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Des mois d'attente pour consulter un psychologue dans le système public ontarien

Une jeune fille se tient le visage entre les mains, elle est assise sur un banc.
... Photo: Shutterstock / Paulius Brazauskas
Radio-Canada

Le quart des Ontariens doivent attendre plus de six mois pour consulter un psychologue dans le secteur public, selon l'Association de psychologie de l'Ontario (OPA). Le temps d'attente peut être encore plus long pour les services en français et pour les enfants.

Un texte de Stéphany Laperrière

Au Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto, le temps d'attente pour consulter un psychologue est de plus d'un an, indique son clinicien chef, Dr Sylvain Roy.

Mes collègues du secteur privé peuvent souvent offrir le même service à l'intérieur de deux à quatre semaines, explique-t-il, ça soulève beaucoup de problèmes, d'un point de vue éthique et pour l'accès général à la psychologie.

Ces délais peuvent être désastreux pour les patients, ajoute celui qui est aussi le président de l'OPA.

Par exemple, en cas de déficience intellectuelle, une évaluation psychologique est nécessaire pour avoir accès à certaines ressources, s'il y a un délai, ça peut causer beaucoup de problèmes, affirme Dr Roy.

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Chez les psychologues pour enfants, le temps d'attente dépasse six mois pour 36 % des patients, selon les données recueillies par l'OPA.

L'accès aux différents services en santé mentale pour les jeunes, incluant la psychologie, a des répercussions sur l'ensemble du système de santé, ajoute Kimberly Moran, présidente-directrice générale de l'organisme Santé mentale pour enfants Ontario.

Souvent, l'hôpital est le seul endroit où les familles peuvent amener leurs enfants, ce n'est pas logique, les hôpitaux ne peuvent pas offrir le traitement continu nécessaire, dit-elle.

Le nombre de fois où des enfants ou des jeunes se sont présentés aux urgences pour des problèmes de santé mentale ou de consommation a augmenté de 72 % entre 2006 et 2017 en Ontario, indique l'organisme. Il demande davantage de services communautaires ciblés sur les besoins des jeunes par des professionnels de la santé.

Services en français

Obtenir des services psychologiques en français en Ontario peut aussi prendre du temps.

Le délai d'attente est de plus de six mois pour 31 % des gens qui se tournent vers le secteur public, selon les données recueillies par l'OPA auprès d'une soixantaine de psychologues francophones.

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La directrice du développement stratégique à l'Hôpital général de Hawkesbury et district, Dre Suzanne Filion, affirme que les Franco-Ontariens sont plus susceptibles que les anglophones de subir un épisode de dépression clinique au cours de leur vie.

Souvent, puisqu'il y a moins de service dans les communautés, les gens vont consulter plus tard ou se rendre à l'urgence, mais les symptômes s'aggravent au cours des mois, dit la psychologue clinicienne.

Je reçois en moyenne trois à cinq appels par semaine, la plupart des francophones. Ce sont des gens qui ont énormément de difficulté à trouver des services, sans être placés sur de longues listes d'attente. Ils sont découragés, malades... ce n'est pas simple d'aller chercher un coup de main quand on ne va pas bien.

Dre Suzanne Filion, psychologue clinicienne

Selon Dre Filion, la province devrait mettre en place des listes d'attente communes et investir dans la télépsychologie afin de rejoindre les francophones.

Environ 10 % des 3800 psychologues en Ontario peuvent offrir des consultations en français, selon Dr Sylvain Roy.

Manque de psychologues

Chose certaine, il manque de psychologues dans le système public, peu importe la langue, affirme le président de l'OPA.

Dans les années 90, la majorité des psychologues oeuvraient dans le système public. Aujourd'hui, c'est dans le système privé, dit-il.

Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée n'a pas répondu à nos questions, mais a admis ne pas compiler de données sur le temps d'attente pour consulter un psychologue dans la province.

Or, les chiffres recueillis par l'OPA ne racontent qu'une partie de l'histoire, reconnait son président.

On sait ce qu'il se passe à partir du moment où une personne est sur une liste d'attente, mais ça ne nous dit pas tout ce qui se passe avant. Combien de temps ça prend à un médecin pour aiguiller une personne vers un psychologue ou à une famille de prendre la décision de solliciter ces services, demande Dr Sylvain Roy.

Les chiffres fournis par l'OPA proviennent d'un sondage réalisé en août 2017 auprès d'environ 1000 psychologues à travers la province. L'association a l'intention de mener une autre série de consultation cet automne.

Toronto

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