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Affaire Rozon : un an d’enquête et toujours pas d’accusations

Gilbert Rozon

Gilbert Rozon

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Invitée à l'émission Tout le monde en parle dimanche soir, l'animatrice Pénélope McQuade, qui est parmi celles qui ont dénoncé Gilbert Rozon l'automne dernier, a déploré que l'affaire traîne en longueur.

Un texte d’Isabelle Richer

Pénélope McQuade a ajouté que le système judiciaire est mal adapté au traitement des dossiers de crimes sexuels.

La populaire animatrice fait partie d’un groupe de femmes qui est à l’origine d’un tsunami qui a emporté le président du Groupe Juste pour rire en octobre 2017.

Pénélope McQuade a révélé avoir été victime de gestes à caractère sexuel de la part de Gilbert Rozon il y a plusieurs années.

L'animatrice Pénélope McQuade et le cinéaste Hugo Latulippe discutent sur le plateau de l'émission « Tout le monde en parle ». Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pénélope McQuade et Hugo Latulippe sont à la base de la création du documentaire « Troller les trolls ».

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Plusieurs autres femmes, provenant pour la plupart du milieu culturel, ont joint leurs voix à celle de l’animatrice, racontant avoir également été victimes d’attouchements ou même d’agressions sexuelles.

Les faits reprochés se seraient produits dans les années 80, 90, et même plus récemment.

De nombreuses femmes ont porté plainte à la police, déclenchant ainsi une vaste enquête criminelle l’automne dernier.

« Pourquoi est-ce si long? », a demandé l’animateur Guy A. Lepage à Pénélope McQuade. « Le procureur nous avait dit que des accusations seraient déposées avant l’été... »

« On ne sait pas ce qui se passe », lui a-t-elle répondu.

Des délais acceptables, selon des avocats

En entrevue sur les ondes d'ICI RDI, l’avocat criminaliste Me Charles Côté a indiqué que ce délai de 11 mois n’est pas anormalement long, surtout en cette ère « post-Jordan ».

« Dès que le DPCP [le Directeur des poursuites criminelles et pénales] dépose des accusations, il doit être prêt à mener le procès », a expliqué l’avocat.

En d’autres mots, puisque les délais commencent à être calculés à partir du jour 1 du dépôt des accusations, le DPCP doit s’assurer d’avoir complété l’analyse du dossier et d’avoir recueilli toute la preuve pour la transmettre à la défense sans tarder.

L’avocat comprend que les plaignantes, et même le public, s’impatientent, mais la vitesse d’exécution n’est pas un critère, selon lui.

L’autre aspect à considérer est le nombre de victimes potentielles et le fait que bien des événements soient survenus il y a plus de 20 ou même 30 ans dans certains cas.

L’avocate de la défense, Me Isabelle Briand, qui a longtemps travaillé au DPCP, est d’avis que la poursuite travaille consciencieusement.

« Si ça prend des mois d’enquête, est-ce parce que les procureurs veulent s’assurer de réunir des faits similaires [ce qui donne du poids à un dossier, pensons à l’affaire Bertrand Charest, NDLR] ou encore parce que l’enquête est particulièrement complexe et qu’elle suppose plusieurs démarches, notamment sur le plan de la corroboration? », se demande Me Briand.

En matière d’agressions sexuelles, les crimes sont commis dans l’intimité, comme le souligne Me Denis Dionne, ex-procureur chef adjoint du DPCP, du district de Saguenay.

Tout est affaire de crédibilité, dit-il. Il ne s’étonne pas de la longueur de l’enquête.

« Des dénonciations qui surviennent des années après les faits allégués, c’est parfaitement légal, mais ça pose un défi supplémentaire. On parle de qualité de la preuve », ajoute-t-il.

« Je serais très exigeant si j’étais le procureur assigné à ce dossier. Y a-t-il des possibilités d’actes similaires? Si oui, il faut les documenter, les enquêter et s’assurer qu’il n’y a pas eu "entente" entre les victimes avant de relater les événements. »

— Une citation de  Me Denis Dionne, ex-procureur chef adjoint du DPCP

Tous les avocats consultés concluent donc de la même façon que le mot-clé dans cette affaire, c’est la patience.

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