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Début des audiences pour un mégaprojet minier dans les sables bitumineux

Une poignée de bitume dans un gant de travail.

L’entreprise Teck Resources de Vancouver souhaite exploiter une mine à ciel ouvert à environ 110 kilomètres au nord de Fort McMurray, dans le nord de l'Alberta.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Premières Nations, environnementalistes et industrie vont défiler devant une commission d'examen conjoint au cours des cinq prochaines semaines pour, soit défendre, soit s'opposer, au plus gros projet minier de l'histoire des sables bitumineux, à 110 kilomètres de Fort McMurray, dans le nord de l'Alberta.

Un texte de Tiphanie Roquette

Surnommé Frontier, le projet porté par l’entreprise de Colombie-Britannique Teck Resources, repousse les frontières de l’investissement financier avec un coût estimé à 20 milliards de dollars.

La mine à ciel ouvert, qui doit produire 260 000 barils de bitume par jour, serait aussi la plus septentrionale du Canada.

Elle fait l’objet d’un examen par un comité composé d’experts fédéraux et provinciaux. Ce panel a déjà demandé par deux fois une prolongation de ses travaux.

Des retombées économiques en milliards de dollars

Du côté de l’entreprise, les bienfaits d’un tel projet sont évidents. Teck Resources promet l’emploi d'un nombre allant jusqu’à 7000 personnes pendant la phase de construction et de 2500 pendant la phase d’activité.

La mine aurait une espérance de vie de 41 ans.

Pendant cette durée d’activité, la province recevrait 55 milliards de dollars en redevances, le gouvernement fédéral empocherait 12 milliards en impôts et la Municipalité de Wood Buffalo gagnerait 3,6 milliards de dollars.

Frontier a un potentiel économique énorme pour Fort McMurray et la région.

Doug Brown, Teck Resources

Étant donné la durée de vie du projet, Teck Resources ne s’inquiète pas de l’incertitude actuelle entourant la construction de pipeline.

L’entreprise se flatte aussi d’avoir obtenu le plus grand nombre de partenariats avec des Premières Nations depuis le début de ses consultations, il y a 10 ans. À la date de l’ouverture des audiences, 13 accords ont été signés, et les négociations continuent avec d’autres communautés.

La goutte d’eau qui pourrait faire déborder le vase?

Les objections environnementales et culturelles demeurent cependant. Le projet de 292 kilomètres carrés est situé dans une zone utilisée pour les droits ancestraux de chasse et de pêche des Premières Nations.

Obtenir l’accord d’une douzaine de communautés n'empêche pas les objections des autres, souligne Bronwen Tucker, du Conseil des Canadiens qui participe aux audiences.

Le projet est aussi à une trentaine de kilomètres du parc national Wood Buffalo, un écosystème classé patrimoine de l’UNESCO, mais menacé.

Le parc national Wood BuffaloAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le parc national Wood Buffalo est classé site du patrimoine mondial de l'Unesco.

Photo : Parcs Canada

Le projet empiéterait également sur les terres du troupeau de bisons Ronald Lake, déjà en déclin.

La mine produirait les mêmes émissions de gaz à effet de serre que 10 millions de voitures.

Bronwen Tucker, organisatrice pour les Prairies au Conseil des Canadiens

La responsabilité de ces fragilités environnementales n’incombe cependant pas à l’entreprise, affirme la Première Nation crie de Mikisew. Celle-ci souhaite que les gouvernements fédéral et provincial évaluent les effets cumulatifs des sites d’exploitation des sables bitumineux.

Parmi les demandes de la communauté figure la mise en place d’une zone tampon entre le projet minier et le parc national Wood Buffalo pour s’assurer que l’habitat de nombreuses espèces et les niveaux des cours d’eau soient préservés.

Il est temps que les gouvernements intensifient leurs efforts.

Melody Lepine, porte-parole de la Première Nation crie de Mikisew

Les audiences doivent durer jusqu’au 24 octobre.

Avec des informations de David Thurton

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Alberta

Métaux et minerais