•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ouragan et tornade : quelles sont les différences entre ces deux phénomènes?

Une image prise de l'espace montrant des tourbillons blancs au-dessus d'un océan de la planète Terre.
Une image satellite prise le 11 septembre 2018 montrant l'ouragan Florence dans l'océan Atlantique, suivi des ouragans Isaac et Helene. Photo: Getty Images / Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA)
Ève Christian

Du 1er juin au 30 novembre, c'est la saison des ouragans. Mais un autre phénomène de temps violent s'appelle la tornade, et il se produit à peu près n'importe quand. Deux tornades ont violemment frappé la région de l'Outaouais le 21 septembre. Comment différencier ces deux phénomènes météorologiques?

Les ouragans, typhons ou cyclones désignent le même phénomène, soit une tempête d'origine tropicale, provoquant beaucoup de précipitations et de forts vents tourbillonnants, mais ils ne se produisent pas au même endroit.

Le terme cyclone est le terme générique, moins utilisé que les deux autres.

Lorsqu’il se développe en direction du Pacifique occidental et qu’il balaie le Japon, c'est un typhon. On le nomme ouragan dans l’océan Atlantique ou le nord-est du Pacifique.

Des nuages qui forment un tourbillon sont vus de haut. L'ouragan Florence, le 12 septembre 2018, vu de l'espace. Photo : Getty Images / NASA/ESA

Une tornade est un phénomène différent et souvent confondu avec un ouragan. Ces deux phénomènes météo extrêmes sont des tourbillons atmosphériques violents qui peuvent causer la mort.

Cependant, ils diffèrent autant par la façon dont ils se forment que par leur étendue et leurs effets.

D'une violence extraordinaire, l’ouragan est la tempête la plus destructrice en force et en étendue.

La tornade, elle, est sournoise. Plus petite, mais beaucoup plus dangereuse : elle concentre tant d'énergie en si peu d'espace qu’elle détruit tout sur son passage. Ses dégâts sont toutefois très localisés. La ligne de démarcation entre la zone dévastée et celle qui a été moins touchée est très nette.

La taille et l’origine

Au sol, le diamètre moyen d'une tornade est d'une centaine de mètres, alors qu’un ouragan a un diamètre de l’ordre de plusieurs centaines de kilomètres.

La tornade est créée à partir d’un orage, et il est essentiel que la vitesse ou la direction des vents – ou les deux – change avec l’altitude. En revanche, un ouragan se compose de plusieurs dizaines de tempêtes convectives et, pour qu’il se forme, le cisaillement des vents doit être très faible.

Lieux de naissance

La tornade se forme dans des régions où le gradient de température est important, alors que l'ouragan est généré dans des zones où la différence de températures est quasiment nulle.

La tornade est principalement un phénomène terrestre : la chaleur du soleil réchauffe les terres et contribue au développement de l’orage qui donne naissance au tourbillon.

Une tornade près de Dodge City, au Kansas, en mai 2016.Une tornade près de Dodge City, au Kansas, en mai 2016. Photo : Getty Images / Brian Davidson

Il existe par ailleurs des tornades au-dessus de l’eau : ce sont les trombes marines. Elles sont plus rares et moins violentes : les vents dépassent rarement 80 km/h, et les trombes sont blanches plutôt que sombres, car c’est de l'eau qui est aspirée dans l’entonnoir venteux au lieu de la poussière ou des débris.

Tornades fréquentes au Canada

On retrouve des tornades dans plusieurs pays, mais elles sont plus fréquentes dans le centre de l'Amérique du Nord, à l'est des Rocheuses, plus particulièrement dans les États situés dans le « Tornado Alley », comme l'Oklahoma, le Kansas, le Nebraska, l'Iowa, le nord du Texas, l'est du Colorado et du Dakota du Sud.

Elles surviennent assez fréquemment au Canada, surtout dans le sud de l'Alberta, le Manitoba et la Saskatchewan, le sud de l'Ontario, le sud du Québec, l'intérieur de la Colombie-Britannique et l'ouest du Nouveau-Brunswick.

L'ouragan est au contraire un phénomène purement océanique : son carburant est l’eau chaude des mers. Plus il fait chaud, plus il a d’énergie et plus il s'intensifie. Ce n'est pas pour rien que l'ouragan diminue de force et finit par mourir quand il arrive sur la terre ferme. Il perd sa source d’humidité, donc son alimentation.

Des tornades peuvent se former lors du passage d'un ouragan. En raison du déplacement du système, on les retrouve souvent au nord et à l’est de l’œil, lorsque l’ouragan aborde les côtes des continents.

Quand l'ouragan touche terre, ses vents en surface faiblissent plus vite que ceux en altitude. Cela crée le cisaillement vertical nécessaire au développement de tornades.

La durée de vie et la vitesse des vents

Une tornade dure environ quelques minutes, alors qu’un ouragan peut vivre plusieurs jours.

Les vents d'une tornade peuvent souffler très fort. Pour savoir de quelle intensité est une tornade, il faut que des météorologues aillent sur les lieux du passage de la tornade pour évaluer les dégâts et, à l'aide d'une échelle, associent les dommages à la force du vent.

Un tourbillon de nuage et en avant plan, des habitations.Une tornade à La Mata, une ville espagnole. Photo : Reuters / Social Media

Dans les années 60, on a adopté l'échelle de Fujita pour classifier l'intensité des tornades à partir de la vitesse estimée des vents, puisqu'aucune corrélation expérimentale entre elles et les dégâts n'avait été effectuée.

Les météorologistes, secondés par les ingénieurs, ayant l'impression que les vents estimés selon les dommages étaient trop élevés, ont modifié cette échelle en 2007.

Au Canada, l’échelle actuelle a été adoptée en 2013. Plus adaptée au Canada, elle utilise 31 indicateurs de dommages et est divisée en 6 catégories, notées EF0 (à partir de 90 km/h) à EF5 (plus de 315 km/h).

On évalue l'intensité des ouragans sur l'échelle de Saffir-Simpson qui est divisée en 5 catégories, de F1 (plus de 119 km/h) à F5 (plus de 250 km/h).

L’un et l’autre de ces phénomènes sont qualifiés de dangereux. Il est important d’écouter les avertissements émis lors de leur potentielle formation pour agir en conséquence afin de se mettre à l’abri.

Ève Christian est météorologue à la radio de Radio-Canada

Incidents et catastrophes naturelles

Environnement