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La Vérif : les régions perdantes dans des élections proportionnelles mixtes?

L'Est-du-Québec était aux urnes lors du vote par anticipation dimanche.
L'Est-du-Québec était aux urnes lors du vote par anticipation dimanche. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Philippe Couillard estime que la réforme du mode de scrutin proposée par les trois autres partis pourrait nuire à la représentation des régions. Le PQ, la CAQ et Québec solidaire croient au contraire qu'un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire ferait en sorte que la voix des Québécois serait mieux entendue. Qu'en est-il? 

Un texte de Vincent Maisonneuve et Nathalie Lemieux

L'option des élections proportionnelles mixtes compensatoires fait consensus auprès de ceux et celles qui militent en faveur d'une réforme du mode de scrutin au Québec.

Selon ce modèle, il y aurait toujours à l'Assemblée nationale une portion de députés élus dans des circonscriptions. Il y aurait en plus un groupe de députés provenant d'une liste électorale. Pour ces derniers, la répartition de sièges serait faite en fonction de la proportion du vote obtenue par chaque parti dans les différentes régions du Québec.

Pour les besoins de l'exercice, nous avons utilisé le modèle qui est généralement proposé : conserver le même nombre de sièges à l’Assemblée nationale et le même nombre de députés dans chaque région.

Voyons maintenant ce que donne en régions, en Estrie par exemple.

L’Estrie compte cinq circonscriptions. En 2014, les cinq sièges ont été remportés par les libéraux, même si le PLQ a obtenu 40,1 % du vote dans la région.

Prenons maintenant l’hypothèse d’élections proportionnelles mixtes compensatoires. L’Estrie pourrait toujours avoir cinq députés. Par contre, il n’y aurait que trois circonscriptions qui chacune couvrirait un plus vaste territoire. Les deux autres sièges de députés de la région seraient attribués à des candidats provenant d’une liste électorale élaborée par les partis pour cette région.

En transposant le résultat de 2014, avec 40,1 % des votes, le PLQ aurait obtenu sièges et le PQ et la CAQ chaque un autre siège.

L’Estrie aurait toujours le même nombre de représentants à l’Assemblée nationale, mais au lieu de cinq députés libéraux, la répartition des sièges est établie différemment en fonction des votes des électeurs de la région.

Un autre cas : la Gaspésie

En 2014, le Parti québécois a remporté les circonscriptions gaspésiennes. Avec 53,5 % des voix exprimées dans la région, le PQ a obtenu les trois sièges.

Dans une élection sous un scrutin proportionnel mixte compensatoire, la Gaspésie aurait été redécoupée en deux circonscriptions avec en plus un député désigné en fonction du vote des électeurs de la région. Le PQ (53,5 %) aurait fait élire deux députés et le PLQ (32,2 %) aurait raflé un siège dans la région.

Encore là, la répartition des sièges change avec des élections proportionnelles mixtes, mais le nombre de députés resterait le même pour la Gaspésie.

Épreuves des faits

Politique