•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'accès à l'avortement encore trop difficile en Nouvelle-Écosse

la pilule Mifegymiso
Mifegymiso est une pilule qui met fin de façon médicale à une grossesse, dans les premières semaines. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La Nouvelle-Écosse doit faire mieux en matière d'accès aux services d'interruption de grossesse, estiment plusieurs intervenants. La pénurie de médecins qui afflige la province et le tabou qui frappe encore l'avortement sont des freins au plein accès à ce service, disent-ils.

Nous avons besoin de plus de médecins, particulièrement des gynécologues et des spécialistes qui peuvent répondre aux questions de santé spécifiques aux femmes, dit Lenore Zann, députée du Nouveau Parti démocratique de la Nouvelle-Écosse.

Le 1er septembre dernier, on comptait 56 630 Néo-Écossais sans médecin de famille inscrits sur la liste d’attente provinciale, une liste qui n’inclut pas les personnes sans médecin de famille qui ne font pas de démarches pour en trouver un.

Lenore Zann en 2016.La députée du NPD, Lenore Zann, représente la circonscription provinciale de Truro-Bible Hill-Millbrook-Salmon River. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La pénurie se traduit, entre autres, par moins de médecins disponibles pour pratiquer des échographies ou prescrire le Mifegymiso, parfois appelé pilule abortive, qui est en fait une combinaison de médicaments permettant d’interrompre une grossesse sans procédure chirurgicale.

Cet accès difficile à ces services exacerbe aussi les conséquences émotionnelles d’un avortement.

La semaine dernière, la correspondante en Atlantique du quotidien The Globe and Mail, Jessica Leeder, signait un article (Nouvelle fenêtre) racontant ses démarches pour mettre fin à sa grossesse en Nouvelle-Écosse. La journaliste de 36 ans raconte avoir finalement été contrainte de se rendre à Toronto pour que l’avortement soit pratiqué.

Selon Lenore Zann, l’histoire de Mme Leeder est une nouvelle preuve de la nécessité d’améliorer l’accès à l’avortement en Nouvelle-Écosse. La situation actuelle est inadmissible à notre époque, dit-elle.

Porte-parole au ministère provincial de la Santé, Tracy Barron indique dans un courriel que 80 % des avortements chirurgicaux dans la province sont pratiqués au Centre des sciences de la santé Queen Elizabeth II d’Halifax, et qu’il y a trois hôpitaux dans la province qui offrent ce service. Il n’y a aucune autre clinique d’avortement en Nouvelle-Écosse afin de pouvoir assurer le niveau d’expertise des médecins et du personnel, selon la province.

Frédérique Chabot.Frédérique Chabot, directrice, promotion de la santé, chez Action Canada pour la santé et les droits sexuels. Photo : Radio-Canada

Pour Frédérique Chabot, directrice, promotion de la santé, chez Action Canada pour la santé et les droits sexuels, un accès inadéquat aux services d’avortement signifie que de nombreuses femmes, en particulier celles vivant en milieu rural, sont contraintes de se déplacer.

Ces déplacements, parfois à plusieurs heures de route, sont souvent à leurs frais. À cela s’ajoutent des dépenses pour la garde des enfants, s’il y a lieu, et la perte de salaire que ces soins médicaux occasionnent.

Un soin de santé, pas un secret honteux

Shannon Hardy, fondatrice et coordinatrice des Services de soutien à l’avortement en Atlantique (Abortion Support Services Atlantic), croit que les médecins sont de moins en moins réticents à offrir le Mifegymiso.

Depuis un an, les Néo-Écossaises détentrices d'une carte santé de la province peuvent obtenir gratuitement le Mifegymiso.

Le problème majeur, selon elle, est le manque de compréhension des médecins à l’égard de l’avortement.

Elle croit que les patientes doivent pouvoir se sentir à l'aise de discuter d’avortement. Ce choix ne doit plus être un tabou, dit-elle.

L’avortement est un soin de santé et pas un secret honteux, il faut que cela se sache.

Shannon Hardy

Et si les patientes, dans ces cas précis, ne peuvent avoir un plein accès à ce soin de santé, alors nous n’avons pas vraiment un système de santé universel, ajoute-t-elle.

Avec les informations de La Presse canadienne

Avortement

Santé