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Le président iranien critique le « terrorisme économique » des États-Unis

Le président iranien, Hassan Rohani, s'est adressé aux représentants des pays membres de l'ONU, réunis à New York.
Le président iranien, Hassan Rohani, s'est adressé aux représentants des pays membres de l'ONU, réunis à New York. Photo: Reuters / Shannon Stapleton
Radio-Canada

Prenant la parole devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président iranien, Hassan Rohani, a critiqué mardi l'hostilité des États-Unis, peu après un discours virulent contre son pays prononcé sur la même tribune par le président américain.

Le président iranien a qualifié d’« absurde » la position de Donald Trump, qui quelques heures plus tôt a annoncé un renforcement des sanctions envers Téhéran et appelé la communauté internationale à « isoler » le régime iranien « corrompu ».

Hassan Rohani a critiqué l'approche de l’administration Trump, qui a rétabli toutes les sanctions contre Téhéran dans l'espoir de faire plier le régime iranien pour qu'il négocie un futur traité à ses conditions.

Ces sanctions unilatérales illicites représentent en elles-mêmes une forme de terrorisme économique.

Hassan Rohani, président iranien

Aucun pays ne peut être contraint par la force à s'asseoir à la table des négociations, a affirmé le président Rohani, plaidant en faveur du dialogue.

Le dirigeant iranien a toutefois rejeté toute idée de négociation bilatérale avec Washington.

« Comment pouvons-nous entamer des pourparlers avec une administration qui se conduit aussi mal? », a-t-il lancé. Les seules négociations possibles doivent avoir lieu à l'ONU et sur la base de l'entente de 2015 « déchirée » par Washington, a-t-il plaidé.

En mai 2018, au grand dam de ses alliés européens, le président Trump a retiré son pays de cet accord international censé empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, qu’il jugeait trop laxiste.

Hassan Rohani a aussi accusé les États-Unis de vouloir « renverser » le régime iranien, malgré leur proposition de dialoguer.

Macron prend le contre-pied de Trump

Le président français, Emmanuel Macron, la main en l'airLe président français, Emmanuel Macron, prend la parole à l'Assemblée générale des Nations unies. Photo : Reuters / Carlo Allegri

Le président français Emmanuel Macron, dont le discours était intercalé entre les discours de ses homologues américain et iranien, a marqué son net désaccord avec Donald Trump.

« Nous savons que l'Iran était sur la voie du nucléaire militaire, mais qu'est-ce qui l'a stoppé? L'accord de Vienne de 2015 », a-t-il soutenu à la tribune.

« La loi du plus fort, la pression d'un seul » ne régleront pas la situation en Iran, a-t-il martelé.

Lors d’une conférence de presse, Emmanuel Macron a également affirmé qu’il serait avantageux de laisser l'Iran poursuivre ses exportations de pétrole.

Il serait bon pour le prix du pétrole que l'Iran puisse le vendre! C'est bon pour la paix et c'est bon pour le cours mondial du prix du pétrole!

Emmanuel Macron, président de la France

Lors de son allocution à l'ONU, le président américain a accusé les pays exportateurs de pétrole et l'OPEP de maintenir les cours du brut à un niveau trop élevé.

Le président français a en outre lancé un vibrant plaidoyer en faveur du multilatéralisme, moins d'une heure après que Donald Trump eut fait l’éloge de la souveraineté des États.

Chaudement applaudi, Emmanuel Macron a dénoncé l'unilatéralisme, qui conduit selon lui directement « au repli et au conflit ».

L’Union européenne veut contourner les sanctions

Lundi soir, l’Union européenne a annoncé la création d'une entité permettant de poursuivre ses échanges avec l'Iran, tout en préservant les entreprises des sanctions américaines.

Selon des sources européennes citées par Le Monde, cette entité serait comme une bourse d’échanges ou un système de troc sophistiqué.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, s'est dit « profondément déçu » par ce mécanisme, y voyant une des « mesures les plus contre-productives que l'on puisse imaginer pour la paix et la sécurité régionales ».

En rétablissant les sanctions contre Téhéran, au printemps dernier, Washington a causé du tort à de nombreuses entreprises européennes, sommées de quitter l'Iran sous peine de subir des mesures punitives américaines.

Sous la menace, plusieurs grands groupes, comme Total ou Daimler, très engagés aux États-Unis, ont depuis cessé toute activité avec l'Iran.

Une nouvelle série de sanctions américaines frapperont le secteur pétrolier iranien, début novembre.

Donald Trump a par ailleurs convoqué une réunion inédite du Conseil de sécurité centrée sur l'Iran, qu'il présidera personnellement. La séance sera suivie de peu d'une conférence de presse du président Rohani.

Avec les informations de AFP, et Reuters

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