•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La recherche en français dans l'Ouest : outil de construction identitaire

La coupole de l'Université de Saint-Boniface, à Winnipeg

L'Université de Saint-Boniface, à Winnipeg.

Photo : Christian Riou

Radio-Canada

Le Centre d'études franco‑canadiennes de l'ouest (CEFCO) fête ses 40 ans. Depuis la création du Centre, à l'Université de Saint-Boniface (USB), la recherche scientifique en français dans l'Ouest canadien a évolué et demeure en pleine effervescence.

Un texte de Denis-Michel Thibeault

La communauté scientifique francophone dans l’Ouest se porte bien, selon le président du bureau de direction du CEFCO, François Lentz.

« J'ai le sentiment qu'elle n'a jamais été aussi active et protéiforme », affirme-t-il.

Le colloque 2018 du CEFCO, qui débute jeudi, réunit 74 intervenants qui livreront 55 communications. Parmi eux, 12 jeunes chercheurs étudiant en maîtrise ou en doctorat. Le CEFCO et la recherche, selon François Lentz, se portent bien.

Titulaire d’une chaire de recherche du Canada sur les migrations, les transferts et les communautés francophones, Yves Frenette est du même avis. Cependant, le professeur de l'USB souligne la fragilité du domaine.

Il cite en exemple son domaine d’études. Seulement quatre historiens, dit-il, travaillent à l’USB. Selon lui, la présence ou l'absence d'une seule personne peut tout changer.

« Le drame, c'est qu’il n’y a pas énormément de chercheurs, soutient-il. Il suffit que quelqu’un réoriente sa carrière, tombe malade ou décède, et la recherche est de beaucoup ralentie. »

Un meilleur financement permettrait l’embauche d'autres chercheurs francophones dans les universités de l’Ouest, ce qui contribuerait à solidifier la recherche scientifique, dit-il.

Des sujets de recherche contemporains

La société canadienne a évolué en 40 ans, et les communautés francophones dans l’Ouest canadien aussi.

Selon Yves Frenette, grâce à la recherche scientifique, « on en connaît plus aujourd’hui sur les francophonies ».

« Si on ne se connaît pas, c’est difficile d’évoluer et de faire des progrès », ajoute le professeur.

Le double mandat du CEFCO

  • Promouvoir la production de la recherche scientifique et de la création littéraire relatives à l'Ouest canadien, et ce, en français
  • Faciliter la diffusion en français des connaissances sur l’Ouest canadien

Source : Université de Saint-Boniface

François Lentz ajoute que le Centre a pour but de susciter, de provoquer et de faciliter la recherche sur les communautés francophones de l’Ouest canadien. Dans ce contexte, « il s’agit de réfléchir sur les nouvelles pratiques identitaires et de les documenter ».

Alors que les communautés ont reçu davantage de nouveaux arrivants au cours des dernières années, provenant notamment d’Afrique francophone, la question identitaire se complexifie, selon lui.

« Il convient donc de réfléchir de manière scientifique […] sur ce que ça veut vraiment dire, cette nouvelle identité francophone », ajoute-t-il.

Le CEFCO, acteur communautaire

Au-delà de son apport scientifique, François Lentz parle du rôle communautaire du Centre, qu'il voit aussi « comme un organisme qui contribue à une réflexion beaucoup plus large sur une francophonie du moment ».

Peter Dorrington, le vice-recteur à l'enseignement et à la recherche à l’USB, affirme : « Les résultats [des recherches], très souvent, sont très utiles pour la communauté. »

Il parle des recherches scientifiques francophones de l’ouest comme étant un processus de découverte et d’analyse.

« Très souvent [le travail des chercheurs] vise la francophonie dans ses différentes formes, explique Peter Dorrington. Je pense que ce questionnement, cette remise en question, cette analyse et ce recul sont des atouts pour nos universités, mais aussi nos communautés francophones, qui sont notre raison d’être. »

« Un centre de recherche […] fait partie du réseau institutionnel d’une communauté. […] C’est important politiquement et symboliquement que ça existe, parce que ça donne une légitimité à la recherche sur les francophones », conclut le professeur titulaire Yves Frenette.

Manitoba

Francophonie