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L’administration Trump veut réduire l’accès à la carte verte pour les immigrants les plus pauvres

Des Mexicains escaladent une barrière qui sépare le Mexique et les États-Unis en avril 2018.

La frontière entre les États-Unis et le Mexique est de plus en plus militarisée; pourtant, le nombre de migrants qui tentent de la franchir est à la baisse.

Photo : Reuters / Edgard Garrido

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'administration Trump propose un plan pour éviter que les immigrants deviennent un « fardeau » pour les Américains en limitant l'accès à la carte verte pour ceux qui profitent des avantages sociaux pourvus par l'État, tels que l'aide alimentaire et l'aide au logement.

Cette mesure, publiée samedi sur le site Internet du département de la Sécurité intérieure, pourrait forcer des millions d’immigrés pauvres qui dépendent de l’aide publique à choisir entre renoncer aux avantages auxquels ils pourraient être admissibles ou obtenir une carte verte pour vivre et travailler légalement aux États-Unis.

Les immigrants âgés, dont beaucoup ont accès à des médicaments sur ordonnance à faible coût, pourraient également être contraints de cesser de participer au programme d'avantages sociaux afin de ne pas être considérés comme un fardeau pour les contribuables.

Favoriser l'immigration des plus nantis

La proposition, qui n'aura pas besoin d'être approuvée par le Congrès, devrait toucher 382 000 personnes par an.

La Sécurité intérieure rappelle sur son site Internet que l'idée de « charge publique » appliquée au processus d'admission des immigrants remonte à la loi sur l'immigration de 1882.

« Ceux qui cherchent à immigrer aux États-Unis doivent montrer qu'ils peuvent subvenir à leurs besoins financiers », a précisé la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen.

« Cette proposition de règlement mettra en œuvre une loi adoptée par le Congrès qui vise à promouvoir l'autosuffisance des immigrés et à veiller à ce qu'ils ne risquent pas de devenir un fardeau pour les contribuables américains. »

— Une citation de  Kirstjen Nielsen, secrétaire à la Sécurité intérieure
Kirstjen Nielsen.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kirstjen Nielsen a rappelé que ceux qui cherchent à immigrer aux États-Unis doivent montrer qu'ils peuvent subvenir à leurs besoins financiers.

Photo : Reuters / Leah Millis

Désormais, la nouvelle réglementation exigera que les responsables de l’immigration considèrent que la perception des avantages sociaux est un « facteur négatif qui pèse lourd » pour ceux qui demandent à rester légalement dans le pays.

Ceux qui sont susceptibles de devenir dépendants de l'aide du gouvernement seront probablement refusés.

La règle touchera ainsi les personnes cherchant à immigrer de façon permanente aux États-Unis et celles qui détiennent un visa temporaire, mais qui cherchent à rester à long terme, y compris des étudiants et des travailleurs.

On pourrait demander aux immigrés, dans des cas limités, de prouver qu’ils ont une réserve de fonds d’au moins 10 000 $.

Une femme dans une manifestation, tient une pancarte qui représente une carte verte américaine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une femme tient une carte verte géante lors d'une manifestation à Hollywood.

Photo : Reuters / Lucy Nicholson

Le projet de 447 pages, intitulé Inadmissibility on Public Charge Grounds, ne s’appliquera pas aux familles dont le revenu est en deçà de 15 % du seuil minimum de pauvreté.

Certaines personnes souffrant de maladies mentales ou cardiaques, ainsi que de cancer, seront aussi considérées comme des poids potentiels pour la société, surtout si elles sont incapables de prouver qu'elles détiennent une assurance maladie privée.

La proposition de réforme déjà vivement critiquée

Les organismes de défense des immigrants n'ont pas tardé à réagir à cette annonce.

« L'annonce faite aujourd'hui par l'administration Trump vise à réduire considérablement l'immigration légale. Si elle est mise en œuvre, elle nuira à l'ensemble du pays », a déclaré à CNN Todd Schulte, président de Moving America Forward, une organisation de défense des immigrants.

« Il s’agit d’une autre tentative sournoise pour réduire l’immigration légale, ce qui finit par nuire à nos communautés et à notre pays », ajoute-t-il.

Marielena Hincapié, directrice exécutive du Centre national du droit de l’immigration, a publié samedi une déclaration critiquant la mesure proposée.

« La manière dont vous contribuez à la communauté - et non le contenu de votre portefeuille - devrait être ce qui compte le plus. Cette règle proposée fait le contraire et indique clairement que l'administration Trump continue de dire que seuls les plus riches peuvent se permettre de se construire un avenir dans ce pays. »

— Une citation de  Marielena Hincapié, directrice exécutive du Centre national du droit de l’immigration

L’administration Trump travaille sur cette nouvelle mesure depuis des mois. Elle a été fortement encouragée par le conseiller de la Maison-Blanche, Stephen Miller, d’après CNN.

Le projet a toutefois subi de nombreuses révisions, ont indiqué plusieurs sources à CNN.

Stephen MillerAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le projet de l'administration Trump a été fortement encouragée par le conseiller de la Maison-Blanche Stephen Miller.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Une fois que la règle sera officiellement publiée, une période de consultations publiques sera organisée pour permettre aux Américains et aux groupes d’intérêt de soumettre leurs commentaires.

Les groupes de défense pourraient contester la règle devant les tribunaux.

Avec les informations de New York Times, et CNN

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