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« Robert Gauvin ressemble beaucoup à son père », selon un ancien organisateur politique

Alban Duguay, ancien organisateur politique progressiste-conservateur, reçoit la visite de Robert Gauvin
Alban Duguay, ancien organisateur politique progressiste-conservateur, reçoit la visite de Robert Gauvin Photo: Gracieuseté Roger Lanteigne
Radio-Canada

Le candidat progressiste-conservateur élu dans Shippagan-Lamèque-Miscou, Robert Gauvin, seul élu francophone au sein de son parti, se trouve dans une situation qui rappelle un peu celle de son père, Jean, au milieu des années 1990.

Un texte de René Landry

À Shippagan, en remerciant ses partisans à la suite de sa victoire, Robert Gauvin a lancé un cri du cœur.Des situations difficiles s'en viennent, a-t-il affirmé. On s'en va à Fredericton. Il y a plusieurs partis qui sont là. Il y a le parti de l'Alliance qui est là. Mais faites-vous-en pas. Avec ce que vous avez fait ce soir, je vais me battre pour vous jusqu'à la mort, mesdames et messieurs. 

Il y a près de 25 ans, son père, Jean Gauvin, alors député progressiste-conservateur de la circonscription qui portait le nom de Shippagan-les-Îles, faisait un discours très émotif, la larme à l'œil, à l'Assemblée législative. Il avait failli démissionner lorsque son chef, Dennis Cochrane, avait entrouvert la porte du parti aux anciens députés du parti anti-bilinguisme CoR.

Je pense que je préférerais mourir politiquement et mourir debout.

Jean Gauvin, ancien député et ministre progressiste-conservateur

M. Cochrane connaît ma position à ce sujet-là, avait expliqué Jean Gauvin. Et si M. Cochrane décide de donner une nouvelle orientation au parti, à ce moment-là, c'est sûr que je vais réévaluer ma présence à l'intérieur du parti.

Jean Gauvin en entrevue dans des archives de Radio-Canada.Jean Gauvin, ancien député et ministre progressiste-conservateur au Nouveau-Brunswick, était le père de Robert Gauvin. Photo : Radio-Canada

Jean Gauvin était d'avis que d'accepter au sein du Parti progressiste-conservateur des personnes qui s'opposent aux droits collectifs des Acadiens représentait un affront envers les francophones. Il avait lancé un ultimatum à son chef pour le forcer à se prononcer sur l'admissibilité des députés du CoR au sein du Parti progressiste-conservateur. Jean Gauvin avait soulevé une tempête alors qu'il occupait le poste de whip chez les progressistes-conservateurs, celui-là même qui doit assurer la discipline dans les rangs du parti.

Le chef Dennis Cochrane a en quelque sorte puni son bouillant député acadien. C'est nécessaire pour le Parti progressiste-conservateur, dans l'opposition, de présenter un front très uni, avait-il déclaré. Les actions avec un ultimatum ne sont pas dans les meilleures activités pour une équipe. C'est la raison pourquoi j'ai terminé les actions de Jean comme whip.

La réponse de Gauvin a été cinglante. Si c'est le prix qu'il faut que je paie pour défendre les droits des francophones à l'intérieur d'un parti politique, eh bien écoutez, qu'il donne le whip à quelqu'un d'autre, moi ça ne me fait pas de différence.

Un journal du CoR (Confederation of Party).Le parti Confederation of Party a été fondé en 1989 au Nouveau-Brunswick et a été dissous en 2002. Photo : Radio-Canada

Bernard Valcourt a ensuite succédé à Dennis Cochrane à la tête du Parti progressiste-conservateur et Jean Gauvin a décidé de ne pas se porter candidat aux élections de 1995.

Robert Gauvin, député de Shippagan-Lamèque-Miscou, a dû, lui aussi, lancer un avertissement à son chef progressiste-conservateur, Blaine Higgs, qui n'a pas immédiatement fermé la porte à une collaboration avec les députés de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, un parti politique hostile au bilinguisme. La longévité de Blaine Higgs va dépendre de la façon dont il va traiter les Acadiens , a-t-il déclaré.

Un nationaliste

Alban Duguay, de Shippagan, a aujourd'hui 90 ans. Il a été le président de l'Association progressiste-conservatrice de Shippagan-les-Îles pendant une quinzaine d'années, soit durant la période où Jean Gauvin était député. Il a bien connu ce dernier et a vu ses enfants grandir. Il est l'une des personnes que Robert Gauvin est allé rencontrer pour demander des conseils.

Alban Duguay, en discussion avec Robert GauvinAlban Duguay, en discussion avec Robert Gauvin Photo : Gracieuseté Roger Lanteigne

Jean était nationaliste et il ne s'en cachait pas non plus, rappelle-t-il. Il défendait ses principes avec conviction. Je lui avais demandé, alors qu'il était député, s'il ne voulait pas tenter de devenir chef du parti. Je lui ai dit que Hatfield allait partir un jour. Il s'est mis à rire et il a dit qu'il était bien trop nationaliste pour avoir l'appui des anglophones. J'avais eu ma réponse, j'avais compris.

Tel père, tel fils?

Après avoir pris une pause du monde politique, Alban Duguay a en quelque sorte repris du service en se présentant à des activités partisanes de Robert Gauvin. Quand il a entendu dire que Robert Gauvin avait lancé qu'il allait se battre pour les siens jusqu'à la mort, cela lui a tout de suite fait penser à son ami Jean Gauvin, aujourd'hui décédé.

Robert ressemble beaucoup à son père, dit-il. Il a un talent d'orateur, comme son père avait. J'ai entendu les premiers discours de Jean et des avocats qui étaient présents disaient qu'il serait bon pour plaider des causes. Jean était capable de soulever les foules, tout comme Robert peut le faire. Les deux ont le même côté nationaliste, les mêmes valeurs.

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