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Fahrenheit 11/9 : le cauchemar américain selon Michael Moore

Michael Moore se tient devant une affiche de son film «Fahrenheit 11/9» en se tenant les mains.
Michael Moore lors de la présentation de son film Fahrenheit 11/9 à Los Angeles. Photo: filmmagic / Michael Tran
Radio-Canada

CRITIQUE – Michael Moore frappe fort avec son documentaire sur Donald Trump, Fahrenheit 11/9, sorti vendredi au Québec. En s'intéressant à l'arrivée au pouvoir du milliardaire américain et à ses conséquences, le réalisateur livre un portrait des États-Unis qui a rempli d'effroi les deux critiques de Médium large.

Comment une telle tempête a-t-elle pu arriver et qui en sont les responsables? Voilà les questions posées par Michael Moore. Le réalisateur met la soif de notoriété de Donald Trump en haut de la liste et montre du doigt les médias, qui n’ont jamais vu la surprise arriver tout en se servant du candidat républicain pour augmenter leur nombre de clics et les cotes d’écoute.

Néanmoins, il n’oublie pas non plus la misogynie de plus d’un, ayant nui à Hillary Clinton, l’attitude du Parti démocrate, qui aurait désavantagé Bernie Sanders, le système de vote ou encore une tendance générale à avoir fermé les yeux sur ce qui était en train de se passer. C’est d’ailleurs l’une des forces de Fahrenheit 11/9, selon Georges Privet. Michael Moore ne fait pas seulement un film à charge contre Donald Trump, « il fait un bilan de l’état de santé de la démocratie américaine ».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le patient est malade et en danger. Donald Trump ne serait pas la cause, mais le symptôme d’un problème présent depuis longtemps.

Quand on voit le film, on se dit qu’il est peut-être déjà trop tard.

Georges Privet

Le critique n’a pas caché être sorti troublé et fâché de la projection. Sa collègue Helen Faradji parle, elle, d’une « démonstration glaçante et terrifiante », d’autant que Michael Moore a gommé « son humour baveux » et ses raccourcis faciles avec lesquels il avait l’habitude de construire ses films. « On sent qu’il n’a pas tout à fait le cœur à rire. [...] Il semble plus structuré et organisé que d’habitude », affirme la chroniqueuse à propos de ce documentaire ayant été présenté en première mondiale au Festival du film international de Toronto.

Malgré quelques motifs d’espoirs – telle la mobilisation des étudiants de Parkland après une fusillade dans leur école –, Fahrenheit 11/9 reste un film extrêmement pessimiste. Michael Moore conclut en faisant un parallèle entre la montée d’Adolf Hitler et l’action actuelle de Donald Trump. Le réalisateur imagine même la future élection présidentielle, en 2020, être annulée, selon le souhait prêté au président.

La comparaison peut sembler excessive. Pourtant, Georges Privet et Helen Faradji semblent désormais loin de croire qu’il s’agit d’élucubrations.

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