•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les luttes qui ont tout changé au Nouveau-Brunswick

Les deux chefs font une déclaration devant leurs partisans en réaction à l'élection au Nouveau-Brunswick
Le chef du Parti libéral Brian Gallant (à gauche) et le chef du Parti progressiste-conservateur Blaine Higgs (à droite) Photo: La Presse canadienne

Presque tous les scénarios étaient sur la table, à l'exception de ce qui s'est finalement produit lors de la soirée électorale au Nouveau-Brunswick. Découvrez quelles luttes ont été serrées et quel rôle a joué la montée des tiers partis.

Un texte de Gabriel Garon

Tout le monde avait prévu une courte soirée électorale, où les bulletins de vote seraient dépouillés rapidement et où le gouvernement élu serait dévoilé en moins d'une heure. Pourtant, il a fallu plus de quatre heures pour savoir que les progressistes-conservateurs ont obtenu un siège de plus à l'Assemblée législative que les libéraux.

Et surtout, près de 24 heures plus tard, les Néo-Brunswickois sont toujours confus à savoir qui, entre le Parti progressiste-conservateur et le Parti libéral, les gouverne.

Si les résultats ont tant tardé, c'est notamment en raison de quelques luttes très serrées et de la montée des tiers partis.

Memramcook-Tantramar

Pour la première fois de son histoire, le Parti vert du Nouveau-Brunswick a obtenu un deuxième siège à l'Assemblée législative grâce à la victoire de Megan Mitton dans la circonscription de Memramcook-Tantramar, au sud de Moncton.

Megan Mitton et Sabine Dietz, assise côte à côte, révisent des notes et des documents à l'ordinateur.
Megan Mitton (à gauche) a récolté 38,3 % des votes Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

La candidate a défait le député libéral sortant, Bernard LeBlanc, avec seulement 11 voix d'avance. La loi stipule qu'un dépouillement judiciaire a lieu automatiquement lorsqu’un élu désigné n’a qu’une avance de 25 voix ou moins sur son plus proche adversaire.

Saint-Jean–Havre

C'est dans Saint-Jean-Havre que la lutte a été la plus serrée, entraînant aussi un dépouillement judiciaire automatique. La circonscription demeure libérale avec l'élection de Gerry Lowe. Gerry Lowe a dépassé son opposant conservateur Barry Ogden avec seulement 10 voix d'avance.

Une photo de Gerry Lowe.Gerry Lowe a remporté son siège avec 32,9 % des voix Photo : Julia Wright / CBC

Ce n'est pas la première fois que les électeurs de Saint-Jean–Havre sont divisés. Aux élections de 2014, Ed Doherty avait gagné son siège par 71 votes. La chef du Nouveau Parti démocratique, Jennifer McKenzie est arrivée troisième dans sa circonscription.

Rien n'était gagné d'avance

D'autres circonscriptions ont été témoins d'une chaude lutte entre les candidats. Les circonscriptions d’Oromocto-Lincoln-Fredericton, de Shippagan-Lamèque-Miscou et de Miramichi-Sud-Ouest-Baie-du-Vin, par exemple, ont été remportées par moins de 100 voix d'avance.

Dans Oromocto-Lincoln-Fredericton, le siège demeure dans le camp des progressistes-conservateurs, alors que la candidate Mary Wilson l'a emporté sur le candidat libéral John Fife avec un écart de 93 voix. Le député bleu sortant, Jody Carr, a annoncé son retrait de la vie politique en janvier dernier.

Dans la Péninsule acadienne, le candidat vedette Robert Gauvin a redonné aux progressistes-conservateurs la circonscription de Shippagan-Lamèque-Miscou.

Robert Gauvin enlace un membre de son équipe.Robert Gauvin célèbre sa victoire avec 46,2 % des votes Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Shippagan-Lamèque-Miscou a souvent été la circonscription qui a fait la différence. Ce soir, ça a été le cas.

Robert Gauvin, candidat élu du Parti progressiste-conservateur

Le comédien a défait le député libéral sortant et ministre de l'Agriculture et des Mines, Wilfred Roussel, avec 99 voix d'avance. Wilfred Roussel avait lui-même obtenu la victoire avec une courte avance de 44 votes en 2014.

La circonscription où tout s'est joué à la fin de la soirée électorale, celle qui a tenu tout le monde en haleine, c'est celle de Miramichi-Sud-Ouest-Baie-du-Vin. Alors que les deux principaux partis étaient au coude-à-coude, le candidat progressiste-conservatreur Jake Stewart est venu briser l'égalité en obtenant un nouveau mandat. Il a ainsi dépassé de 35 voix le candidat Art O'Donnell de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick.

Les tiers partis gagnent du terrain

Si les luttes ont été aussi serrées dans plusieurs des 49 circonscriptions, c'est en partie en raison de la montée des tiers partis. Le Parti vert a obtenu deux sièges supplémentaires, en plus de celui de son chef, David Coon, dans la circonscription de Fredericton-Sud. Le Parti vert a surpris bien des électeurs hier en faisant élire son candidat dans Kent-Nord, Kevin Arseneau.

Le peuple micmac, les Acadiens, les anglophones, ce soir, on s'est tous mis ensemble.

Kevin Arseneau, candidat élu du Parti vert

L'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick a aussi fait élire trois députés, dont le chef, Kris Austin, dans Fredericton-Grand-Lac.

C'est une première pour ces deux partis. Le Parti vert avait, à ce jour, réussi à faire élire un seul candidat, son chef. L'Alliance des gens n'avait quant à elle jamais eu de député à l'Assemblée législative.

Kris Austin s'adresse à ses militants. Kris Austin a obtenu 54,6 % des votes, plus du double de sa principale adversaire Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

Je crois que ce n’est pas simplement un grand jour pour l’Alliance des gens, mais pour tout le Nouveau-Brunswick.

Kris Austin, chef de l'Alliance des gens

Rappelons que le Parti progressiste-conservateur a obtenu 22 sièges alors que les libéraux ont fait élire 21 députés.

Consultez tous les résultats des élections ici.

Le Parti libéral de Brian Gallant a remporté le vote populaire avec 37,8 % des voix comparativement à 31,9 % pour les progressistes-conservateurs de Blaine Higgs.

Le chef du Parti libéral a d'ailleurs confirmé, après une rencontre avec la lieutenante-gouverneure, qu'il allait tenter de gouverner même si son parti a obtenu un siège de moins que les progressistes-conservateurs lors des élections de lundi.

Nous sommes encore le gouvernement et je suis encore le premier ministre jusqu’à tant que je perde la confiance de l’Assemblée législative.

Brian Gallant, chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick
Brian Gallant avec son épouse en point de presse mardi matin. Brian Gallant, chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, ne concède pas la victoire au progressistes-conservateurs. Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale