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Au Canada, les personnes sourdes sont plus en danger lors d'alerte nationale

Des mains qui miment une parole.

Une femme qui utilise la langue des signes.

Photo : iStock / Jovanmandic

CBC

Lors de tornades, tempêtes de verglas, d'incendies de forêt ou d'attaques terroristes au Canada, les personnes sourdes ou malentendantes sont plus en danger que les autres parce que la plupart des systèmes d'alerte publics ne leur sont pas accessibles, affirment des experts.

La Société canadienne de l'ouïe (SCO) estime qu'au Canada, il y a 3,15 millions de personnes qui sont malentendantes et 340 000 qui sont sourdes, dont environ 11 000 qui sont à la fois sourdes et aveugles. En matière de politique et de pratique, le Canada est en retard sur les autres pays pour assurer leur sécurité en cas d'urgence.

Au Canada, les personnes sourdes, malentendantes et sourdes et aveugles n'ont pas accès à l'information d'une manière conçue pour survivre à une crise, indique un rapport publié en mars par DLR Consulting pour la SCO.

Alors que les États-Unis se préparaient à affronter l’ouragan Florence au début du mois, l’Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA) a déployé ses interprètes en langue des signes pour les avertir et leur dire de sortir du danger.

Elle a notamment diffusé des vidéos sur sa chaîne YouTube.

Aucune de ces stratégies n'est utilisée au Canada.

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada ont de bonnes intentions, indique le rapport. Mais aucune disposition en matière de planification, de formation et de soutien à la communication n’a été mise en place pour aider les sourds, les malentendants et les sourds et aveugles en cas de catastrophe naturelle ou d'attaque ou de fusillade.

Lorsque les personnes sourdes n'ont pas accès à l'information, cela les met en danger, a déclaré Debra Russell, présidente de l'Association mondiale des interprètes en langue des signes (WASLI) et auteur principal du rapport.

Par exemple, si on conseille aux citoyens d'évacuer, mais que les personnes sourdes ne la comprennent pas, elles pourraient toujours être chez elles alors qu'elles devraient être évacués, a-t-elle expliqué.Je pense que cela peut être une expérience très effrayante.

Ancien député provincial de l'Ontario et premier parlementaire sourd du Canada, Gary Malkowski se souvient de l'attaque du 22 octobre 2014 sur la colline du Parlement.

Il y avait des membres de la communauté sourde qui étaient là quand toute la colline du Parlement a été fermée à clé, donc c'était une question de sécurité et ils ne savaient pas ce qui se passait, a déclaré M. Malkowski.

Pas assez d'interprètes

Atteindre efficacement la communauté des personnes sourdes nécessiterait l'envoi de messages dans plusieurs formats, pour plusieurs plateformes, car les langues des signes ne sont pas simplement des versions traduites de l'anglais ou du français ; ce sont des langues distinctes - et pour certains, c'est la première langue qu'il utilise.

Au Canada, les principales langues des signes sont la langue des signes américaine (ASL), langue des signes québécoise (LSQ), langue des signes indigènes (ISL) et langue des signes inuit, reconnue par le gouvernement du Nunavut.

Gary Malkowski qui travaille maintenant pour la Société canadienne de l'ouïe aimerait que le Canada suive l’exemple d’Israël, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, où les émissions d’information essentielles comprennent des interprètes en langue des signes à l’écran.

La SCO a mis sur pied un projet pilote qui montre comment cela peut être fait au Canada. Ainsi, il pourrait y avoir des interprètes d'urgence sur des listes d'appel que l'on peut contacter pour qu'ils soient filmés et enregistrés lors de conférences de presse tenues par les autorités.

Rhondda Reynolds forme certains de ces interprètes. Directrice du programme de baccalauréat en interprétation du George Brown College de Toronto, elle affirme qu'il n'est pas facile d'entrer alors que ce genre d'émission est en cours.

C'est fait à la volée et ça doit être bon, ça doit être précis, a-t-elle expliqué.

Le plus grand défi, dit-elle, est qu'il n'y a tout simplement pas assez d'interprètes, formés ou en formation, pour répondre à cette demande.

Une stratégie nationale

La coordination entre les juridictions est un autre défi de taille.

Selon le rapport de la SCO, il faudrait une stratégie nationale pour répondre aux besoins de la communauté des personnes sourdes si le Canada respecte son engagement envers la Convention des Nations unies relativement aux droits des personnes handicapées, qui reconnaît l'accès aux communications et la sécurité personnelle comme des droits de la personne.

Ottawa-Gatineau

Société