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Des formulaires et des communications neutres à l’Université Laval

Une personne remplit un formulaire.

L'Université Laval veut mettre en place des formulaires neutres.

Photo : iStock

Radio-Canada

L'Université Laval veut modifier ses formulaires et adapter ses communications internes en sortant du cadre traditionnel « masculin » et « féminin ».

Un texte de David Rémillard

Après avoir implanté le concept de toilettes universelles cet automne, une demande de la communauté LGBTQ du campus, l’administration de la rectrice Sophie D’Amours poursuit ses efforts d’inclusion amorcés dès son entrée en poste, à l’été 2017.

« La direction de l’Université Laval est ouverte à modifier ses formulaires et à personnaliser ses communications internes pour répondre aux besoins de sa communauté étudiante », confirme Andrée-Anne Stewart, porte-parole de l’établissement.

Ces modifications visent à rendre les formulaires plus inclusifs et les communications « personnalisées », question d'éviter que des personnes dont l'identité de genre n'est pas strictement « homme » ou « femme » se sentent exclues.

Des personnes qui, par conséquent, ont du mal à cocher l'une des deux cases présentement proposées dans les formulaires. Elles se décrivent généralement comme « non binaires » ou « non conformes de genre ».

L’Université Laval est sensible et consciente du fait que certaines personnes peuvent se sentir brimées par les communications actuelles.

Andrée-Anne Stewart, porte-parole de l'Université Laval
Panneau d’accueil de l'Université LavalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Panneau d’accueil de l'Université Laval

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

L’Université Laval se donne deux ans pour atteindre son objectif. « Au cours de la prochaine année, nous étudierons les solutions technologiques possibles, de même que les impacts et les coûts. »

Des modifications sont envisagées pour plusieurs documents administratifs, de l’admission aux diplômes. Certains systèmes informatiques ou logiciels devront donc être ajustés.

Concernant les formulaires, aucune solution n'est encore privilégiée.

La direction doit évaluer si, par exemple, l’ajout d’une case « autre », « X » ou « non binaire », à côté de « masculin » et « féminin », est l'approche à adopter.

Obligations

Pour le formulaire d'admission, l'Université Laval devra continuer de remplir les exigences du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES).

Certains renseignements doivent obligatoirement lui être transmis pour que soit attribué le code permanent d’un nouvel étudiant.

Étudiants au Peps de l'Université LavalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Étudiants à l'Université Laval

Photo : Radio-Canada

Ces données incluent la mention du sexe. Un « document officiel », comme la copie originale d'un certificat de naissance, doit être fourni pour les corroborer.

C'est donc dire qu'une personne qui se dit non binaire, mais dont le certificat de naissance mentionne le sexe « masculin », devra déclarer une identité qui ne lui convient pas nécessairement. Mais ce serait la seule étape à laquelle elle devra le faire, souhaite l'Université Laval.

Cela dit, le MEES confirme que rien n’empêche la modification des formulaires d’inscription, pour autant que les renseignements obligatoires soient acheminés. « L’Université [Laval] peut utiliser les formulaires qu’elle souhaite et inclure le genre neutre », indique Bryan St-Louis, porte-parole au MEES.

Ce dernier rappelle qu'un comité interministériel, auquel fait partie le MEES, évalue présentement l'utilisation des genres dans les formulaires gouvernementaux.

Libre choix

L’Université Laval va laisser « à chaque personne le choix d’être interpellée selon le genre souhaité » dans les différentes communications internes. Ce volet est déjà en cours d’analyse.

L’établissement cible en premier lieu les communications « courantes et informelles », précise Andrée-Anne Stewart. On entend notamment modifier « les messages des facultés, les échanges avec les professeurs, les différents avis [de retard, de paiement] ».

Pour ce qui est des diplômes, l’Université Laval pourrait délivrer des documents neutres, à la demande, plutôt que de préciser systématiquement le genre par la mention « bachelier » ou « bachelière », comme c’est le cas actuellement.

Le campus de l'Université Laval.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le campus de l'Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Pluralité des genres

L’initiative de l’Université Laval vient répondre à une réelle demande, assure Alexys Guay, de l’organisme Divergenres.

« La personne va se sentir reconnue autant que les autres » et pourra, en cochant la troisième case, « affirmer sa non-conformité de genre » et, pour ainsi dire, son identité.

Alexys Guay personnifie le propos. Cette personne se décrit comme « cofondateurice » de Divergenres, qui réfère aux termes cofondateur et cofondatrice. Mais Alexys Guay se considère comme « non binaire », si bien qu’il ou elle peut être à la fois cofondateur et cofondatrice, d’où la fusion des deux mots en un seul « plus inclusif ».

Signe des temps, Divergenres a été fondé l’an dernier et a obtenu son accréditation en mai 2018. Sa mission est de faire de l’éducation populaire et de démystifier la pluralité des genres, notamment en offrant d’ateliers.

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Société