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Autisme et déficience intellectuelle : des cas plus lourds et du personnel qui craint pour sa sécurité

Maison derrière une clôture

Une résidence à assistance continue pour les déficients intellectuels et autistes à Trois-Rivières

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le syndicat des intervenants de la Mauricie et du Centre du Québec qui travaillent dans les résidences à assistance continue pour les déficients intellectuels et autistes s'inquiète pour la sécurité de ses membres et celle des résidents.

Les incidents violents sont en hausse dans ces types de résidences dans la province.

Dans la région, les résidences accueillent de plus en plus de cas lourds, alors qu’avant elles accueillaient davantage des gens qui avaient un potentiel de réadaptation.

Leurs résidents sont souvent aux prises avec d'autres problèmes de santé mentale, handicaps, troubles affectifs ou troubles de comportement.

Le personnel n'est pas formé pour ces cas et, souvent, lorsqu'il y a une crise, cela désoriente les autres qui ont besoin de calme et de tranquillité.

Agressions sur le personnel

Les agressions à l’endroit du personnel sont très courantes.

J’ai des téléphones à tous les jours, des gens qui [racontent qu'ils] se font cracher dessus cinq ou six fois par jour, des gens qui se font attaquer par un barreau de chaise qu’un usager a arraché, se font courir après, se font grafigner les avant-bras, explique Mélanie Bergeron, la représentante syndicale des intervenants du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement (CRDITED) dans la région.

Les intervenants doivent régulièrement faire appel aux policiers pour les aider à gérer les diverses situations.

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) estime que ces résidences ne correspondent tout simplement plus aux besoins d'une clientèle qui a changé en 20 ans.

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) évalue d’ailleurs maintenant que les résidences à assistance continue présentent un niveau de risque « extrême ».

Trop peu d'aide pour ces résidences

La réforme de Gaétan Barrette a peut-être contribué indirectement à aggraver la situation, selon la représentante locale de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Sylvie Godin.

Ça pourrait s’expliquer par le fait qu’on a centralisé, qu’on a mis nos énergies ailleurs, dit-elle. Si on était sur le point de mettre des solutions ou de mettre des comités en place pour essayer de corriger les problématiques quand elles ont commencé à être notées sur le terrain, comme c’est là, ce n’est plus une priorité, parce qu’on est dans la fusion.

Elle ajoute que lorsqu’il y a une déclaration d’incidents-accidents, ça peut prendre deux mois avant que le gestionnaire en prenne connaissance ou que le bureau de santé reçoive ça sur son bureau et que ce soit analysé et, pendant ce temps, les événements peuvent se répéter.

Il n’y a pas eu de compressions avec la réforme du ministre libéral de la Santé, mais les ajouts nécessaires n’ont pas été faits dans un contexte où les cas sont de plus en plus lourds.

Le syndicat demande que les milieux soient mieux adaptés, que les ratios intervenants-usagers soient revus, que les intervenants soient mieux formés et que des agents d'intervention soient ajoutés pour assurer la sécurité.

Avec les informations d'Amélie Desmarais

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