•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pas de privatisation de la SAQ sous un gouvernement libéral

Un étalage de bouteilles de spiritueux à la Société des alcools du Québec
Les libéraux choisissent des orientations plus prudentes que celles suggérées dans le rapport de PwC. Photo: Radio-Canada / Martin Thibault
Radio-Canada

S'il est réélu à l'issue des élections du 1er octobre, le Parti libéral exclut complètement la privatisation complète ou partielle de la Société des alcools du Québec. C'est la conclusion à laquelle le gouvernement sortant en arrive après avoir analysé le rapport très attendu de la firme PricewaterhouseCoopers (PwC) sur le modèle d'affaires de la SAQ.

Les libéraux envisagent deux grandes orientations, plus prudentes que celles proposées dans le rapport :

  • élargir la gamme de produits offerts en épicerie, en excluant les spiritueux. Le gouvernement devra cependant faire des analyses complémentaires. Il veut éviter de créer de l’instabilité dans le marché, notamment pour les embouteilleurs et les producteurs artisanaux. Cela nécessiterait des assouplissements réglementaires;
  • ouvrir des points de vente, sous la forme de boutiques spécialisées, qui vendraient des vins d'importation privée et des produits de vignobles québécois.

Le document de PwC évoque 14 scénarios pour l’avenir de la SAQ, dont certains difficiles à mettre en œuvre, parce qu’ils nécessiteraient des changements législatifs fédéraux. PwC en retient trois : la privatisation partielle par la vente des activités du commerce de détail et de la distribution, l'essaimage d'une partie de la SAQ et l'entrée d'un ou plusieurs compétiteurs, ou encore un élargissement de la gamme de produits offerte en épicerie et dans les dépanneurs.

Le rapport conclut qu'une ouverture à la concurrence ou une privatisation totale ou partielle de la société d'État n'auraient que des effets négatifs. Selon l'étude de PwC, aucun des scénarios n'entraînerait une baisse des prix.

« Il est quasi certain que des impacts économiques négatifs se réaliseront, comme les pertes d’emplois, la dégradation de conditions de travail ainsi qu’un impact encore plus négatif pour les régions », ajoute le rapport.

Une réduction de la valeur des actifs de la SAQ serait également à prévoir. Quant à l'impact sur les revenus du gouvernement, il va de nul à modéré, soit quelques dizaines de millions de dollars de plus.

L'ouverture des lignes de produits exclusives de la SAQ aux détaillants autorisés, c'est-à-dire les épiceries et les dépanneurs, aurait « les impacts les plus extrêmes ». « Bien que les consommateurs bénéficient d’aspects très positifs comme une augmentation de l’accès au réseau, les impacts négatifs pour les succursales de la SAQ (perte de valeur significative de l’actif) et les emplois en général sont majeurs », relève le rapport.

On peut aussi lire, dans le document, qu'« un changement du mode d’opération, par exemple par la spécialisation, et une optimisation seraient inévitables pour assurer la survie d’une grande partie du réseau de détail ».

Le Parti libéral a analysé les différents scénarios en fonction de leur impact sur le consommateur, sur le gouvernement et sur l’écosystème de la vente d’alcools et de spiritueux. Il en est arrivé à la conclusion que la privatisation ne serait pas la voie à suivre.

« Les conclusions de l'étude, auxquelles nous souscrivons, appellent toutefois à la prudence et préconisent d'approfondir davantage les scénarios retenus afin de bien en définir les modalités de mise en oeuvre ainsi que les impacts sur les consommateurs, l'industrie et la santé publique », indique un communiqué du PLQ transmis à Radio-Canada.

La Coalition avenir Québec a évoqué au printemps dernier la privatisation partielle de la SAQ. Le Parti québécois et Québec solidaire ne prévoient pas de changements au modèle d'affaires actuel.

Avec les informations de Mathieu Dion et Gérald Fillion

Politique provinciale

Politique