•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tornade d'une rare intensité à Ottawa et à Gatineau : « On dirait qu'une bombe a été larguée »

Une tornade dévastatrice en Outaouais
Radio-Canada

Plus de 24 heures après le passage d'une tornade de force 3 et d'une autre de force 2 à Ottawa et à Gatineau, l'heure est au bilan des dégâts ainsi qu'aux gestes de solidarité. Chose certaine, les prochaines semaines s'annoncent difficiles dans les secteurs touchés.

Environnement Canada a confirmé, samedi soir, que la tornade qui a frappé une partie d'Ottawa avant de se diriger vers Gatineau avait une force de 3 sur l'échelle de Fujita améliorée (EF). Les vents, qui ont atteint jusqu'à 265 km/h, ont sérieusement endommagé de nombreuses maisons.

« C’est sûr que EF3, si on parle du Québec et de l’Ontario, c’est rare. En général, au Québec, on a 6-7 tornades de force EF0 ou EF1, mais une force 3, c’est toujours rare », précise Samir Al-Alwani, météorologue au ministère Environnement et Changement climatique Canada. La dernière tornade d’une telle ampleur à avoir frappé la région a eu lieu le 4 août 1994, à Aylmer, explique l'expert.

Après avoir évoqué le fait que la tornade pourrait avoir été de force 2, le Ministère a revu son évaluation à la hausse en raison des dommages causés ainsi que de la trajectoire qu’elle a empruntée.

« On a commencé à voir des murs complètement détruits. Il y avait des dommages importants aux édifices publics, des voitures soulevées », explique M. Al-Alwani.

Une autre tornade, celle-ci classée de force EF2, a frappé le quartier d’Arlington Woods, à Ottawa, avec des vents de près de 220 km/h.

Une partie du toit d'une maison a été arraché par la force des vents et se trouve maintenant au sol, dans l'entrée de la demeure. Une maison a été lourdement endommagée à Dunrobin, à l'ouest de la ville d'Ottawa. Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La tornade a particulièrement touché les secteurs de Dunrobin, petite communauté dans l'ouest d’Ottawa, et de Mont-Bleu, à Gatineau. Des dégâts ont également été rapportés dans le sud d'Ottawa, notamment dans le secteur Hunt Club-Riverside. Malgré la violence des vents et l'ampleur des dommages, qui laissaient présager le pire, les autorités ne déplorent aucun mort.

Interrogé sur la raison pour laquelle deux tornades ont pu frapper aussi violemment Ottawa et Gatineau, Gerald Cheng, météorologiste à Environnement Canada, croit qu’il s’agit d’un « pur hasard ».

« Des tornades peuvent survenir en Ontario, convient-il. Mais il est rare d’en voir au mois de septembre. »

Les réseaux électriques ont été particulièrement endommagés par les vents : 88 000 clients d’Hydro Ottawa étaient toujours privés de courant, dimanche matin, de même qu'environ 9000 clients d’Hydro-Québec, de l'autre côté de la rivière des Outaouais.

Une solidarité « importante  »

« C'est l'un des deux ou trois événements les plus traumatisants [de l'histoire] de notre ville, a déclaré le maire d'Ottawa, Jim Watson, samedi. Je n'ai jamais vécu une telle expérience de toute ma vie à Ottawa. »

« On dirait littéralement qu'une bombe a été larguée, a-t-il poursuivi au sujet de Dunrobin. Les ambulanciers paramédicaux ont fourni un drone, et les images aériennes que j'ai vues ressemblent à quelque chose que vous verriez dans un film ou dans l'allée des tornades en Oklahoma. »

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a quant à lui envoyé ses pensées aux personnes touchées par le passage de la tornade, plus particulièrement aux résidents de Dunrobin. « Merci aux premiers répondants et aux équipes d’Hydro qui ont travaillé sans relâche pour venir en aide [aux sinistrés] », a-t-il tweeté, samedi. Il doit visiter dimanche les régions ontariennes touchées.


Un drone d'Hydro Ottawa survole le secteur de Dunrobin, où la tornade a été particulièrement dévastatrice.


Les chefs des quatre principaux partis du Québec ont de leur côté suspendu leurs activités de campagne électorale pour visiter la zone sinistrée. Philippe Couillard, qui a renfilé son costume de premier ministre pour l'occasion, a annoncé une aide d'urgence de 1 million de dollars.

« Cette solidarité des Québécois, pour moi, elle est importante », a tenu à souligner le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Selon M. Pedneaud-Jobin, au moins 215 bâtiments ont été endommagés ou détruits à Gatineau, pour un total de 1686 logements touchés.

Le maire a indiqué que la catastrophe avait fait près de 700 sinistrés dans sa municipalité. Selon le site Internet de la Ville, déjà 684 personnes se sont inscrites au centre des sinistrés aménagé dans le Cégep de l'Outaouais.

Des sinistrés sous le choc

« Je me suis placé dans une petite chambre et j'ai commencé à voir la tornade s'en venir. J'ai vu beaucoup de débris et j'ai même senti le bloc appartements vibrer », a confié Denis Tessier, un sinistré de la tornade dans le secteur de Mont-Bleu.

« J'ai eu vraiment peur, j'ai empoigné ma petite chienne et je me suis cachée », a raconté sa conjointe.

Une résidente du même secteur, Luclaire Loutanjou, a dû trouver refuge au Cégep de l’Outaouais. Son appartement a été ravagé par le passage de la tornade.

« Je suis toujours sous le choc. J’ai vu [la tornade] faire exploser ma fenêtre. J’ai failli mourir à cause des vents qui se sont engouffrés à l’intérieur de la maison et qui ont manqué de m’emporter », a-t-elle confié à CBC.

« J’ai vu des tornades à la télévision ou dans des films américains. Et là je me dis : "Wow, comment cela peut-il arriver au Canada?" »

Un homme qui ramasse des débris dans sa cour, dans le secteur Mont-Bleu. Le nettoyage sera long dans le secteur Mont-Bleu, à Gatineau. Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Si certains résidents peinent à se remettre de leurs émotions, d’autres en sont à constater l’ampleur des dégâts. La tornade a frappé en plein coeur de ce secteur particulièrement pauvre de Gatineau.

« Ce sont des gens qui ne sont pas au sommet de l'échelle économique, c'est comme si le sort s'acharnait sur eux deux fois », a souligné Philippe Couillard lors d'un point de presse à Mont-Bleu, samedi.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a quant à elle insisté sur le fait que les groupes de soutien et communautaires devaient obtenir toute l'aide nécessaire au bon fonctionnement de leurs activités.

L’attention portée par les chefs aux Gatinois n’a toutefois pas semblé impressionner Ubald Alie, un citoyen de la ville. « C’est profiter de la misère du monde! », s’est-il exclamé, ajoutant que les chefs « prennent de la place » et qu’ils « sont dans le chemin plus qu’autre chose ».

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

Incidents et catastrophes naturelles

Environnement