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À l'instar de la Chine, le Canada doit investir davantage à l'étranger, avance l'ambassadeur canadien à l'ONU

Le soir, un drapeau du Canada et un drapeau de la Chine flottent côte à côte sur un lampadaire allumé.
L'ambassadeur du Canada à l'ONU estime que la Chine a une longueur d'avance sur le reste du monde en ce qui a trait à ses investissements dans le monde en développement. Photo: Getty Images / Lintao Zhang
Radio-Canada

Si le milieu des affaires canadien n'investit pas davantage dans les pays en développement, l'influence de la Chine et de ses firmes appuyées par l'État est appelée à grandir, avertit Marc-André Blanchard, ambassadeur du Canada à l'ONU.

« Il y a [dans les pays en développement] des occasions d’affaires énormes pour le Canada », croit M. Blanchard, qui a exprimé son opinion sur les ondes de CBC, samedi. « Nous devons simplement changer notre façon d’aborder le risque », explique-t-il.

L'ambassadeur rappelle que la Chine bénéficie actuellement d’une longueur d’avance dans le domaine des investissements dans les pays en développement.

« La Chine fait les choses différemment. Le gouvernement contrôle le capital. Ils ont investi 120 milliards dans les six ou sept dernières années en Afrique. Ils sont sur place, ils bâtissent de l’infrastructure. Ils le font à leur manière, avec leurs propres principes – ce qui est complètement différent de la façon de faire du Canada. »

Cette rare prise de position de l'ambassadeur intervient alors que son patron, Justin Trudeau, va s’adresser lundi aux leaders du monde, à New York, lors de la 73 e assemblée générale des Nations unies.

Cette allocution de M. Trudeau survient au moment où le Canada souhaite asseoir son influence géopolitique en tentant d’obtenir un siège temporaire au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le premier ministre entend notamment encourager les entreprises canadiennes à augmenter leurs engagements à l’étranger.

«  Proposer une alternative  »

Marc-André Blanchard croit que la création de partenariats avec la Chine peut être une option « lorsque c’est pour le bien des intérêts du Canada », mais il ajoute qu’il est impératif que le pays se lance dans des projets qui lui sont propres.

« Nous devons proposer une alternative parce que nous pouvons faire les choses différemment et peut-être d’une façon plus convenable pour nos partenaires. »

Devant l'assemblée de l'ONU, le premier ministre va défendre l’idée de partenariats entre son gouvernement et des entreprises du secteur privé, avance l'ambassadeur. Des partenariats qui auraient du sens autant pour des raisons commerciales qu’humanitaires, précise-t-il.

« Nous devons réfléchir à comment nous pouvons contribuer à rendre le monde plus sécuritaire, mais aussi, à comment nous pouvons créer des occasions pour le secteur des affaires du Canada », dit M. Blanchard.

Le Canada et le Conseil de sécurité

La campagne canadienne pour l’obtention d’un siège au Conseil de sécurité de l’ONU, en 2021, n'est pas étrangère à ce désir d'Ottawa d'accentuer la pertinence mondiale du Canada.

« Tout le monde veut être à cette table. Tous les conflits du monde y sont discutés », lance l'ambassadeur à propos de ce siège convoité par le Canada.

C’est un endroit où le Canada peut faire une différence. Ça va rendre le Canada plus pertinent globalement, et quand nous serons plus pertinents, les Canadiens auront plus d’opportunités.

Marc-André Blanchard

Le pays a fait partie du Conseil de sécurité six fois, dont la dernière remonte à 1999-2000. La compétition pour le siège disponible en 2021 s’annonce rude, puisque l’Irlande et la Norvège, notamment, y aspirent aussi.

Le Conseil de sécurité est formé de cinq États membres permanents – la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine et les États-Unis – et de 10 membres temporaires dont le mandat est de deux ans.

Avec les informations de Katharine Starr, CBC

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