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Mishta Meshkenu : Florent Vollant veut que les routes se croisent vraiment

L'auteur-compositeur-interprète innu Florent Vollant.

L'auteur-compositeur-interprète innu Florent Vollant.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Radio-Canada

Florent Vollant signe avec Mishta Meshkenu (La grande route) un opus aux plus proches de ses racines. L'album attendu vendredi ne compte quasiment que des chansons en langue innue. Il traduit le tempérament voyageur de l'artiste né au Labrador et sa volonté de rapprocher les cultures du Nord et du Sud québécois.

En entrevue avec Catherine Richer, mardi, pour l’émission Le 15-18, Florent Vollant évoque une libération avec la sortie de cet album sur lequel il a travaillé ces deux dernières années. Mishta Meshkenu est ô combien personnel pour l’artiste de 59 ans, ne serait-ce que pour ses sonorités acoustiques qui lui rappellent la musique familiale, faite de guitares, de violons, d’harmonica et de chants traditionnels.

Les thèmes sont tout aussi évocateurs de l’histoire et du tempérament de ce descendant de guides et de trappeurs-chasseurs. « Je parle souvent de départ, de mouvement, de recherche de vision. Je me rends compte que j’ai un discours de nomade », dit celui qui évoque notamment dans l'opus la route 138.

Pour moi, c’est naturel. J’ai besoin de me déplacer, de bouger. Quand je reste immobile, je perds l’équilibre: j’ai des tendances qui ne sont pas le fun, des dépendances qui m’appellent.

Florent Vollant

Une chanson d'Offenbach dans le tipi

Seul un titre de ce nouvel album n’est pas en langue innue. Pendant longtemps, Florent Vollant a essayé d’adapter à son style Mes blues passent pu dans porte, cocréée et interprétée par Breen LeBoeuf et chanson qu’il estime faire partie du « top 5 de tous les temps au Québec ». Finalement, avec l’aide de son réalisateur, Réjean Bouchard, l’artiste a atteint son but : « Faire sortir la chanson du Forum [de Montréal] et l’amener dans mon tipi. »

Il a même pu présenter le résultat à Breen Leboeuf, voilà quelques jours lors d’un festival à Manawan. « What a fuc*ing nice version » (Quelle ost** de bonne version), s’est exclamé l’ancien membre d’Offenbach, selon ce qu'a rapporté Florent Vollant à Catherine. Il a également évoqué cette rencontre sur sa page Facebook.

Cette reprise d’un titre du groupe francophone par un Innu symbolise aussi une manière de relier le sud du Québec au Nord et de montrer qu’une rencontre basée sur des aspects positifs est possible. « Je suis toujours tanné d’être toujours traité comme une victime. [...] J’aimerais ça qu’on nous donne un autre rôle. »

Florent Vollant cite également en exemple la récente visite de l’Orchestre symphonique de Montréal dans différentes communautés autochtones, à laquelle il a participé.

« J’ai vu là un vrai échange. J’ai vu les communautés découvrir quelque chose et j’ai vu l’orchestre symphonique découvrir aussi quelque chose. Ce sont des gestes qu’on se doit de poser de plus en plus », indique-t-il. Mishta Meshkenu est aussi une manière d’apporter sa pierre à un édifice encore fragile.

L'album Mishta Meshkenu sera disponible en écoute intégrale vendredi sur ICI Musique.

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