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Les communautés culturelles courtisées de toutes parts dans Laurier-Dorion

Andrés Fontecilla, Nahif Aboumansour et une travailleuse immigrante posent pour une photo dans les locaux de l'organisme
Le candidat de Québec solidaire Andrés Fontecilla est au coude à coude avec son adversaire libéral dans Laurier-Dorion. Sur cette photo, il visite l'organisme Petites-Mains, qui vient en aide aux travailleuses immigrantes. Photo: Radio-Canada / Benoit Chapdelaine
Radio-Canada

Une importante bataille électorale se déroule dans les quartiers Villeray et Parc-Extension, au cœur de Montréal. Québec solidaire, deuxième au fil d'arrivée en 2014, multiplie les efforts pour ravir la circonscription de Laurier-Dorion, représentée depuis 2007 par le libéral Gerry Sklavounos, qui ne sollicite pas de nouveau mandat. Il avait été exclu du caucus libéral en 2016 après des allégations d'agression sexuelle.

Un texte de Benoit Chapdelaine

« George, il va gagner. Ici, c'est tout le temps libéral », confie un électeur vêtu d'un chandail du Canadien de Montréal, dans un salon de coiffure situé en face de la station de métro Parc.

Le propriétaire du salon, Giuseppe, s'étonne quant à lui de ne pas avoir reçu de visite de candidats jusqu'à maintenant, contrairement à l'habitude. « Je n'ai vu personne ici cette année. Ils ne cherchent pas de votes, je ne sais pas... »

Le George auquel fait référence l'électeur, c'est George Tsantrizos, qui fut conseiller politique de Gerry Sklavounos pendant plus de 10 ans et qui a pris la relève comme candidat du Parti libéral. Impossible cependant de le rencontrer dans son local électoral, rue Saint-Roch. On indique qu'il n'est pas disponible pour une entrevue, car il est absent.

« Malheureusement, il n'y a pas de plage horaire disponible à son agenda pour une entrevue, confirme par courriel sa responsable des communications, Marie-Chantale Hamel. Monsieur Tsantrizos fait principalement campagne sur le terrain et privilégie les activités et le porte-à-porte. »

Avisé de notre demande, le Parti libéral a tenté d'organiser une entrevue, mais le candidat n'était toujours pas disponible 48 heures après une première tentative. Le même scénario s'est produit récemment lorsque La Presse a fait une demande similaire.

Des affiches sont installées dans la vitrine du local électoral du candidat Tsantrizos. À côté, une enseigne annonce un salon de coiffure pour homme. Sur la rue marche une femme qui porte un voile.Le propriétaire du salon de coiffure voisin du local électoral de George Tsantrizos déplore le fait que le candidat libéral ne soit pas venu le visiter. Photo : Radio-Canada / Benoit Chapdelaine

George Tsantrizos est pourtant bien visible sur les médias sociaux, entre autres sur une vidéo où il s'engage à faciliter l'accès aux services de santé. « Le 1er octobre prochain, dit-il devant un parc, avec votre appui, je souhaite être votre député afin de continuer à collaborer étroitement avec le milieu de la santé et promouvoir la création d'une éventuelle clinique GMF ou d'une superclinique dans le quartier Parc-Extension, et ainsi répondre aux besoins de nos jeunes, nos familles et nos aînés. »

Aider les immigrants

Le départ de Gerry Sklavounos, après 11 ans comme député, aidera-t-il le candidat de Québec solidaire, qui a tenté sans succès de le déloger en 2012 et 2014?

« C'est un facteur, mais je ne dirais pas que c'est le grand facteur, répond Andrés Fontecilla, assis dans son local électoral de la rue Saint-Denis. Je pense que c'est surtout l'usure du pouvoir. »

Il y a un désir de changement très prononcé, autant ici à Villeray que dans Parc-Extension, qui est le fief libéral.

Andrés Fontecilla, candidat solidaire dans Laurier-Dorion

Andrés Fontecilla s'engouffre dans une voiture avec sa directrice de campagne pour se rendre aux Petites-Mains, un organisme d'aide à l'emploi pour immigrantes du boulevard Saint-Laurent, en face du parc Jarry. Il y est accueilli à bras ouverts par la fondatrice et directrice générale Nahif Aboumansour.

« Quand j'entends qu'on va peut-être diminuer les services auprès des personnes immigrantes, qu'on va réduire le nombre, ça nous fait peur, dit Mme Aboumansour dans l'atelier de couture où travaillent plusieurs nouvelles arrivantes. Le Canada est un pays d'immigration, le Québec aussi, alors, à la place, [pour] faciliter notre rôle auprès de ces gens-là, il ne faut pas nous faire peur. »

Andrés Fontecilla, lui-même arrivé du Chili au début des années 80, s'engage à aider les immigrants s'il est élu, comme il s'engage à aider les locataires.

« Il y a de grands problèmes de logement, des loyers trop chers, insalubres, avec de la vermine, de la moisissure, des propriétaires négligents, et surtout des loyers excessivement chers, donc j'entends m'investir pour tenter de régler ce problème-là, si possible. »

Au-delà de la partisanerie

Dans un geste inusité, l'ex-candidat péquiste dans la circonscription, Pierre Céré, a décidé d'appuyer Québec solidaire plutôt que l'actuelle candidate du Parti québécois et nouvelle venue en politique, Marie-Aline Vadius.

Or, Mme Vadius, qui est directrice adjointe du centre de formation pour adultes Champagnat de la Commission scolaire de Montréal, identifie, tout comme Andrés Fontecilla, les problèmes de logement et de manque d'espace dans les écoles comme ses priorités.

Marie-Aline Vadius pose assise sur un banc de parc.La candidate péquiste Marie-Aline Vadius est une nouvelle venue en politique. Photo : Radio-Canada / Benoit Chapdelaine

Elle considère cependant le PQ mieux placé que Québec solidaire pour les régler. « C'est un parti qui a fait ses preuves, un parti qui a fait beaucoup de choses : les CPE, l'équité salariale, énumère-t-elle. Il y a des gens d'expérience, des gens qui risquent plus de changer les choses s'ils sont au pouvoir, ou même dans l'opposition. »

La Coalition avenir Québec présente de son côté Simon Langelier, un conseiller en relations internationales à la Ville de Montréal et ex-chargé de cours en urbanisme à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) qui a séjourné deux ans au Brésil.

La conseillère municipale de Parc-Extension et doyenne du conseil municipal, Mary Deros, a connu plusieurs députés depuis sa première élection en 1998 avec le parti de Pierre Bourque. Dans son bureau rempli de souvenirs de toutes sortes, elle s'inspire des réflexions de l'ancien maire pour conseiller la prochaine personne qui occupera le poste.

« Il me disait : "Mary, quand on a des élections, les gens ont différentes opinions, mais dès que quelqu'un est élu, vous représentez votre comté, donc il faut donner le service à tout le monde, même à ceux qui étaient contre nous, parce qu'on a la responsabilité de servir la population. Nous sommes tous des citoyens et on a le droit de recevoir des services et de l'attention". »

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