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Des implants sous-cutanés pour repérer vos enfants

Jowan Osterlund de Biohax Suède tient une micropuce identique à celles qui ont été implantées dans le corps d’employés d’Epicenter.

Une micropuce de l'entreprise Biohax, en Suède, semblable aux implants sous-cutanés de l'entreprise Three Square Market

Photo : Associated Press / James Brooks

Radio-Canada

Jusqu'où iriez-vous pour vous assurer que vos enfants sont en sécurité? L'entreprise américaine Three Square Market fait le pari que des parents seraient prêts à injecter un implant sous-cutané à leurs enfants pour pouvoir les repérer en tout temps. Cette initiative soulève toutefois des questions éthiques.

Les implants en question sont à peine plus gros qu’un grain de riz et sont destinés à être insérés sous la peau de la main, entre le pouce et l’index. Ils fonctionnent à l’aide de la communication en champ proche (CCP), la même technologie utilisée pour le paiement sans contact au moyen du crédit. Cela permet à leurs porteurs d’interagir avec des lecteurs d’un simple geste de la main.

L’idée de Three Square Market est de se servir de cette technologie pour garantir la sécurité des enfants en se servant du lecteur de signal CCP installé dans la plupart des téléphones modernes.

Suivez votre enfant à la trace

Une application appelée MomIAmOk (Nouvelle fenêtre) (« maman, je vais bien » en anglais), utilisée conjointement par les parents et leurs enfants, enverrait des notifications aux enfants à des moments qu’ils ont déterminés ensemble. Les enfants devraient ensuite utiliser leur implant sous-cutané pour signifier qu’ils sont en sécurité. Comme chaque implant transmet un signal différent, il permettrait de garantir que c’est bel et bien l’enfant qui répond.

Dans le cas où un enfant omettrait de répondre, sa position géographique serait transmise aux parents ou même aux policiers. Sa position serait aussi envoyée aux parents s’il sortait d’une zone prédéterminée (un quartier, une ville, etc.).

Le système a toutefois un défaut important : si l’enfant perd son téléphone, ou si la pile de l’appareil est vide, le signal GPS devient inutile. En effet, les implants ne sont pas équipés d’un récepteur GPS et dépendent d’un téléphone pour pouvoir indiquer une position géographique.

Inspiré des ex-détenus

Le président de Three Square Market, Patrick McMullen, a dit au Washington Post (Nouvelle fenêtre) avoir été inspiré des systèmes de surveillance des ex-détenus en libération conditionnelle. Ceux-ci doivent parfois porter des implants semblables, moins chers que les bracelets électroniques utilisés pour les mêmes raisons.

L’application MomIAmOk sera offerte pour 9 $ par mois à son lancement, indique M. McMullen.

Une zone grise en matière de justice

Malgré les bienfaits potentiels d’une telle technologie, des experts préviennent tout de même des conséquences néfastes qu’elle pourrait avoir. Les implants sous-cutanés pourraient notamment servir à amasser des preuves sur les déplacements d’une personne en vue d’un procès criminel.

« Dès que [l’application MomIAmOk] permettra aux policiers d’amasser des preuves contre un individu, je suis certaine qu’elle sera contestée devant un tribunal », a indiqué au Washington Post Maria Haberfeld, professeure de sciences policières au John Jay College of Criminal Justice de New York. « Je suis persuadée qu’à un certain moment, [les policiers] devront avoir un mandat pour utiliser ces données pour constituer une preuve. »

Des questions de sécurité et de santé en suspens

Les puces électroniques mises en marché par des entreprises comme Three Square Market soulèvent également des questions de sécurité. Certains craignent que les implants puissent être piratés (Nouvelle fenêtre) et utilisés par d’autres personnes. D’autres redoutent que cette technologie devienne obligatoire dans les milieux de travail (Nouvelle fenêtre) pour mieux sécuriser les entrées et les accès aux ordinateurs, mais qu’elle serve aussi à repérer les employés en tout temps.

La présence d’implants dans le corps de patients cause aussi des inquiétudes dans la communauté scientifique, car ils pourraient présenter des risques pour la santé lors de l’utilisation d’un défibrillateur cardiaque (Nouvelle fenêtre). Une étude (Nouvelle fenêtre) publiée dans le journal médical Magnetic Resonance Imaging a démontré que de précédentes inquiétudes quant à la sécurité des examens d’imagerie par résonance magnétique en présence d’une puce sont non fondées.

Three Square Market avait fait les manchettes en juillet 2017 parce qu’elle comptait organiser une séance d’implantation gratuite de puces auprès de ses employés. Jusqu'à 41 d’entre eux s’étaient portés volontaires. L’objectif de l’entreprise était d’encourager ses employés à tester les implants pour pouvoir les améliorer.

Avec les informations de The Washington Post, et The Atlantic

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