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Tornade à Gatineau et Ottawa : « C’est comme si quelqu’un avait largué une bombe »

Todd Nicholson au téléphone.
Il ne restait que la fondation de la résidence familiale de Todd Nicholson après le passage de la tornade, vendredi. Photo: Radio-Canada / Estelle Côté-Sroka
Radio-Canada

Plusieurs sinistrés ont vécu des émotions fortes lorsque la tornade s'est abattue vendredi soir dans la région d'Ottawa et de Gatineau, emportant avec elle toitures et débris, laissant un paysage de fin du monde.

Certains résidents d'Ottawa et de Gatineau n'ont carrément plus de maison. C'est le cas de Todd Nicholson, le chef de mission pour le Canada aux Jeux paralympiques de 2018. Sa résidence, située à Dunrobin, à l’ouest d’Ottawa, a été sévèrement touchée par la tornade.

Nous avons pas mal tout perdu, a-t-il raconté samedi. Étant en fauteuil roulant, il y avait tellement de débris que je ne pouvais pas m’approcher de ma maison.

Sa femme a pu se rendre sur place, mais tout ce qu’elle a vu, ce sont les fondations de la résidence familiale des Nicholson, affirme l’athlète, qui ajoute que la chose dont on a le plus besoin, c’est de l’information. Il espère être en mesure de récupérer certains effets au cours des prochains jours, notamment des vêtements pour ses enfants.

Un épisode effrayant

« J’ai vu un arbre déraciné passer devant ma fenêtre », a confié Michel Lépine, un résident de la rue de Deauville, à Gatineau, toujours sous le choc au lendemain de la catastrophe. « C’est comme si quelqu’un avait lâché une bombe. Ce n'est pas beau à voir. »

Au lendemain de la catastrophe, les souvenirs de M. Lépine sont encore vifs.

C’était l’apocalypse [...] on voit ça aux nouvelles dans d’autres pays quand il y a des tornades, mais là de voir ça [ici]… J’étais sous le choc, a affirmé celui qui, encore samedi, n’avait pas accès à son logement. On me dit que je n’ai pas accès à mon immeuble, mais j’ai deux chats là dedans. C’est sûr que je leur ai mis beaucoup de manger et d’eau, mais c’est vraiment triste.

M. Lépine est loin d'être le seul à avoir eu peur pour sa sécurité. Alexandra Forget était avec sa soeur au moment où la tornade a frappé.

On s’attendait à un gros orage avec de la grêle et des bourrasques de vent, a-t-elle dit. Mais la situation prenait de l’ampleur à un point tel qu’elles se sont réfugiées dans la salle de bains. Juste comme on est entrés dans la salle de bain, la fenêtre d’une des deux chambres a comme explosé, a-t-elle raconté.

Alexandra Forget répond aux questions d'une journaliste devant des débris. Alexandra Forget et sa soeur se sont réfugiées dans la salle de bain de son appartement quelques instants avant qu'une fenêtre brise en éclats. Photo : Radio-Canada

Je me suis placé dans une petite chambre et j'ai commencé à voir la tornade s'en venir. J'ai vu beaucoup de débris et j'ai même senti le bloc appartements vibrer, a témoigné Denis Tessier, un sinistré de la tornade dans le secteur du Mont-Bleu à Gatineau, en entrevue à Radio-Canada.

J'ai eu vraiment peur, j'ai empoigné ma petite chienne et je me suis cachée, a expliqué sa conjointe.

Le phénomène météorologique s'est formé aux alentours de 17 h, vendredi, et a causé des dégâts partout sur son passage. Environnement Canada a confirmé que cette même tornade a frappé des deux côtés de la rivière. La tornade pourrait avoir été de force 2, avec des vents de 179 à 218 km/h.

L'entraide au rendez-vous

Leslie-Anne Barber répond aux questions d'une journaliste. Leslie-Anne Barber, conseillère municipale de la Municipalité de Pontiac. Photo : Radio-Canada

Leslie-Anne Barber, une conseillère municipale de Pontiac dont la maison a été touchée s’est réjouie du fait que les citoyens soient en mode « entraide » au lendemain du phénomène. Tout le monde se parlait, tout le monde était en état de choc, bien sûr, mais en état d’entraide à savoir ce qu’ils allaient faire et pour la suite des choses, a-t-elle dit.

Pour sa part, Jean-Pierre Leroux, un pasteur qui réside à Gatineau, est venu donner un coup de main aux sinistrés du Pontiac. On est un bon groupe à donner un coup de main. On est environ une vingtaine en tout.

Jean-Pierre Leroux répond aux questions d'une journaliste.Jean-Pierre Leroux, un pasteur qui réside à Gatineau, est venu donner un coup de main aux sinistrés du Pontiac, samedi. Photo : Radio-Canada

Le groupe s’affairait depuis la matinée à nettoyer des terrains et à récolter des débris. On aide les gens, on leur demande ce qu’ils veulent qu’on fasse. Les gens sont très contents, ils apprécient énormément, a dit M. Leroux.

Blessés et sinistrés

À Ottawa, le directeur général des Services de protection et d’urgence, Anthony Di Monte, a indiqué que 25 personnes ont été blessées et traitées par les ambulanciers paramédicaux. De ces 25 personnes, six sont gravement blessées, dont cinq habitent dans le secteur de Dunrobin.

Du côté de l'Outaouais, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) fait état d'une quinzaine de personnes nécessitant de l'aide psychosociale et [d']un blessé ayant subi une fracture.

Par ailleurs, notre équipe d'aide psychosociale est à pied d'œuvre et collabore avec les autorités sur le terrain pour soutenir les sinistrés, indique le CISSS de l'Outaouais, dans un courriel adressé à Radio-Canada.

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