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Pékin fustige les méthodes de « voyou » employées par Washington

Un navire transportant des marchandises provenant de la Chine est amarré dans le port de Los Angeles.

Pékin a accusé les États-Unis d'intimider les autres pays afin de les soumettre à leur volonté.

Photo : Reuters / Lucy Nicholson

Reuters

La Chine est disposée à aplanir ses divergences commerciales avec les États-Unis, mais elle déplore les « méthodes de voyou » employées par Washington, a-t-elle déclaré lundi à l'entrée en vigueur de nouvelles taxes douanières américaines.

Pékin a annoncé mardi dernier l'instauration à compter de lundi de nouveaux droits de douane sur 60 milliards de dollars d'importations américaines, en réponse à la décision de Donald Trump de taxer à cette date 200 milliards de dollars d'importations chinoises.

Le gouvernement chinois a présenté sa décision comme une « réponse forcée à l'unilatéralisme et au protectionnisme des États-Unis ». La Chine a prévenu qu'elle relèverait ses tarifs douaniers si Washington faisait de même.

Dans la foulée de l'instauration de ces mesures, Pékin a accusé les États-Unis de s'être engagés sur la voie du « harcèlement commercial » et d'intimider les autres pays afin de les soumettre à leur volonté.

Ces considérations n'empêchent pas Pékin de souhaiter rouvrir des négociations commerciales avec les États-Unis si ces discussions sont fondées sur le respect mutuel et l'égalité, dit Chine nouvelle en s'appuyant sur le livre blanc publié par le Conseil d'État.

Selon les précisions du ministère chinois des Finances données la semaine dernière, les taxes chinoises instaurées lundi vont de 5 % à 10 %, au lieu des taux de 5 % à 25 % initialement envisagés, et s'appliquent comme prévu à 5207 produits américains importés.

Côté américain, les nouveaux droits de douane décidés par la présidence Trump s'élèveront dans un premier temps à 10 % pour ensuite monter à 25 % d'ici à la fin de l'année, ce qui devrait laisser aux sociétés américaines qui s'approvisionnent en Chine le temps de chercher des options.

Escalade des tensions depuis juillet

Le président américain avait prévenu qu'en cas de riposte de la Chine, il passerait à « la phase trois » et taxerait 267 milliards de dollars d'importations chinoises supplémentaires.

Des droits de douane seraient alors prélevés sur la totalité des importations chinoises. Le président américain avait déjà évoqué début septembre ce chiffre de 267 milliards de dollars.

Depuis début juillet, les États-Unis ont imposé en deux étapes des droits de 25 % sur 50 milliards de dollars de produits chinois pour contraindre Pékin à modifier radicalement sa politique en matière de commerce, de transferts de technologie et de subventions aux industries de haute technologie. La Chine avait déjà riposté en taxant le même montant d'importations américaines.

Alors qu'un responsable de la Maison-Blanche se montrait vendredi optimiste quant à une sortie de conflit avec la Chine, précisant toutefois qu'aucune date de reprise des négociations n'avait été fixée, le Wall Street Journal rapportait que le gouvernement chinois avait annulé la nouvelle série de négociations prévue prochainement avec Washington.

Le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping se rencontrent au sommet du G20 à Hambourg, en Allemagne.

Le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping se rencontrent au sommet du G20 à Hambourg, en Allemagne.

Photo : Reuters

« Une image de faiblesse »

Dans une note adressée à ses clients, le chef économiste d'ING pour l'Asie Rob Carnell juge que si les États-Unis ne font pas un pas vers la Chine, il est peu probable que les autorités de Pékin acceptent d'ouvrir de nouvelles négociations.

« Cela donnerait une image de faiblesse aux États-Unis et en Chine », dit-il tout en estimant que les mesures chinoises de soutien à son économie suffiront dans l'immédiat pour limiter les effets des droits de douane américains.

La fin de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n'est pas pour demain.

Rob Carnell, chef économiste d’ING pour l’Asie

Selon Rob Carnell, les autorités chinoises attendent peut-être de connaître le résultat des élections de mi-mandat aux États-Unis en espérant qu'une issue favorable au camp démocrate permette d'apaiser les relations entre les deux premières puissances économiques mondiales.

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