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Après le vandalisme, un vent d’optimisme souffle dans Hochelaga-Maisonneuve

Une jeune femme se sert dans des bacs en vrac.
Une épicerie zéro déchet a désormais pignon sur rue dans le secteur d'Hochelaga. Photo: Radio-Canada / Delphine Jung
Radio-Canada

Le quartier Hochelaga-Maisonneuve semble marquer un nouveau départ, un peu plus d'un an après la vague d'arrestations liée à plusieurs actes de vandalisme perpétrés contre des commerces. En quelques semaines, trois nouvelles boutiques ont ouvert leurs portes et deux autres doivent suivre d'ici la fin de l'année.

Un texte de Delphine Jung

« On peut dire que cette période est derrière nous. En un an, nous n’avons pratiquement pas eu d’incidents », lance Jimmy Vigneux, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) d’Hochelaga-Maisonneuve en faisant référence à la vague de dégradations qui a lourdement frappé certains commerçants du secteur.

La preuve en est que le quartier semble séduire à nouveau les entrepreneurs. Depuis juillet, quatre commerces ont ouvert leurs portes : le restaurant Hélicoptère, le glacier artisanal Les Givrés, le restaurant-minute Ô Big et l'épicerie zéro déchet Méga Vrac.

Bouche bée, une boutique de cadeaux et de décoration, sera inaugurée le samedi 29 septembre.

L'intérieur d'un restaurant avec des tables, des chaises, des plantes et un mur en briques.Hélicoptère a ouvert ses portes, rue Ontario, en juillet 2018. Photo : Eliott Legare

M. Vigneux assure qu’au moins deux autres boutiques s’installeront sur la promenade Ontario d’ici la fin de l’année. Peut-être même une troisième.

Entre excitation et angoisse

La jeune entrepreneuse Marie Letard fait partie de ces petits nouveaux qui ont vu la promenade Ontario comme leur Eldorado. Elle n’imaginait pas installer sa boutique Bouche Bée ailleurs qu’à Hochelaga. « J’aime l’ambiance du quartier, les gens se connaissent, se disent bonjour », dit-elle.

Marie Letard.Marie Letard s'apprête à ouvrir une boutique de cadeaux et de décoration en face de la place Valois. Photo : Thibault Carron

Pourtant, elle ne cache pas une certaine angoisse lorsqu’elle pense aux graffitis qui ont déjà tristement habillé les devantures des boutiques de la rue Ontario ou encore les vitres brisées qui ont fait les manchettes.

C’est sûr qu’il y a un peu d’insécurité. Cet été, il y a quand même eu un festival anti-embourgeoisement! Mais j’ai mon assurance. Je la paie sûrement un peu plus cher qu’ailleurs.

Marie Letard, entrepreneuse

Le cofondateur du nouveau restaurant Hélicoptère, Youri Bussières-Fournel, avait lui aussi des craintes et des hésitations. « On a eu quelques graffitis lors des travaux de rénovation », se souvient-il.

Il a même eu l’occasion de parler avec des militants qui placardaient des affiches anti-embourgeoisement. « Il faut écouter leurs arguments et leur expliquer notre vision », dit-il.

D’autres, comme Alexandre Deslauriers, copropriétaire des Givrés, ne se sont pas tellement posé de questions. « On suivait ce qu’il se passait lorsqu’il y avait des actes de vandalisme, mais nous n’avons pas vraiment eu de réflexion sur le sujet. On ne veut pas être une image de l’embourgeoisement », explique-t-il.

Une jeune femme fait une boule de glace dans un magasin.La boutique de glaces artisanales Les Givrés a ouvert le 30 août. Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

« J’y ai pensé, mais je me dis que si on a tous peur, le quartier va se vider et il n’y aura plus de commerces », ajoute Ahlem Belkeir, fondatrice de Méga Vrac.

Les casseurs sont passés à autre chose

Pour Michel Tremblay, courtier immobilier de Remax, les risques liés au vandalisme ne sont pas vraiment des facteurs qui vont empêcher quelqu’un d’acheter ou de louer un local commercial.

La rue Ontario est de plus en plus prisée et les commerces qui ouvrent perdurent. Il y a peu de compétition et il y a encore de la place.

Michel Tremblay, courtier immobilier

Le maire de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, abonde dans ce sens. « La rue Ontario va très bien, même s’il y a toujours quelques défis à relever. Il reste encore des locaux vacants, mais nous travaillons fort pour y remédier », assure-t-il.

Il attribue le succès de la redynamisation de l’artère à un effort conjoint des citoyens et de la mairie qui « ne peut pas toute seule revitaliser tout un quartier ».

D’après le courtier, les casseurs qui ont agi n’ont pas vraiment trouvé de soutien dans la population.

Le directeur général de la SDC Hochelaga-Maisonneuve estime de son côté que ces groupes radicaux se sont essoufflés, voire dissous.

Une devanture vide avec une affiche « à lourer » coller sur la vitrine.Des commerces sont encore à louer sur la rue Ontario. Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Si les choses vont donc mieux pour la rue Ontario, trouver un nouveau souffle semble plus difficile pour la rue Sainte-Catherine.

« Il y a peu de résidences au sud de la rue, donc c’est plus dur pour les commerçants de s’y installer », dit M. Lessard-Blais.

« Il faut que les commerces y soient exceptionnels pour perdurer », ajoute le courtier immobilier.

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