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La tension entre Washington et l'Iran s'invite au Conseil de sécurité de l'ONU

Donald Trump a promis un plan de paix avant la fin de l'année pour mettre fin au conflit Israélo-palestinien, nous dit Christian Latreille.
Agence France-Presse

L'échange musclé sur l'Iran se poursuit mercredi à l'ONU, où le président des États-Unis Donald Trump, en quête d'alliés contre Téhéran, a convoqué une réunion du Conseil de sécurité, au risque d'exposer au grand jour son propre isolement.

Marteau à la main, l'iconoclaste milliardaire, qui ne rate pas une occasion de dire tout le mal qu'il pense de l'organisation multilatérale, préside ce matin l'organe suprême des Nations unies pour parler de non-prolifération, en cette Journée internationale pour l'élimination totale des armes nucléaires.

Mais le locataire de la Maison-Blanche, dont la capacité à respecter le protocole millimétré de cette enceinte sera scrutée à la loupe, ne s'en cache pas : il veut faire de ce rendez-vous un moment fort de sa campagne de « pression maximale » contre l'Iran.

Le président iranien Hassan Rohani n'y participera pas, son pays n'étant pas l'un des quinze membres actuels du Conseil. Mais il a opportunément prévu peu après une conférence de presse à New York où se tient l'Assemblée générale annuelle des Nations unies.

Bras de fer entre Washington et Téhéran

Le président iranien, Hassan Rohani, s'est adressé aux représentants des pays membres de l'ONU, réunis à New York.Le président iranien, Hassan Rohani, s'est adressé aux représentants des pays membres de l'ONU, réunis à New York. Photo : Reuters / Shannon Stapleton

Mardi, comptant parmi les premiers à fouler la tribune de l'ONU, les deux hommes s'étaient violemment affrontés.

Donald Trump avait appelé « toutes les nations » à « isoler » la « dictature corrompue » de Téhéran.

Objectif : rallier la communauté internationale pour contraindre la République islamique à venir négocier avec lui un vaste traité qui non seulement l'empêcherait de fabriquer l'arme nucléaire, mais qui interdirait aussi à Téhéran toute prolifération de missiles balistiques et mettrait fin à son comportement « déstabilisateur » au Moyen-Orient.

En retour, Hassan Rohani l'a accusé de chercher à le « renverser », par l'intermédiaire des sanctions draconiennes qu'il a comparées à un acte de « terrorisme économique », au moment même où Trump prétend l'inviter au dialogue.

Pour le président iranien, les seules négociations possibles doivent avoir lieu à l'ONU. ainsi qu'en fonction de l'accord multilatéral conclu en 2015 sur le nucléaire iranien, dont son homologue américain s'est retiré avec fracas en mai en critiquant son laxisme et en rétablissant dans la foulée toutes ses sanctions contre Téhéran.

Les États-Unis isolés

Des gens sont réunis dans l'enceinte du Conseil de sécurité de l'ONU.Le Conseil de sécurité de l'ONU Photo : Reuters / Eduardo Munoz

Mais devant le Conseil de sécurité, Donald Trump risque de se retrouver isolé, y compris, par un spectaculaire renversement des alliances traditionnelles, face au président français Emmanuel Macron et à la première ministre britannique Theresa May.

Paris et Londres, ainsi que Berlin et toute l'Union européenne, n'ont en effet jamais accepté le retrait américain de l'accord de 2015. De plus, ils tentent tout pour le garder en vie, avec Téhéran, ainsi qu'avec les deux autres signataires, Moscou et Pékin, adversaires habituels de Washington et également membres permanents du Conseil de sécurité.

Tous ont fini par annoncer à l'ONU en début de semaine un mécanisme complexe de troc visant à préserver les nombreuses entreprises européennes et étrangères sommées de quitter l'Iran sous peine de mesures punitives américaines.

Tout en avouant sa « profonde déception », le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'est évertué à minimiser l'initiative européenne. Les montants en jeu sont « insignifiants ».

« Toutes les grandes entreprises ont fait le choix de quitter l'Iran », a en outre balayé son émissaire Brian Hook.

L'orage gronde entre les États-Unis et leurs alliés

Le face-à-face entre Donald Trump et les autres dirigeants s'annonce tendu. Mardi, Emmanuel Macron a dit « non » à « la loi du plus fort » pour régler la crise iranienne.

Les Européens partagent avec Washington les inquiétudes sur les missiles iraniens et le rôle de Téhéran dans les conflits régionaux, mais les divergences sur la méthode masquent jusqu'ici toute possibilité d'entente.

Le président Trump ne peut guère espérer trouver un consensus complet sur les autres dossiers à l'ordre du jour.

À propos de la Corée du Nord, un an après avoir réussi à mobiliser la communauté internationale pour imposer des sanctions sans précédent contre les programmes nucléaire et balistique de Pyongyang, les États-Unis font face au revers de la médaille de leur rapprochement diplomatique avec Kim Jong-un en vue d'une éventuelle dénucléarisation.

La Russie et la Chine veulent alléger la pression, et des accusations de « tricherie » et de « mensonges » ont récemment fusé entre Russes et Américains au Conseil de sécurité sur l'application des sanctions.

Quant à la Syrie, Donald Trump a promis mardi une « réponse » américaine en cas de nouvelle attaque chimique. Si le front occidental reste soudé, le président américain fera face à la détermination de la Russie, alliée de Damas et principal obstacle à l'adoption de nombreuses résolutions de l'ONU sur ce conflit vieux de sept ans.

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