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  • De la négation aux aveux : la saga de Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul

    L'animateur Bernard Derome annonce la disqualification de Ben Johnson au Téléjournal avec une photo du coureur en amorce.

    Le monde du sport est bouleversé lorsque Ben Johnson est disqualifié des Jeux olympiques de Séoul le 26 septembre 1988.

    Photo : Radio-Canada / Reportage au Téléjournal du 26 septembre 1988

    Radio-Canada

    Le 26 septembre 1988, le sprinter canadien Ben Johnson est déclaré positif pour usage de stéroïdes aux Jeux olympiques de Séoul. Le choc de la nouvelle se répand à travers le monde. L'athlète est disqualifié, deux jours après avoir établi une nouvelle marque mondiale lors de la finale du 100 mètres. Retour en archives sur cette saga qui a bouleversé le monde du sport.

    Une nouvelle bouleversante

    Lorsque Ben Johnson arrive à Séoul, il est perçu comme un héros national. L'athlète canadien est devenu champion du monde l’année précédente et entend bien arriver au sommet du podium olympique.

    Ce qu’il accomplit haut la main, en battant son propre record mondial à l'épreuve du 100 mètres avec un temps de 9,79 secondes.

    L’athlète canadien est encensé, mais la victoire est éphémère.

    Un test de dépistage se révèle positif. On découvre des traces de stanozolol, un stéroïde anabolisant, dans son urine. La chute du héros sera longue et ardue.

    Ben Johnson, jusqu’alors la grande vedette des Olympiques, est banni des Jeux de Séoul. Sa médaille d’or pour la course de 100 mètres lui est retirée, et son record est annulé. De plus, les membres du Comité international olympique (CIO) l'écartent de la compétition pour deux ans.

    Chez les athlètes canadiens dans le village olympique, c’était la consternation alors que les journalistes leur apprenaient la nouvelle au réveil.

    Raymond Saint-Pierre

    Au Téléjournal du 26 septembre 1988, le journaliste Raymond Saint-Pierre, sur place en Corée du Sud, témoigne de l’onde de choc de la nouvelle. Les répercussions se ressentent non seulement au village olympique, mais également au Canada et partout dans le monde.

    Téléjournal, 26 septembre 1988

    Ben Johnson est désavoué. Pour plusieurs athlètes, la disqualification est perçue comme une honte.

    On accuse le coureur d’avoir entaché l’esprit des Jeux olympiques et d’avoir placé le Canada dans l’embarras sur la scène sportive mondiale.

    Pourtant, sa famille et ses partisans continuent d’espérer qu’il s’agit d’une erreur. Il est difficile de concevoir que l’enfant chéri de l’athlétisme a usé de stéroïdes pour parvenir au sommet de la discipline.

    Dans les semaines qui suivent la disqualification, une fois la poussière retombée, l’opinion semble toutefois s’apaiser.

    Dans les rues de Montréal, au bulletin de nouvelles Montréal ce soir du 4 octobre 1988, on s’interroge sur la possibilité d’un retour de Ben Johnson à l’athlétisme.

    Et la majorité des gens interrogés semblent être en faveur de la réhabilitation de l’athlète qui a été « victime d’un système ».

    Montréal ce soir, 4 octobre 1988

    Ce sentiment favorable ne se répercute pourtant pas sur les hautes sphères du sport canadien. L’affaire Johnson ouvre un long processus de remise en question et d’évaluation du dopage dans les sports.

    La Commission Dubin et le dopage

    Dès l’annonce du résultat positif, Ben Johnson nie tout. Mais la lumière doit être faite sur le scandale de Séoul.

    L’affaire tombe entre les mains du gouvernement fédéral. Jean Charest, alors ministre des Sciences et des Sports, met sur pied une commission d'enquête qui vise à enrayer le fléau du dopage dans le sport.

    La lourde charge est confiée au juge Charles Dubin. Pendant plusieurs mois, il entend des témoignages-chocs d'athlètes, qui avouent avoir consommé des stéroïdes. Parmi les témoignages, Charlie Francis, l'entraîneur de Ben Johnson, admet devant la Commission que son protégé prenait des substances interdites depuis 1981.

    Le 13 juin 1989, c’est au tour du principal intéressé de comparaître à la Commission Dubin. En présence des membres de sa famille, il admet s’être dopé et offre ses excuses aux Canadiens.

    Le journaliste Claude Gervais à Toronto résume le témoignage de l’athlète au Téléjournal du 13 juin 1989.

    Téléjournal, 13 juin 1989

    Le juge Charles Dubin remet son rapport en 1990 et présente 70 recommandations. Il conclut que les politiques et procédures en matière de dépistage dans les sports sont insuffisantes.

    Il refuse d’exonérer Ben Johnson, mais admet qu'une part du blâme revient à son entraîneur et à son médecin.

    L’affaire Johnson et la Commission Dubin amènent le Canada à devenir un leader mondial dans la lutte contre le dopage dans le sport amateur.

    L'Organisme antidopage canadien est créé en 1991.

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