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Les faits saillants d'une soirée électorale historique au Nouveau-Brunswick

Blaine Higgs salue ses militants.
Blaine Higgs avec ses militants après avoir revendiqué la victoire Photo: La Presse canadienne / Andrew Vaughan
Radio-Canada

Les libéraux et les progressistes-conservateurs au coude à coude. Le premier gouvernement minoritaire depuis 1920. Une percée des tiers partis. Voici les faits saillants d'une soirée électorale historique au Nouveau-Brunswick.

Un texte d’Alix Villeneuve

De nouveaux dépouillements auront sûrement lieu, mais pour l'instant le Parti progressiste-conservateur mène par un siège sur le Parti libéral et les deux formations politiques revendiquent le droit de gouverner.

Deux partis presque à égalité

Les progressistes-conservateurs et les libéraux ont été au coude à coude avec 21 circonscriptions chacun jusqu'à la toute dernière minute. Cependant, vers minuit, le parti dirigé par Blaine Higgs a pris l'avance pour atteindre 22 sièges contre 21.

Plusieurs circonscriptions ont été gagnées par quelques voix seulement. Il ne faudrait que quelques votes de plus ou de moins d’un côté ou de l'autre et le portrait électoral changerait.

Les circonscriptions gagnées par moins de 300 voix

Saint-Jean-Havre (LIB, 10 voix)
Memramcook-Tantramar (PV, 11 voix)
Miramichi-Sud-Ouest-Baie-Du-Vin (PPC, 35 voix)
Oromocto-Lincoln-Fredericton (PPC, 93 voix)
Shippagan-Lamèque-Miscou (PPC, 99 voix)
Moncton-Nord-Ouest (PPC, 223 voix)
Carleton-Victoria (LIB, 244 voix)
Moncton-Sud-Ouest (PPC, 253 voix)
Fredericton-York (AG, 256 voix)
Fredericton-Nord (LIB, 261 voix)

Toutefois, avec 38 % des voix, les libéraux ont remporté le vote populaire contre les progressistes-conservateurs, qui récoltent 32 %.

Les résultats sont par ailleurs très contrastés sur le territoire néo-brunswickois. Le nord de la province a élu presque exclusivement des libéraux tandis que le sud a choisi en majorité des progressistes-conservateurs.

Le dernier résultat de la soirée a été celui de la circonscription de Miramichi-Sud-Ouest-Baie-Du-Vin, qui s'est décidé à la dernière boîte de scrutin.

Blaine Higgs, devant un drapeau du Nouveau-Brunswick, s'adresse à ses militants. Blaine Higgs a fait un discours de victoire devant ses militants. Photo : Radio-Canada

Blaine Higgs revendique la victoire...

Fait rarissime dans une élection, les deux principaux chefs de partis ont livré un discours de victoire à l'issue du dépouillement.

C'est en vainqueur que Blaine Higgs s'est présenté devant ses militants. C’est un nouveau départ pour le Nouveau-Brunswick, a-t-il lancé devant une foule électrisée.

Je veux traiter ceci comme une victoire parce qu’au bout, c’est ça que ce sera.

Blaine Higgs, chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick

Peut-être que Brian Gallant et moi allons tous deux nous présenter chez la lieutenante-gouverneure demain matin, a-t-il ironisé devant ses partisans.

Brian Gallant s'avance devant des journalistes. Brian Gallant à son rassemblement lundi soir. Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

... Et Brian Gallant s'accroche

De son côté, le chef libéral a rappelé qu'il a obtenu davantage de votes au suffrage universel et a souligné qu'il allait y avoir de nouveaux dépouillements.

Il a aussi indiqué qu'il avait compris le « message » que les électeurs lui ont envoyé.

Nous, c’est clair qu’ils ne veulent pas qu’un seul parti gouverne. Nous serons ouverts pour écouter les autres partis politiques.

Brian Gallant, chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick

Brian Gallant a déclaré qu'il rencontrera demain la lieutenante-gouverneure pour voir comment il pourrait continuer à diriger la province.

Le chef libéral a toutefois balayé du revers de la main une coalition avec l'Alliance des gens.

