de la Première Nation Whitebear, et Rollin Baldhead, de la Première Nation One Arrow, avaient déploré cette lutte intestine et appelé à la retenue, par voie de communiqué.

Les jeunes leaders avaient aussi demandé aux candidats aux postes de chef, de premier vice-chef et de troisième vice-chef, de revoir la gouvernance interne de l’organisme dès la première semaine de leur élection, indiquant que le bras de fer donnait un mauvais exemple à la jeunesse autochtone.

La FSIN représente les 74 Premières Nations de la Saskatchewan.

Des candidats controversés

Darin Poorman, ancien chef de la Première Nation Kawacatoose.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sous le règne de Darin Poorman, le conseil de bande de la Première Nation Kawacatoose ne pouvait pas expliquer comment des centaines de milliers de dollars avaient été dépensés en juillet 2010.

Photo : Radio-Canada

Des informations obtenues par CBC/Radio-Canada font état de certaines inquiétudes sur la gestion financière de la Première Nation Kawacatoose sous la direction de Darin Poorman, candidat au poste de premier vice-chef.

Située à 115 kilomètres au nord de Regina, la réserve avait été frappée de plein fouet par une tornade en 2010. Des dizaines de maisons et d'infrastructures avaient été détruites.

La Première Nation avait pu amasser des fonds de secours, constitués notamment avec l'aide du gouvernement fédéral et grace à des concerts-bénéfice.

Cependant, un audit fédéral démontre que Darin Poorman et son conseil de bande ne pouvaient pas expliquer comment 311 000 $ avaient été dépensés en juillet 2010.

En août, 256 000 $ avaient été soustraits du fonds d’urgence, alors que seulement 540 $ avaient été versés aux secouristes.

De surcroît, Darin Poorman et ses conseillers avaient voté pour une forte augmentation de leurs salaires pendant l’année 2011-2012. Le salaire annuel du chef était passé de 65 000 $ à 105 000 $. Celui des conseillers avait grimpé de 38 000 $ à 75 000 $.

Un analyste et ancien membre du conseil exécutif de la FSIN, Doug Cuthand, estime que les électeurs ont peu de choix lors des élections.

Il ajoute que l’autre candidat au poste de premier vice-chef, Morley Watson, a « causé des dommages considérables » à l’Université des Premières Nations du Canada en ordonnant une descente de police dans les bureaux de l’établissement. Sous sa direction, l’Université avait été mise en probation pour avoir mis en péril la liberté de l'enseignement et le nombre d’inscriptions a baissé de façon considérable, rappelle M. Cuthand.

Les postes de deuxième vice-chef et de quatrième vice-chef ne sont pas à renouveler.

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