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Les travailleuses du sexe invitées à photographier leur vie pour une étude à T.-N.-L.

Marche pour la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux travailleurs du sexe le 17 décembre 2016 à Vancouver.
Le parapluie rouge, symbole des droits des travailleuses du sexe, lors d'une marche à Vancouver en 2016 Photo: La Presse canadienne / DARRYL DYCK
Radio-Canada

À Terre-Neuve-et-Labrador, un projet de recherche veut donner l'occasion aux travailleuses du sexe de montrer, photos à l'appui, ce qu'est leur réalité et comment elles sont perçues par la société et par leur communauté.

Dans le cadre de cette étude, des caméras seront remises aux travailleuses du sexe de Terre-Neuve qui désirent participer. Celles-ci seront invitées à documenter leurs expériences. Le projet est baptisé POST, pour Photographing Our Stories Together, ou « Photographier nos histoires ensemble », en français.

Les participantes demeureront complètement anonymes. L’idée n’est pas d’en faire les sujets de ces photographies, mais plutôt de faire connaître leur environnement et les conditions dans lesquelles elles travaillent.

La confidentialité est un élément central de cette étude, insiste Janice Kennedy, la directrice du Centre des femmes de Baie St. George, qui, avec les autres centres qu’a cet organisme à Saint-Jean et à Corner Brook, est à la recherche de participantes.

Elles vont documenter ce qu’elles vivent, dit Mme Kennedy. Elles vont utiliser la photographie comme moyen d’immortaliser [des aspects de] leur vie et nous montrer ce à quoi le travail dans cette industrie ressemble, ce qu'est la vie d'une travailleuse du sexe dans sa communauté.

L'étude est dirigée par Kathleen Sitter, de la Faculté de travail social de l'Université de Calgary. Les femmes intéressées à participer doivent avoir travaillé dans l'industrie du sexe pendant au moins six mois dans les environs de Corner Brook, de Stephenville ou de Saint-Jean.

Elles pourront raconter leurs histoires de la façon dont elles veulent qu'elles soient racontées.

Janice Kennedy, Centre des femmes de Baie St. George

Ce n'est pas la totalité du travail du sexe qui est de l'exploitation, ce n'est pas la totalité du travail du sexe qui est du trafic de personnes, explique Janice Kennedy. Ce n'est pas représentatif de l'ensemble du travail du sexe. Nous devons avoir cette conversation ouvertement.

Janice Kennedy devant les locaux de Radio-Canada.Janice Kennedy, la directrice du Centre des femmes de Baie St. George. Photo : Radio-Canada / CBC/Brian McHugh

Le travail du sexe méconnu en milieu rural

L’étude espère aussi jeter sur la réalité du travail du sexe en milieu rural un éclairage qui, dit Janice Kennedy, sera le bienvenu. Peu de travaux universitaires y ont en effet été consacrés. C'est réellement la première étude du genre, croit-elle.

Il y a un degré d'anonymat à Saint-Jean qui n'existe pas nécessairement dans les communautés plus petites, explique Mme Kennedy. Le travail du sexe dans les petites communautés est souterrain, mais il existe et s'effectue probablement dans la plupart des communautés à travers la province.

Après la cueillette des photographies, une exposition en ligne sera organisée. Ce sont les participantes elles-mêmes qui choisiront les photos retenues. Les réactions du public à cette exposition fera aussi partie des éléments étudiés par les chercheurs.

Les personnes intéressées à participer à ce projet peuvent contacter l’organisme au 1 833 220-8700, par courriel à photostories18@gmail.com, ou encore par le biais des profils Instagram (Nouvelle fenêtre) et Facebook (Nouvelle fenêtre) mis en ligne. L’organisme s’engage à protéger l'anonymat des participantes.

Janice Kennedy espère que cette activité parviendra à bien saisir la manière dont la communauté traite et perçoit les personnes travailleuses du sexe. De cette façon, à la fin de l'étude, nous pourrons recommander des politiques et des services à l'échelle provinciale et, nous l'espérons, nationale, dit-elle.

Avec les informations de CBC

Sexualité

Société