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Qui gouvernera le Nouveau-Brunswick?

L'édifice de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.
Aucun parti ne compte pour le moment suffisamment de députés élus pour former la majorité absolue à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick. Photo: Radio-Canada

Pour la première fois en près de 100 ans, le Nouveau-Brunswick a élu un gouvernement minoritaire. Le suspense demeure entier à savoir qui des libéraux et des progressistes-conservateurs dirigeront la province.

Au terme d'une soirée électorale très serrée, lundi, le Parti progressiste-conservateur de Blaine Higgs a fait élire 22 députés, tandis que le Parti libéral de Brian Gallant en a fait élire 21. Le Parti vert et l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick comptent trois élus chacun. Il faut 25 sièges pour avoir la majorité absolue des 49 circonscriptions électorales.

Blaine Higgs estime que dans cette course comme dans toute autre, le concurrent qui a le score le plus élevé gagne

Cependant, le chef libéral et premier ministre sortant, Brian Gallant, n'a pas reconnu sa défaite. Il a dit avoir l’intention de rencontrer aussi la lieutenante-gouverneure, Jocelyne Roy Vienneau, pour discuter de la possibilité de gouverner en s’entendant avec les tiers partis, un projet de loi à la fois.

La Constitution lui en donne le droit, selon Donald Savoie, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en administration publique et gouvernance à l’Université de Moncton.

L’Assemblée législative va décider qui va avoir le pouvoir ou non. Maintenant, Mme Vienneau [va] réexpliquer à M. Gallant que d’après notre Constitution il a le droit [de tenter de gouverner].

Donald Savoie, expert en gouvernance publique

Sauf que les conventions constitutionnelles disent que celui qui a gagné le plus de sièges devrait former le gouvernement, ajoute-t-il. Mais elle doit accepter, à mon avis, de lui donner la chance même si ce n’est pas complètement sage. Elle doit accepter [pour] le premier ministre la possibilité qu’il se présente en Chambre, explique Donald Savoie.

Donald Savoie en entrevue dans son bureauLes chefs libéral et progressistes-conservateurs peuvent aussi essayer de convaincre des élus adverses de rejoindre leurs rangs pour former le gouvernement, indique Donald Savoie, de la Chaire de recherche du Canada en administration publique et gouvernance. Photo : Radio-Canada

Si Brian Gallant n’obtient pas l’appui de la Chambre, ajoute M. Savoie, Blaine Higgs pourra aussi tenter sa chance.

Elle doit lui dire : "Écoute, si tu ne peux pas avoir la confiance de l’Assemblée législative, je dois te dire que je vais demander au chef de l’opposition que lui et son parti se présentent à l’Assemblée législative pour un vote de confiance." Donc, elle a le droit constitutionnel de lui dire qu’elle ne va pas déclencher les élections s’il ne peut pas avoir la confiance de l’Assemblée législative, affirme Donald Savoie.

Mario Levesque en entrevue devant un édifice de l'Université Mount AllisonLe politologue Mario Levesque, de l'Université Mount Allison, doute que les partis politiques réussiront à s'entendre plus de six mois. Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le gouvernement minoritaire, peu importe qui le dirigera, ne durera pas très longtemps, estime le politologue Mario Levesque, professeur à l'Université Mount Allison.

Je pense qu’on va se trouver dans d’autres élections. Si ce n’est pas dans 6 mois, ce sera dans 18 mois certainement, parce qu’un gouvernement minoritaire de n’importe quelle couleur qu’il est, ça ne dure jamais plus de 2 ans d’habitude, affirme Mario Levesque.

Nouveaux dépouillements à venir

Le nombre de députés libéraux et progressistes-conservateurs peut encore changer à la suite de nouveaux dépouillements.

La loi stipule qu'un dépouillement judiciaire a lieu automatiquement lorsqu’un élu désigné n’a qu’une avance de 25 voix ou moins sur son plus proche adversaire. Ce sera donc le cas dans la circonscription de Saint-Jean-Havre, remportée par le candidat libéral par 10 voix, et dans celle de Memramcook-Tantramar, remportée par le candidat vert par 11 voix.

Les partis politiques peuvent aussi demander eux-mêmes un dépouillement judiciaire.

Les circonscriptions d’Oromocto-Lincoln-Fredericton, de Shippagan-Lamèque-Miscou et de Miramichi-Sud-Ouest-Baie-du-Vin, par exemple, ont été remportées par moins de 100 voix d'avance.

L’Alliance des gens est prête à négocier

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, montre une ouverture à appuyer un autre parti dans le contexte d’un gouvernement minoritaire.

M. Austin a déclaré qu’il est disposé à travailler avec tout parti qui partage certaines idées de l’Alliance des gens.

Le Parti libéral de Brian Gallant a remporté le vote populaire avec 37,8 % des voix comparativement à 31,9 % pour le Parti progressiste-conservateur.

Avec les informations de CBC

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale