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Malgré des feux records, la protection des forêts reste « loin d’être suffisante »

Un pompier, seul, arrose un immense brasier composé d'arbres.

La lutte aux incendies de forêt en Colombie-Britannique a englouti un milliard de dollars en 2017 et 2018.

Photo : BC Wildfire

Radio-Canada

Malgré les réinvestissements en protection des forêts des deux dernières années en Colombie-Britannique, les efforts déployés pour éviter d'autres saisons records d'incendies dévastateurs restent insuffisants, selon le Conseil des pratiques forestières.

Même si Victoria affiche une volonté d’agir, le conseil souligne que les efforts actuels n’auront que peu d’effet en 2019.

La rare violence avec laquelle les forêts de la province se sont consumées en 2017 et en 2018 aura cependant mis un terme à 15 années d’inaction politique.

Une décennie d’investissements

« Il est clair qu’on n’en fait pas encore assez », soutient le président de l’organisme, Kevin Kriese. Selon lui, même si la province investissait massivement, « ça prendrait une ou deux décennies pour remonter la pente ».

Cette pente est d’autant plus abrupte que d’ici à ce que ses forêts soient en assez bonne santé pour mieux résister au feu, la Colombie-Britannique aura le temps de connaître bien d’autres saisons à l’instar des étés 2017 et 2018.

Deux années de misère

Au cours des deux derniers étés, la Colombie-Britannique a vu partir en fumée près de 25 000 kilomètres carrés de forêts, soit plus que dans tout le précédent quart de siècle.

Durant cette période, 1 milliard de dollars a été investi pour combattre le fléau, mais très peu d’argent a été consacré à la prévention.

Prévention déficiente

Si les chiffres de 2017 et 2018 impressionnent, la disparité entre le prix de la lutte aux incendies et les sommes consacrées à la prévention est vertigineuse.

Entre 2005 et 2015, la province consacrait en moyenne 200 millions de dollars par année pour combattre les feux de forêt, alors qu’elle n’investissait que 6 millions de dollars en amont, selon le Conseil des pratiques forestières.

Malgré les recommandations

Ce n’est pourtant pas la première fois que des recommandations d’assainissement des forêts en vue d’éviter les feux sont faites à la province.

Après les incendies de 2003, où 239 maisons des environs de Kelowna sont parties en fumée, l’ancien premier ministre manitobain Gary Filmon avait rédigé un rapport dans lequel il enjoignait la province limiter la propagation des feux en supprimant le combustible potentiel.

Une dame est assise face à une cour et des maisons avec, en arrière-plan, les lueurs d'un incendie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une résidente de Kelowna regarde les flammes s'approcher de la ville à la fin de l'été 2003. Plus de 2400 incendies ont ravagé les forêts de la province cet été-là.

Photo : La Presse canadienne / Richard Lam

Pour ce faire, il faut entre autres enlever le bois mort et les débris au sol, effectuer une coupe sélective et émonder certains arbres pour éviter une propagation des flammes au sol ou dans les airs.

Il existe deux moyens d’y arriver. Soit à la scie et à la sueur pour environ 10 000 $ par hectare, selon les estimations de 2015, soit par brûlage contrôlé.

Volonté politique

Les deux dernières années ont toutefois été marquées par une plus grande implication du gouvernement provincial.

Des investissements ont été faits pour améliorer la prévention et des programmes ont été démarrés en collaboration avec les Premières Nations.

Si la guerre contre le feu n’est toujours pas gagnée, Kevin Kriese accueille positivement ce changement de paradigme.

« Je ne qualifierai jamais la dernière année de bénédiction, parce qu’elle a été très difficile pour les gens concernés, mais en matière d’engagement, deux saisons record nous font réaliser qu’il ne s’agit plus d’exceptions », soutient-il.

Selon lui, ce qui était jadis anormal pourrait bien devenir habituel à cause des changements climatiques.

Avec les informations de Bethany Lindsay

Colombie-Britannique et Yukon

Feux de forêt