•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Déplacer les voies ferrées de Winnipeg « n'est pas réaliste »

Le vice-président Sean Finn à côté du  ministre Ron Schuler dans un vaste local du Canadien National.
Le vice-président aux affaires corporatives du CN, Sean Finn (à gauche), avec le ministre provincial de l'Infrastructure, Ron Schuler, à l'occasion de la première Semaine de la sécurité ferroviaire. Photo: Radio-Canada / Bert Savard

Sortir le chemin de fer de Winnipeg? Oubliez cette idée, disent le ministre provincial de l'Infrastructure, Ron Schuler, et le vice-président aux affaires corporatives du CN, Sean Finn. Tous deux étaient ensemble lundi matin pour donner le coup d'envoi à la première Semaine de la sécurité ferroviaire au Manitoba.

En effet, il y a 6000 kilomètres de rails au Manitoba. Pour le ministre Schuler, le chemin de fer est une des composantes majeures du tissu économique de la province. Il connecte des communautés, relie des entreprises, permet d’envoyer dans le monde les récoltes des fermiers manitobains. « Nous avons besoin des voies ferrées », résume le ministre.

Les rails, sources d'inquiétude

À Winnipeg même, les chemins de fer sont cependant une source de frustration dans la population, où certains aimeraient qu’ils soient déplacés. « On en entend parler quand on est élu à Saint-Boniface », admet le conseiller municipal Mathieu Allard.

« Nos pouvoirs sont limités par rapport à ce qu’on peut faire, dit-il. J’ai proposé au conseil municipal qu’on adopte les lignes directrices de la Fédération canadienne des municipalités [en ce qui concerne] les nouvelles constructions résidentielles à proximité de rails ». Cela impose désormais des conditions très strictes à respecter.

Mais cela ne règle pas les préoccupations des habitants en ce qui concerne la sécurité près des rails et des passages à niveau, ni la frustration des « automobilistes qui doivent attendre que les trains passent ».

Mathieu Allard, à l'extérieur, devant la ligne de chemin de fer surélevée du nord de Saint-Boniface.Le conseiller municipal de Saint-Boniface, Mathieu Allard. Photo : Radio-Canada / Radja Mahamba

Le CN vient d'accepter de rembourser 62 000 $ à la Ville, à la suite des feux de broussaille du printemps dernier. L'entretien de la végétation autour des rails, rappelle Sean Finn, est également une affaire de sécurité.

Faut-il déplacer les rails?

Ouvert à l’idée de déplacer les voies ferrées, Mathieu Allard rappelle que le gouvernement précédent avait annoncé une étude pour examiner la question et que l’actuel gouvernement n’y a pas donné suite.

« J’avais ressenti une ouverture de la part des compagnies ferroviaires à l’époque, précise-t-il, mais pour elles, c’est aussi une question de business. Et ça prend du leadership du fédéral et du provincial, parce que la relocalisation va venir avec un grand coût », affirme-t-il.

Le rail devrait-il quitter complètement Winnipeg? Ce serait comme de dire que l’industriel doit la quitter complètement. Et il y a toujours des industries qui ont besoin de connexions au réseau, elles ont encore besoin du rail pour livrer leur marchandise.

Mathieu Allard, conseiller municipal de Saint-Boniface

Sean Finn estime de son côté qu'il n’y a « pas de lien entre la sécurité et le fait que les rails sont dans les villes ».

« Winnipeg n’est pas unique au Canada, dit-il. Le chemin de fer est dans plusieurs villes parce que les villes ont été construites autour des chemins de fer. [...] Quand vient le temps de déplacer les voies, la décision doit être prise avec les autorités publiques. »

Ce n’est pas réaliste à court et à long terme.

Sean Finn, vice-président exécutif aux affaires corporatives du CN

Si les installations sont à Winnipeg, cela signifie aussi que « l’économie canadienne a accès à ce réseau-là », précise M. Finn. « De nombreux clients au Manitoba sont à Winnipeg. »

La sécurité sur les rails

Il y a eu 15 incidents à des passages à niveau en 2017 au Manitoba, au cours desquels deux personnes sont mortes et trois ont été sérieusement blessées.

Un autobus scolaire traverse un passage à niveau à Winnipeg. Un autobus scolaire traverse un passage à niveau à Winnipeg. Photo : Radio-Canada / Bert Savard

Les passages à niveau– et les voies ferrées en général – sont des endroits dangereux. Mais ils sont là pour rester. Pour sensibiliser le public à l’importance d’avoir un comportement sécuritaire, le gouvernement du Manitoba a adopté en juin une loi qui proclame la Semaine de la sécurité ferroviaire, la dernière semaine de septembre de chaque année.

Pour Sean Finn, la sécurité autour des chemins de fer est l’affaire des sociétés ferroviaires, mais aussi des municipalités, des familles, des automobilistes, du public.

Il y a 16 000 passages à niveau au Canada. On ne pourra jamais protéger les 16 000.

Sean Finn, vice-président exécutif aux affaires corporatives du CN

« L’important pour nous, nos enfants, nos ados et même les adultes, c’est de comprendre que quand on interagit avec un chemin de fer ou un passage à niveau, il y a des risques, dit-il. La meilleure façon d’y faire face, c’est de s’arrêter, de regarder et d'écouter avant de franchir le passage à niveau. »

Transports

Économie