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  • Archives
  • Des repas qui laissent de moins en moins froid : les plats surgelés

    Des boîtes de repas préparés congelés sont remisés dans des congélateurs.
    Il y a 65 ans, le repas préparé congelé apparaissait dans les marchés d'alimentation. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Les repas communément appelés TV dinner ou plateau télé, ainsi que leurs descendants, les plats cuisinés surgelés, sont entrés dans les habitudes de consommation depuis 65 ans. Nos archives témoignent à la fois de l'engouement pour ces produits, de leur évolution et des défis auxquels ils sont confrontés.

    Une révolution dans l'alimentation

    Caméra 66, 13 juin 1966

    Le 13 juin 1966, comme le montrent ces images captées cette année-là, une révolution dans le monde de l’alimentation battait son plein.

    Peut-être vous en souvenez-vous?

    Au supermarché, bon nombre de nos mères ou de nos pères plongeaient leurs mains dans des congélateurs tout blancs et profonds.

    Ils récupéraient, sur des étagères frigorifiées, des petites boîtes. Des plats préparés congelés, Swanson notamment, qui nous permettraient de manger, ô grand progrès, devant la télévision!

    Les plateaux télé n’étaient peut-être pas aussi délicieux que les repas mitonnés par maman. Mais ils étaient drôlement pratiques.

    Le destin fabuleux d'un surplus de dinde

    Il paraît qu’à l’automne 1953, Carl Swanson, propriétaire d’une compagnie de production alimentaire, et ses deux fils étaient bien embêtés.

    On était au lendemain de l’Action de grâces. Les trois hommes avaient sur les bras un énorme surplus de viande congelée de dinde invendu. Qu’en faire?

    Ils trouvèrent l’inspiration dans le modèle des services de restauration des compagnies aériennes.

    Les Swanson remplirent de viande de dinde, de haricots, de pain de maïs et de patate douce, des plateaux en aluminium divisés en compartiments.

    Les repas, qu'on avait congelés, se réchauffaient au four. Sur le premier emballage figurait un téléviseur.

    Et voilà! C’est ainsi que la compagnie CA Swanson et fils aurait inventé le TV dinner ou plateau télé. Le concept a été rapidement adopté par des consommateurs de plus en plus pressés.

    Du 31 mars 2017 au 31 mars 2018, selon la compagnie d’enquête de marketing Nielsen, les Canadiens ont sorti de leurs goussets 1,69 milliard de dollars pour acheter des repas congelés.

    Pratiques et nutritifs?

    Il y a eu une grosse amélioration. Mais ce ne sera jamais comme ce qu’on fait à la maison.

    Nathalie Jobin, diététiste

    Il est indéniable qu’ils sont pratiques. Cependant, deux grandes questions s’imposent sur la valeur du plateau télé ou des plats cuisinés surgelés. Sont-ils nutritifs? Peuvent-ils être nuisibles à la santé?

    Aujourd'hui, 17 septembre 2003

    La journaliste Anne-Louise Despatie s’est penchée sur ces questions. Elle présente les résultats de sa recherche dans un reportage diffusé le 17 septembre 2003 à l’émission Aujourd’hui que coaniment Maxence Bilodeau et Simon Durivage.

    La journaliste conclut : les plats surgelés utilisent des ingrédients frais. Les saveurs sont intéressantes. Il y a une grande variété de propositions.

    Par contre, il faudrait les consommer de manière modérée. En 2003, l’industrie du surgelé utilisait encore trop d’ingrédients nocifs pour la santé. On parle ici notamment des huiles partiellement ou totalement hydrogénées.

    Des joueurs locaux qui bousculent la grande entreprise

    On attire une clientèle de « foodies » qui ne passe pas habituellement par le rayon des surgelés dans les grandes surfaces.

    Vincent Mahé, propriétaire de la boutique gourmet Cool & Simple
    L'épicerie, 17 février 2016

    Au fil du temps, l’industrie de l’alimentation surgelée répond à ces critiques.

    Mais, comme le souligne la journaliste Johanne Despins, les innovations proviennent souvent d’entreprises locales.

    De petits joueurs apparaissent qui proposent des produits de qualité et équilibrés. Leur offre renouvelée oblige les multinationales, comme Nestlé, à se réinventer.

    Dans le reportage qu’elle présente à l’émission L’épicerie du 17 février 2016 et qu’elle coanime avec Denis Gagné, la journaliste visite certains entrepreneurs montréalais.

    Elle rencontre notamment Vincent Mahé de la boutique gourmet Cool & Simple et Jean-Paul Hartmann du Centre de transformation agroalimentaire Tradition et qualité. Ces derniers nous présentent leurs produits.

    Le reportage se termine par ces conseils avisés :

    Si vous êtes dépassés par l’immense offre que vous propose l’industrie de l’alimentation surgelée, concentrez-vous sur ce barème. Un plat surgelé devrait comporter au minimum quatre grammes de fibres alimentaires et quinze grammes de protéines.

    Surveillez aussi le sucre et le sodium, souvent trop utilisés par cette industrie.

    Finalement, recherchez les plats qui possèdent la plus courte liste d’ingrédients.

    Le plat surgelé — celui qui devrait vous laisser le moins froid — c’est celui qui propose le moins possible d’ingrédients transformés.

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