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La communauté acadienne refuse toute coalition politique avec l’Alliance des gens du N.-B.

Kris Austin lors de son allocution devant ses militants.
« Je crois simplement que ce n’est pas un grand jour pour l’Alliance, c’est un grand jour pour tout le Nouveau-Brunswick », a affirmé Kris Austin à la suite de son élection et de celle de deux de ses candidats. Photo: Radio-Canada / Pascal Poinlane

Plusieurs organismes et personnalités en Acadie lancent dans une lettre ouverte un refus catégorique à toute possibilité d'une coalition entre l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick et un autre parti pour gouverner la province.

L'Alliance des gens a fait élire trois candidats, lundi soir. Cette formation politique dirigée par Kris Austin prône, entre autres, la fusion des réseaux francophone et anglophone de la santé, l’abolition de la dualité dans le transport scolaire, l’abolition du Commissariat aux langues officielles, et elle veut limiter l’exigence du bilinguisme dans les emplois de la fonction publique aux régions où la demande le justifie.

Nous tenons à affirmer haut et fort que tout parti politique qui s’associerait ou formerait un gouvernement de coalition avec le People’s Alliance of NB poserait un geste inacceptable que la communauté francophone et acadienne du Nouveau-Brunswick n’acceptera aucunement.

Extrait de la lettre signée par un groupe d'organismes et de citoyens acadiens
Panneau avec lumières rouges sur un autobus scolaireL'Alliance des gens du N.-B. veut notamment abolir la dualité dans le transport scolaire. Photo : Radio-Canada

Dans un contexte de gouvernement minoritaire, le parti au pouvoir aura besoin d’appuis chez les autres partis pour faire adopter ses projets de loi. La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, signataire de la lettre, entend surveiller cela de près.

La SANB va regarder au cours de la prochaine semaine ce qui va arriver exactement et qui va former le gouvernement, et s’il devait y avoir des alliances, ce qui va résulter de ces alliances exactement et ce qui aura été promis à travers de ces alliances-là. Mais nous, on reste sur notre position. On pense qu’il n’y a aucun parti majeur qui devrait s’associer à l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, affirme Robert Melanson, président de la SANB.

Le chef du Parti libéral, Brian Gallant, et le chef du Parti vert, David Coon, ont écarté la possibilité de s’appuyer sur l’Alliance des gens, mais le chef progressiste-conservateur, Blaine Higgs, ne l’a pas exclue durant la campagne.

La possibilité que l'Alliance des gens obtienne un certain pouvoir inquiète aussi l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, autre signataire de la lettre. Dans un message Twitter, Frédérick Dion, directeur général de l'organisme, écrit : L’Acadien que je suis est extrêmement déçu et très inquiet que l’Alliance puisse obtenir la balance du pouvoir ce soir.

La candidate de l’Alliance élue dans Miramichi, Michelle Conroy, dit pour sa part qu’elle est prête à faire des concessions sur tous les sujets en cas de partenariat avec les libéraux ou les progressistes-conservateurs. Mais elle ajoute qu’il reviendra à Kris Austin de prendre officiellement une position. Elle reste vague sur les enjeux linguistiques en demandant pourquoi il en est toujours question.

Dans sa plateforme électorale, l’Alliance des gens dit qu’elle appuie les idéaux originaux du bilinguisme et du respect mutuel des deux communautés linguistiques. Le parti ajoute que ses politiques sont basées sur le bon sens, la logique et les réalités au Nouveau-Brunswick, et qu’elles vont assurer la vitalité et l’avenir des deux langues officielles. Mais les organismes acadiens n'y croient pas.

Ce n’est pas parce que ce parti drape son discours autrement que celui-ci n’est pas pour autant anti-francophone et anti-égalité. Il ne faut pas se laisser duper par l’approche fondée sur le « bon sens » que ce parti préconise. Ce parti n’a qu’un objectif, soit nous enlever nos droits et les remplacer par un accommodement au besoin, ce qui aurait pour effet de miner le développement de notre communauté, affirment les signataires de la lettre.

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