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  • Le Québec stupéfait : il y a 50 ans mourait subitement Daniel Johnson

    Daniel Johnson habillé de manière décontractée est assis dans le jardin de sa résidence à Saint-Pie-de-Bagot.
    Le 26 septembre 1968 mourait subitement le premier ministre du Québec Daniel Johnson père. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le matin du 26 septembre 1968, le Québec apprend avec stupeur que Daniel Johnson père, premier ministre de la province, est décédé. Nos archives nous dévoilent plusieurs facettes de ce politicien qui a dirigé le Québec dans une période charnière de son histoire.

    Mesdames, messieurs, bonsoir. À neuf heures moins cinq minutes, très précisément ce matin, sur la chaîne française de Radio-Canada, un bulletin spécial annonçait le décès du premier ministre monsieur Daniel Johnson.

    Pierre Nadeau

    Une nouvelle qui fait l'effet d'une bombe

    Plusieurs le trouvaient fatigué. Certains affirmaient qu’il était malade.

    Mais peu se seraient doutés qu’en cette fin de mois de septembre, le premier ministre Daniel Johnson père décéderait subitement.

    Le destin le privait d'un moment de gloire. Le premier ministre se préparait en effet à inaugurer un des symboles triomphants de la modernité québécoise : le barrage et la centrale hydroélectriques de Manic-5.

    La confirmation de la nouvelle fait l’effet d’une bombe. Elle s’étend au Québec, au Canada et dans le monde.

    À la télévision de Radio-Canada le soir du 26 septembre 1968, on charge Pierre Nadeau d’animer une émission spéciale. Il lui faut à la fois exprimer le côté dramatique et solennel de l’événement.

    Il s’entretient longuement avec le journaliste Claude-Jean Devirieux qui couvrait le déplacement de Daniel Johnson à Manic-5. Le journaliste raconte comment ce qui était tout d’abord une rumeur s’est malheureusement confirmé dans le courant de la matinée.

    Claude-Jean Devirieux décrit aussi la soirée qui a précédé le décès de Daniel Johnson. Le premier ministre s’était rendu à la taverne pour discuter avec les ouvriers. On le voit — le reportage était silencieux — boire une bière et rire avec ceux-ci.

    Ce sont là les toutes dernières images de Daniel Johnson vivant. Elles résument bien aussi un des traits de caractère de l'homme qu'il était.

    Un politicien qui possède beaucoup d’humour…

    Daniel Johnson est député de la circonscription de Bagot de 1946 à 1968. Il est premier ministre du Québec du 16 juin 1966 jusqu’à son décès.

    Il avait la réputation d'être un bourreau de travail. Il était doté d'une mémoire phénoménale des noms et des visages.

    On comprend aussi, au visionnement de certaines images de l’époque, qu’il possédait beaucoup d’humour.

    Le 26 février 1965, les coanimateurs de l’émission Les Couche-Tard, Jacques Normand et Roger Baulu, reçoivent Daniel Johnson. Il est alors chef de l’opposition à l’Assemblée législative du Québec.

    Le contexte de l'émission est un peu particulier. C’est une mise en boîte durant laquelle Jacques Normand et Roger Baulu se paient la tête de Daniel Johnson.

    Il paraît que vous suivez un régime? Un régime? Non non! Moi je combats le régime [libéral]!

    Daniel Johnson rétorquant à Roger Baulu sur la rumeur qu'il s'astreint à une diète

    … mais qui peut aussi être très sérieux

    Quelques mois plus tard, Daniel Johnson dévoile le côté sérieux, et même moraliste, pourrait-on dire, de sa personnalité.

    Celui qui est encore, pour quelques semaines chef de l’opposition, accorde un long entretien aux journalistes Fernand Seguin et Gérald Pelletier. Cet entretien, Daniel Johnson dans l'intimité, est diffusé le 5 juillet 1966.

    Daniel Johnson partage avec les téléspectateurs les raisons qui l’ont amené à entrer en politique active.

    Il insiste. « Laissez la politique aux gens qui n’ont pas de principes et vous en serez les premières victimes. » « Si vous avez de bonnes idées, si vous êtes propre, c’est votre devoir d’aller en politique. »

    Il explique aussi sa conception du rôle joué par l’opposition dans un régime démocratique. L’opposition, selon lui, est nécessaire. Elle permet aux législateurs de comprendre les faiblesses de leur argumentaire dans l’élaboration des lois.

    Daniel Johnson déplore par ailleurs les effets de l’absence d’opposition. Montrant du doigt le monde municipal du Québec, il affirme que l'insuffisance de l’opposition dans les hôtels de ville apporte des surprises désagréables.

    Daniel Johnson dans cette entrevue fait un commentaire qui est presque prémonitoire.

    Il révèle que sa conjointe croit qu’il ne quittera jamais la politique active. Elle lui a prédit qu’il mourra en faisant de la politique. Les événements ont malheureusement donné raison à madame Johnson.

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