•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Couillard sur Guy Ouellette : « Ce qui est important, c'est la conclusion de notre conversation »

Le chef libéral suivi par une horde de reporters et montant dans son autocar de tournée.

En sortant du club de golf East Angus, Philippe Couillard n'a pas voulu s'arrêter pour répondre aux questions des journalistes, assurant seulement que Guy Ouellette lui avait réitéré sa loyauté envers le PLQ.

Photo : Radio-Canada / Bruno Boutin

Radio-Canada

Soupçonné d'avoir transmis des informations sensibles à l'opposition il y a deux ans, le député sortant de Chomedey, Guy Ouellette, continue d'être une source d'embarras pour son chef, Philippe Couillard. Les deux hommes se sont parlé jeudi, assure ce dernier, sans dévoiler de détails sur le contenu de la conversation.

Un texte de Jérôme Labbé (Nouvelle fenêtre)

« Ce qui est important, c'est la conclusion de notre conversation : M. Ouellette est complètement tourné vers le succès électoral dans Chomedey, à Laval et partout le Québec. Pour moi, c'est ce qui compte. »

C'est ce que s'est contenté de dire Philippe Couillard, jeudi après-midi, à son arrivée à Victoriaville, avant de visiter le local électoral du PLQ dans Arthabaska. La déclaration était à peu de chose près la même que celle livrée quelques heures plutôt, à East Angus, en Estrie.

Il faut dire que M. Couillard a mis du temps à joindre Guy Ouellette après la publication de l'article à la source de la controverse, mercredi matin, dans le Journal de Montréal. Vingt-quatre heures plus tard, les deux hommes ne s'étaient toujours pas parlé. La discussion a finalement eu lieu jeudi, en fin d'avant-midi, mais aucun détail n'a filtré depuis.

Plus tôt en matinée, M. Couillard avait réitéré sa confiance envers son candidat, rappelant que celui-ci avait participé au grand rassemblement libéral de lundi soir, à Laval.

Il s'était même engagé à ce que l'ex-policier, spécialiste de la lutte contre le crime organisé, demeure au sein du caucus libéral pour toute la durée de la prochaine législature « sur la base des informations que je détiens aujourd'hui », avait-il cependant précisé, ajoutant qu'il pourrait y avoir « d'autres informations un jour ».

Le principal intéressé, lui, est demeuré muet, jeudi, se contentant de remercier sur les réseaux sociaux les bénévoles qui travaillent actuellement à sa réélection.

Le candidat est au téléphone.

M. Ouellette était dans son local électoral, jeudi, à Laval.

Photo : Facebook (Guy Ouellette)

M. Ouellette aurait fourni à l'opposition de l'information sur une nomination controversée au sein du gouvernement, en 2016 – ce qu'a confirmé mercredi le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

« Ça fait longtemps qu’on a cette information-là, on l’a gardée », a ajouté M. Legault, jeudi après-midi.

Selon lui, Guy Ouellette doit maintenant venir s'expliquer « rapidement » devant les médias.

« Je pense que les prochaines réponses doivent venir de M. Ouellette et de M. Couillard. Il ne peut pas se sauver, là. Est-ce qu’il admet les faits qui sont révélés dans plusieurs médias, et qu’est-ce qu’en pense M. Couillard? », a demandé le chef caquiste.

Inexcusable, dit Lisée

« S’il est vrai que c’est lui qui a donné des informations à des membres d’un autre parti, c’est une brèche de loyauté qui n’est pas excusable, et je ne comprends pas que M. Couillard le garde comme député », a indiqué pour sa part le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

« M. Couillard semble nous indiquer qu’il croit la version de M. Ouellette, selon lequel il aurait été victime d’un coup monté [...], que quelqu’un aurait utilisé ses courriels », a-t-il ajouté, suggérant que M. Ouellette « convoque la presse pour qu’on puisse juger de la crédibilité de sa version ».

M. Lisée a également accusé son homologue caquiste d'avoir « brûlé une source », ce dont se défend le principal intéressé.

« Il y a pour moi, qui suis un ancien journaliste, [....] un prolongement du travail de journaliste lorsqu’on est député, a-t-il expliqué aux représentants des médias, jeudi après-midi. Lorsqu’on est député, on reçoit de l’information confidentielle de toutes sortes de sources. Et comme vous, on se pose la question : pourquoi est-ce que la source nous donne cette information? Est-ce que l’information est véridique? Est-ce qu’elle est d’intérêt public? Si oui, on l’utilise. »

« Maintenant, il ne faut jamais brûler sa source, qu’on soit journaliste ou homme politique; ne jamais brûler sa source, a-t-il répété. Pourquoi? Parce que si on trouve que sa source est utile, c’est qu’elle apporte des éléments au débat public qui sont d’intérêt public. Alors M. Legault n’a pas montré qu’il avait une bonne compréhension de la confidentialité des sources lorsqu’il dit : "Puisque c’est dans le journal, je vais la brûler". Non. Ce n'est pas ça, le critère de la protection des sources. »

Je dis à tout le monde qui veut donner de l’information à la CAQ : méfiez-vous. Méfiez-vous parce qu’ils brûlent leurs sources à des fins politiques.

Jean-François Lisée, chef du PQ

Khadir a parlé « informellement » à Ouellette

De son côté, la coporte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a fait savoir que sa formation n'avait jamais reçu de courriel de la part de M. Ouellette.

Elle a toutefois indiqué que le député de Mercier Amir Khadir – qui ne se représente pas – parlait parfois de manière informelle avec son homologue de Chomedey.

« Vous savez, quand on est député, on se côtoie, on se parle, on se jase... Moi, j'ai déjà vu mon collègue Amir discuter avec M. Ouellette informellement, sur le coin d'une porte. Amir, c'est notre député qui, depuis 10 ans, a été sans arrêt au front concernant la corruption et la collusion, [mais] je n'ai pas idée de ce qui s'est rapporté là », a indiqué Mme Massé.

Un peu de contexte

La nomination controversée à l'origine de ce feuilleton, c'est celle de Pietro Perrino, un militant libéral qui a obtenu il y a quatre ans un poste de haut fonctionnaire au ministère du Conseil exécutif, qui est en quelque sorte le ministère du premier ministre. Selon le Journal de Montréal, les messages reçus par la CAQ contenaient des informations sur les liens entre M. Perrino et l’homme d’affaires controversé Luigi Coretti.

Du « salissage », selon Philippe Couillard, qui a répliqué mercredi à François Legault en l'associant à son tour à l'homme d'affaires Charles Sirois, qui a fondé l'entreprise Pangea, suggérant que cette proximité serait la cause du fait que la CAQ ne propose rien de concret pour limiter l'accaparement des terres agricoles. « J'ai fini de me faire manger la laine sur le dos », a déclaré le chef libéral.

Ce n'est pas la première fois que la loyauté de M. Ouellette envers le PLQ est remise en question.

Député de la circonscription lavalloise de Chomedey depuis 2007, M. Ouellette a été arrêté le 25 octobre 2017, à Québec, l'UPAC le soupçonnant d'être mêlé aux fuites d'informations relatives à l'enquête Mâchurer qui porte sur le financement du PLQ, sur l'ex-premier ministre Jean Charest et sur son grand argentier de l'époque, l'entrepreneur Marc Bibeau.

Cette enquête est maintenant terminée, mais paralysée, a appris Radio-Canada, il y a deux semaines.

Politique provinciale

Politique