Pour visionner les résultats électoraux complets, vous pouvez consulter notre page spéciale.

Brian Gallant et Karine Lavoie lors de l'allocution du chef. Brian Gallant a indiqué qu'il allait rencontrer la lieutenante gouverneure. Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Les tiers partis viennent brouiller les cartes

Ensemble, l'Alliance des gens, le Parti vert et le NPD auront récolté plus du quart des voix.

Avec trois sièges chacun, l'Alliance et le Parti vert empêchent les principaux partis de rafler la majorité des sièges.

Il s’agira donc d’un gouvernement minoritaire, une première depuis 1920.

Kris Austin lors de son allocution devant ses militants.«Je crois simplement que ce n’est pas un grand jour pour l’alliance, c’est un grand jour pour tout le Nouveau-Brunswick», affirme Kris Austin. Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

Après avoir perdu par moins de 30 voix en 2014, le chef de l'Alliance, Kris Austin, a obtenu une victoire convaincante cette fois-ci dans sa circonscription de Fredericton-Grand-Lac.

Le chef ne sera pas seul. Il pourra compter sur sa collègue Michelle Conroy, qui a causé la surprise en défaisant le ministre libéral Bill Fraser dans Miramichi, ainsi que sur Rick DeSaulniers, dans Fredericton-York.

Je crois que ce n’est pas seulement un grand jour pour l’Alliance, c’est un grand jour pour tout le Nouveau-Brunswick.

Kris Austin, chef de l'Alliance des gens

Nous nous sommes engagés à nous battre pour tous les Néo-Brunswickois, pour qu’il y ait une justice au niveau de la langue et au niveau fiscal, a lancé le chef à ses militants réunis à Fredericton.

La percée de l’Alliance s’est principalement faite dans la région de Fredericton et de la Miramichi.

Kevin Arseneau célèbre sa victoire avec ses militants. Kevin Arseneau (au centre) est élu comme prochain député vert de Kent-Nord. Photo : Radio-Canada / Alessandra Rigano

Du côté des verts, beaucoup d'espoir reposait sur les candidats Kevin Arseneau et Megan Mitton respectivement dans les circonscriptions de Kent-Nord et de Memramcook-Tantramar. Ils ont tous les deux été élus.

Ici, dans Kent-Nord, une de nos plus grandes richesses, c'est le fait que le peuple micmac, les Acadiens, les anglophones, ce soir, on s'est tous mis ensemble.

Kevin Arseneau, candidat élu du Parti vert

Je le disais sur le terrain, tous les votes comptent, a lancé pour sa part Megan Mitton à ses militants, émue par sa victoire.

Instabilité à prévoir

Maintenant, les partis politiques doivent négocier et discuter entre eux, souligne le politologue Roger Ouellette.

Car un gouvernement minoritaire est souvent synonyme d'instabilité politique, indique l'expert.

Si personne ne s’entend, il faudra déclencher de nouvelles élections.

Roger Ouellette, politologue à l'Université de Moncton

Avec un siège de plus, ce sont les progressistes-conservateurs qui sont en meilleure position de gouverner, souligne Roger Ouellette.

En formant une alliance avec un tiers parti, ils peuvent atteindre la barre des 25 sièges pour former la majorité.

Robert Gauvin enlace un membre de son équipe.Par moins de 100 voix Robert Gauvin remporte le siège de Shippagan-Lamèque-Miscou après une bataille qui aurait pu déterminer l'issue des élections. Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Un seul progressiste-conservateur en région francophone

Le candidat vedette et comédien Robert Gauvin a été le seul candidat progressiste-conservateur à remporter un siège dans les circonscriptions à majorité francophone.

Il l’a finalement remporté par moins de 100 voix dans sa circonscription de Shippagan-Lamèque-Miscou.

Shippagan-Lamèque-Miscou a souvent été la circonscription qui a fait la différence. Ce soir, ç'a été le cas.

Robert Gauvin, député progressiste-conservateur élu dans Shippagan-Lamèque-Miscou

Toutefois, l'unilinguisme de son chef lui a posé un défi supplémentaire, admet-il. « La langue a été le plus gros obstacle, mais on a travaillé fort », a reconnu le candidat.

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale