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Chrystia Freeland veut rencontrer son homologue saoudien à New York

Un gros plan de Chrystia Freeland.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, souhaite rencontrer son homologue saoudien en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, espère pouvoir rencontrer son homologue saoudien, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York plus tard cette semaine, afin de discuter du différend diplomatique entre les deux pays.

Mme Freeland a fait cette déclaration ce matin au cours d’une allocution lors d’un événement organisé par le Conseil des relations étrangères à New York.

L’objectif de la rencontre est de rétablir des ponts entre les deux pays après l’épisode explosif de l’été dernier au cours duquel le Canada a critiqué les arrestations en Arabie saoudite de militants des droits de la personne.

Bien que le gouvernement canadien tente de désamorcer les tensions avec Ryad, il n’a toutefois pas l’intention de s’excuser pour sa prise de position en faveur des droits de la personne, comme l'a rappelé Mme Freeland en conférence de presse.

Le Canada se portera toujours à la défense des droits humains.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland

« Nous nous sentons une obligation particulière envers les femmes qui luttent pour faire respecter leurs droits partout dans le monde », a-t-elle continué. Il en va de même pour « les gens qui ont une relation personnelle avec le Canada ».

Les droits des femmes sont des droits humains.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland

Une querelle historique

Ottawa a réclamé la libération de Samar Badawi, la sœur du célèbre détenu Raïf Badawi qui croupit également dans une geôle saoudienne, le 2 août dernier.

L’Arabie saoudite avait répondu en imposant une série de mesures, ordonnant notamment à des milliers d’étudiants saoudiens fréquentant des universités canadiennes de se réinstaller dans d’autres pays.

Le régime saoudien avait également suspendu les vols saoudiens vers le Canada et ordonné aux courtiers et banquiers d'interrompre leurs transactions avec des entités canadiennes.

Le royaume avait également expulsé l’ambassadeur canadien, lui intimant l’ordre de quitter le sol saoudien dans les 48 heures. L’ambassadeur canadien n’est toujours pas retourné en sol saoudien.

Le prince héritier de l'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane.

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane

Photo : Reuters / Amir Levy

Ni le roi Salmane, vieillissant et diminué, ni son fils – dirigeant de facto l’Arabie saoudite –, le prince héritier Mohammed ben Salmane Al-Saoud, n’ont l’intention de prendre la parole à l’Assemblée générale de l’ONU. C’est donc le ministre des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, qui s’adressera à l’ONU au nom de son pays.

C’est d’ailleurs lui qui a parlé au nom de l’Arabie saoudite au plus fort de la crise avec le Canada. Il avait semblé faire la leçon au Canada sur sa responsabilité à désamorcer les tensions.

Le Canada sait ce qu'il doit faire. C'est le Canada qui a commencé, et c'est au Canada de trouver un moyen de s'en sortir.

Adel Al-Jubeir, ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite

Les Saoudiens reculent

Le Canada n’a toutefois pas reculé sous la pression saoudienne, et le régime semble avoir discrètement abandonné au moins une de ses mesures les plus extrêmes, et coûteuses.

Après avoir demandé aux étudiants en médecine et aux internes de quitter le Canada au plus tard le 31 août, les autorités saoudiennes ont ainsi assoupli leur position, permettant à ces étudiants de rester au Canada, pour l’instant.

Le sursis n’a toutefois aidé que les 1000 étudiants saoudiens en médecine, alors qu’au moins 7000 étudiants dans d’autres disciplines ont été contraints d’interrompre leurs études.

Certains ont préféré présenter une demande d’asile au Canada plutôt qu’obéir à l’ordre saoudien de rentrer au pays.

De plus, un important contrat militaire pour la vente de véhicules blindés légers à l’Arabie saoudite a survécu au différend. Le réseau CBC a récemment rapporté que l’Arabie saoudite avait cependant réduit la taille de la commande.

Problème de calendrier

Les deux pays ont choisi de désigner leur ministre respectif des Affaires étrangères, plutôt que leurs chefs d’État ou de gouvernement, pour prononcer le discours de leur pays devant l’Assemblée générale.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane Al-Saoud et la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane Al-Saoud et la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland

Photo : Montage : Radio-Canada / Photos : Getty et La Presse Canadienne

Selon le protocole de l’ONU, cette décision implique qu’ils devront s’exprimer plus tard au cours de la semaine. Chrystia Freeland prendrait la parole au cours de la journée de samedi, alors que son homologue saoudien Adel Al-Jubeir s’exécuterait en dernier, soit samedi après-midi.

Donc, si une rencontre pouvait être organisée, elle pourrait avoir lieu en deuxième moitié de semaine.

La dispute entre le Canada et l'Arabie saoudite a fait la une des journaux du monde entier, et l’incident a été perçu comme un signe du style impétueux et agressif du prince héritier.

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