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Spectacle historique du Cirque du Soleil en Arabie saoudite

Plusieurs dizaines d'artistes du Cirque du Soleil se produisent sur scène.
Plus de 80 artistes sont montés sur scène, dimanche. Photo: AFP / FAYEZ NURELDINE
Agence France-Presse

Le Cirque du Soleil s'est produit pour la première fois dimanche en Arabie saoudite avec un spectacle éblouissant, et ce, en dépit d'une sévère crise diplomatique entre Ottawa et Riyad.

La compagnie canadienne s'est rendue dans la capitale du royaume à l'occasion de la fête nationale saoudienne, à peine plus d'un mois après l'expulsion de l'ambassadeur du Canada par la monarchie du Golfe et un gel des relations commerciales entre eux.

Glissant à la corde raide, se balançant ou s'enroulant, les artistes costumés, acrobates chevronnés, se sont produits dans le stade international du Roi-Fahd bondé, réalisant à cette occasion l'une des plus grandes démonstrations du Cirque du Soleil en une seule soirée.

Plus de 80 artistes sont montés sur scène, habillés pour l'occasion de 250 costumes taillés sur mesure et respectant les traditions du royaume ultraconservateur, avait indiqué le Cirque du Soleil. Le passage de la compagnie en Arabie saoudite a eu lieu quelques mois après celui, remarqué, du Cirque Éloize.

Une artiste du Cirque du Soleil traverse la scène en faisant avancer une grande roue. Les artistes du Cirque du Soleil, dont des femmes, se sont produits en Arabie saoudite pour la première fois. Photo : AFP / FAYEZ NURELDINE

L'annonce du spectacle avait été faite à Los Angeles en avril lors de la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane aux États-Unis.

Une crise de plusieurs mois

Les tensions diplomatiques qui ont suivi en août avaient toutefois jeté un doute sur le maintien du spectacle.

La dispute avec Ottawa avait éclaté le 5 août, après un tweet de l'ambassade canadienne demandant la « libération immédiate » de militantes des droits de l'homme récemment arrêtées. Le message a été qualifié de « grosse erreur » par le chef de la diplomatie saoudienne Adel al-Jubeir.

Le Canada a affirmé qu'il ne céderait pas aux pressions saoudiennes, réitérant son soutien à la cause des droits de l'homme, même si les diplomates ont assuré que des négociations se poursuivaient à haut niveau entre les deux pays.

Le royaume avait sommé les étudiants saoudiens de quitter le Canada d'ici la fin du mois d'août, avant de repousser au 22 septembre l'échéance pour un millier d'étudiants en médecine, le temps pour eux de terminer leur formation.

La crise diplomatique illustre comment le royaume a de plus en plus recours à l'arme économique pour étouffer toute critique étrangère de ses affaires intérieures.

Célébrations dans tout le pays

La fête nationale saoudienne a été célébrée dimanche dans le reste du royaume avec force concerts et danses folkloriques, tandis que quelque 990 000 feux d'artifice devaient être déployés dans 20 villes, rapporte le ministère de l'Information.

À Riyad, les bâtiments emblématiques étaient illuminés d'une lumière verte alors que les haut-parleurs diffusaient des chants patriotiques et que les rues étaient sillonnées de véhicules se déplaçant drapeau national au vent.

Le royaume ultraconservateur a commencé à assouplir sa stricte réglementation des loisirs, autorisant l'ouverture de salles de cinéma ou de concerts mixtes, au risque de mécontenter son aile dure.

En février, les autorités ont annoncé que plus de 5000 festivals et concerts se tiendraient en 2018 – le double de l'an dernier – et que 64 milliards de dollars seraient investis dans le secteur au cours des 10 prochaines années.

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