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L’enseignement au coeur d'une réunion avec le Comité des langues officielles

11 hommes et une femme, certains sont assis et d'autres sont debout
Le Comité permanent des langues officielles et des représentants d'organismes francophones de la Colombie-Britannique Photo: Radio-Canada / Noémie Moukanda

Une dizaine d'organismes francophones de la Colombie-Britannique ont souligné leur inquiétude mercredi devant la pénurie d'enseignants et du manque de financement lors du passage du Comité permanent des langues officielles à Vancouver.

Un texte de Noémie Moukanda

Le Conseil scolaire francophone (CSF), Canadian Parents for French ou le Collège Éducacentre ont répété devant le Comité les défis auxquels ils font face au quotidien : manque d’enseignants, besoin de plus d’écoles, soutien financier insuffisant.

Nous sommes [Éducacentre] le seul collège francophone en Colombie-Britannique. Le collège Éducacentre ne reçoit pas de financement de base. Les fonds fédéraux accordés n’ont pas été augmentés depuis plus de 15 ans

Yvon Laberge, directeur du Collège Éducacentre

Yvon Laberge, qui dirige le Collège Éducacentre, espère que le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes appuiera « leurs revendications lors des ententes, en renforçant les clauses linguistiques, et en s’assurant de moyens plus robustes pour que ces clauses soient respectées ».

Sept membres du Comité sont en ville dans le cadre de leur tournée de l’ouest pour le plan d’action 2018-2023.

Des écoles pleines à craquer

Marie-France Lapierre, présidente du conseil d’administration du CSF, parle de « l’aliénation des immobiliers fédéraux » et aimerait « avoir l’opportunité d’indiquer quand ils ont un intérêt pour les terrains ».

Si les terrains sont vendus pour les développements alors que nous avons besoin de place pour construire des écoles, c’est un problème aussi parce que l’on continue de grandir.

Marie-France Lapierre, présidente du conseil d'administration du CSF

Denis Paradis, président du Comité des langues officielles, est frappé par cette réalité de « besoins en infrastructures et en mains-d’oeuvre ».

Les écoles sont pleines, les garderies sont pleines. On a sûrement besoin d’agrandir quelque part.

Denis Paradis, président du Comité permanent aux langues officielles

Étonné par la forte demande d'éducation en français, Denis Paradis croit que cela reflète aussi « le dynamisme des regroupements francophones ».

Des hommes et femmes assis les à côté des autres à une tables avec des micros et leurs noms devant euxDes représentants d'organismes francophones lors de la rencontre avec le Comité permanent des langues officielles à Vancouver Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Le recensement des ayants droit

Les différents organismes interpellent le comité de députés sur le recensement des ayants droit que fait Statistique Canada. Selon eux, les données recueillies ne reflètent pas la communauté francophone en Colombie-Britannique. Par conséquent, cette façon de procéder prive les francophones en milieu minoritaire de fonds importants.

« Si l'on parle par exemple, au niveau provincial, d’une bourse qui va être allouée en proportion aux familles francophones, mais que la majorité de nos familles sont exogames, puis qu’il n’y a pas vraiment de recensement mis en place pour tenir compte de toutes nos familles francophones, ça pose un problème », estime Mme Lapierre.

Quant à Glyn Lewis, directeur général de Canadian Parents for French, l’enseignement en français devrait être accessible à tous et garanti même si c’est dans la filière d’immersion.

J’ai fréquenté une école d’immersion française à Burnaby. Aujourd’hui, si je veux que mes enfants passent par le même programme, ce droit ne leur sera pas garanti.

Glyn Lewis, directeur général, Canadian Parents for French

M. Lewis regrette qu’il doive s’inscrire sur une liste d’attente ou dans le système de loterie. « Ce système est injuste dans un pays bilingue », trouve-t-il. Il espère que la modernisation de la Loi sur les langues officielles se penchera sur la question.

Une minorité qui a besoin d'aide

Les organismes relèvent que leurs difficultés sont similaires à celles vécues dans les communautés francophones de l’Ouest canadien. Cela s’explique, selon Marie-France Lapierre, du fait que ces communautés sont isolées. Elle ajoute que le défi propre à la Colombie-Britannique est sa diversification.

En politique, il faut répéter, répéter, répéter. À un moment donné, l’idée est de pousser en disant, on a fait le terrain, on a vu ce qui se passe, voici ce que ça prend.

Denis Paradis, président du Comité permanent aux langues officielles

Le président du Comité rappelle qu’il n’est là que pour faire des recommandations à la Chambre des communes, mais souligne que « cela met de la pression sur le gouvernement, sur les ministres ».

Ces recommandations seront déposées dans les prochaines semaines.

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