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La « longévité » de Blaine Higgs liée au traitement des Acadiens, selon son seul député acadien élu

Robert Gauvin enlace un membre de son équipe.
Par moins de 100 voix, Robert Gauvin a remporté le siège de Shippagan-Lamèque-Miscou après une bataille qui revêtait une grande importance dans ces élections. Photo: Radio-Canada / Wildinette Paul
Radio-Canada

Au lendemain des élections au Nouveau-Brunswick, les discussions portent sur les alliances possibles qui permettront à un parti de gouverner. Si les progressistes-conservateurs décidaient de s'allier avec l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, toutefois, ils risquent de perdre leur seul député acadien élu, Robert Gauvin.

Un texte de Louis Mills

Les progressistes-conservateurs ont remporté le plus grand nombre de sièges et pourraient éventuellement former un gouvernement minoritaire, mais ils devront obtenir l'appui d'autres partis.

Pendant la campagne, le chef progressiste-conservateur Blaine Higgs n’a pas exclu de gouverner avec l’appui de l’Alliance des gens.

Je travaillerai avec quiconque se préoccupe d’abord des intérêts du Nouveau-Brunswick et de politique partisane ensuite, a-t-il déclaré.

L’Alliance a fait élire trois députés, dont son chef, Kris Austin, lundi soir. Dans son discours de la victoire, Kris Austin s'est dit prêt à travailler avec le parti qui formera le gouvernement.

Kris Austin lors de son allocution devant ses militants.Kris Austin se dit prêt à travailler avec un parti qui sert les intérêts de sa formation politique. Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

Or, son parti a des idées controversées sur la question du bilinguisme. Il prône la fusion des régies francophone et anglophone de la santé, l’abolition du Commissariat aux langues officielles et des services dans l’une ou l’autre des langues officielles là où la demande le justifie.

Robert Gauvin : un appui inconditionnel au bilinguisme officiel

Ces positions sont inacceptables pour Robert Gauvin, élu dans Shippagan-Lamèque-Miscou.

On est une province bilingue, on a deux communautés linguistiques. On ne peut pas reculer là-dessus. C’est ce qui nous rend uniques au Canada, a-t-il déclaré, lundi matin, à l'émission Le Réveil Nouveau-Brunswick de Radio-Canada.

Il va plus loin et affirme qu'il n'est pas prêt à négocier cet appui inconditionnel au bilinguisme officiel.

Y’a quelqu’un qui devra mettre de l’eau dans son vin et ça sera pas Gauvin.

Robert Gauvin, député élu de Shippagan-Lamèque-Miscou

Blaine Higgs s'est déjà présenté à la direction du défunt parti anti-bilinguisme Confederation of Regions Party, qui avait formé l'opposition officielle au Nouveau-Brunswick au début des années 1990. Il s'est depuis distancié de ses positions de l'époque et affirme maintenant qu'il appuie le bilinguisme officiel. Il est toutefois favorable à certains aménagements comme l'embauche de candidats unilingues à des postes désignés bilingues dans le secteur public.

Blaine Higgs salue ses militants.Blaine Higgs avec ses militants après avoir revendiqué sa victoire. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Robert Gauvin lui sert une sorte de mise en garde au moment où les tractations entre partis vont s'amorcer.

La longévité de Blaine Higgs va dépendre de la façon dont il va traiter les Acadiens, lance-t-il

Le Parti vert réfléchit aux alliances possibles

Blaine Higgs n’a pas non plus exclu de travailler avec les verts qui ont eux aussi remporté trois sièges et récolté près de 12 % du vote populaire, lundi soir.

Le premier élu acadien du parti, Kevin Arseneau, dans Kent-Nord, exclut toute collaboration de son parti avec l’Alliance des gens, un « parti qui divise », selon lui.

Son chef David Coon, réélu avec une grande majorité dans la circonscription de Fredericton, renchérit.

[Il est] impossible pour nous au Parti vert d’avoir un lien avec l’Alliance à cause de leur position sur la dualité et de [sur] les droits linguistiques pour les francophones du Nouveau-Brunswick. 

David Coon lève ses bras en l'air avec des militants. Le chef des verts, David Coon, rencontre mardi ses deux candidats nouvellement élus pour discuter d'alliances possibles avec d'autres partis. Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

David Coon n'a pas voulu, mardi matin, se prononcer sur une alliance possible avec les progressistes-conservateurs. Il doit d'abord discuter de la question avec son nouveau caucus, composé, en plus de lui et de Kevin Arseneau, de Megan Mitton, élue dans Memramcook-Tantramar.

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