•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Bon pour la santé, le thon en conserve?

Une assiette remplie de thon en conserve.
Du thon en conserve. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Du sel, du sucre... et du mercure. Le thon en conserve cache parfois des ingrédients peu recommandés. Devant l'embarras du choix, le consommateur doit rester vigilant.

Un texte de Gildas Meneu, de L'épicerie

Il se vend quelque 140 millions de boîtes de thon en conserve chaque année au Canada. Et l’offre est considérable. Dans l’eau, dans l’huile ou aromatisé, le thon en boîte se multiplie dans les rayons d’épicerie.

Il est vendu principalement en deux familles : le thon pâle et le thon blanc. Le thon pâle est généralement issu de deux espèces, soit le listao et le thon à nageoires jaunes. Le thon blanc est de l’espèce germon, ou albacore, en anglais.

Des conserves de thons dans des palettes, dans un entrepôt.Des conserves de thon dans l'entrepôt de Clover Leaf. Photo : Radio-Canada

Du thon contaminé au mercure

Et c’est justement le thon germon qui pose le plus de problèmes pour la santé publique. Plus gros que ses confrères, ce thon emmagasine avec le temps du mercure, un contaminant dangereux pour la santé humaine.

La contamination au mercure est surtout dangereuse pour les femmes enceintes. « Le foetus peut développer des problèmes neurotoxicologiques avec une baisse de quotient intellectuel, de retard moteur, de retard verbal », explique l’écotoxicologue et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie et changements mondiaux de l’Université de Montréal Marc Amyot. « Mais ça prend de bonnes concentrations quand même. Ce n’est pas un phénomène qu’on retrouve couramment. »

Quantités relevées de mercure

La quantité limite permise au Canada de mercure dans le thon est de 0,5 partie par million (ppm). L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) analyse chaque année une centaine de boîtes de conserve. Résultat : le taux de mercure dépasse la limite permise dans 3 % à 12 % des cas, selon les années.

Ce qui n’inquiète pas outre mesure les autorités, qui jugent alors si le produit doit être retiré du marché. Les rappels sont extrêmement rares, confirme-t-on à l’ACIA.

Les grandes entreprises qui vendent du thon en conserve ont aussi l’obligation d’analyser régulièrement des lots et doivent rapporter les résultats à l’ACIA.

Santé Canada recommande de ne pas consommer plus de 300 g de thon germon (blanc) par semaine quand on est une femme enceinte ou en voie de le devenir, pas plus de 150 g pour les enfants de 5 à 11 ans et 75 g pour les plus petits.

Portrait dans son laboratoire de Marc Amyot, écotoxicologue et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en Écotoxicologie et changements mondiaux de l’Université de Montréal.Marc Amyot, écotoxicologue et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie et changements mondiaux de l’Université de Montréal. Photo : Radio-Canada

Tout le reste de la population n’a pas à se retenir ni pour le thon pâle ni pour le thon blanc en conserve.

Marc Amyot, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie et changements mondiaux (UdeM)

Encore trop de sodium

En fait, plus inquiétant que le mercure, c’est encore le sel qui se trouve parfois en trop grandes quantités dans le thon en conserve.

Des 40 conserves de thon étudiées, 11 se retrouvent au banc des punitions pour excès de sodium.

Alors que certains thons ne contiennent que 15 mg de sodium par portion, d’autres en cachent jusqu’à 620 mg.

Portrait de la nutritionniste Catherine Lefebvre.Catherine Lefebvre, nutritionniste, a analysé les 40 boîtes de thon achetées par L'épicerie Photo : Radio-Canada

Si on mange la conserve au complet, avec de 600 à 620 milligrammes de sodium, on est pratiquement dans le groupe des charcuteries.

Catherine Lefebvre, nutritionniste

Protéines et oméga-3

« Le thon en conserve, c’est une très bonne source de protéines. Encore une fois, c’est pratique », rappelle Catherine Lefebvre.

« On n’a pas besoin de le cuire, de le préparer. Si on se cuisine une salade, on peut ajouter autre chose comme des noix ou du fromage, qui sont d’autres sources de protéines. »

Côté oméga-3, ces gras bons pour la santé du cœur, le thon est moins intéressant, selon la nutritionniste. « Si on compare avec d’autres poissons gras, le saumon sauvage offre deux fois plus d’oméga-3 qu’une même portion de thon blanc. »

Du thon dans une salade de légumes.Une salade au thon. Photo : Radio-Canada

Du sucre dans le thon

Surprise : on trouve aussi du sucre dans certains thons en conserve, essentiellement des thons assaisonnés, qui en contiennent jusqu’à 9 g par portion.

Pour une conserve, c'est deux cuillères à thé de sucre. C’est du thon, pas de la confiture!

Catherine Lefebvre, nutritionniste

Ces produits à valeur ajoutée sont de plus en plus populaires, surtout auprès de la jeune clientèle. Selon le responsable des ventes chez Clover Leaf Guy Boucher, ils représentent plus de 20 % de toutes les conserves de thon vendues, un segment en forte croissance.

Du thon durable

Certaines marques, comme RainCoast, WildPlanet ou Ocean’s sont en tête du peloton des conserves de thon les plus écoresponsables, selon un classement de Greenpeace.

Elles arborent en général un des deux logos auxquels le consommateur peut se fier : Oceanwise et MSC. Ils garantissent une pêche responsable, qui tient compte de la surpêche et de l’absence de prises accessoires comme les tortues, les dauphins ou toutes sortes d’oiseaux. Ils sont cependant plus chers.

Voyez le reportage complet à l'émission L'épicerie, mercredi, à 19 h 30, à ICI Radio-Canada Télé.

Alimentation