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Le point sur l’aide d’Ottawa aux radios communautaires dans l’Ouest

Animatrice au micro d'une radio.
Animatrice au micro d'une station de radio. Photo: Getty Images / CinematicFilm
Radio-Canada

Les radios communautaires n'ont toujours pas reçu les aides supplémentaires qui devraient découler d'un fonds de plusieurs millions de dollars, annoncé en mars dernier pour appuyer les médias communautaires. Mais les nuages qui ont assombri leur ciel commencent à se dissiper.

Pour l'Alliance des radios communautaires du Canada (ARC Canada), tout n'est pas encore parfaitement rose. « Certes, il y a de l'argent qui nous est destiné, à nous et à nos collègues des médias communautaires, mais les discussions sont encore en cours avec les représentants du gouvernement. On ne sait pas quelle forme cela va prendre », note Simon Forgues, agent au développement et aux communications au sein de cet organisme.

Le Plan d’action pour les langues officielles, dévoilé en mars par Ottawa, prévoit la création d’un fonds d’appui stratégique de 10 millions de dollars pour les journaux et les radios communautaires. Le fonds financera des stages dans ces médias à hauteur de 4,5 millions de dollars sur cinq ans.

En attendant de savoir comment cet argent sera réparti, certaines radios communautaires continuent de tirer le diable par la queue.

C'est le cas de quelques stations dans l'Ouest canadien. « À l'exception des radios de Winnipeg, d'Edmonton et de Victoria, toutes les autres sont toujours confrontées à des problèmes, entre autres de recrutement », explique Michel Vézina, président de l'Association des radios communautaires de l'Ouest et des Territoires.

Michel Vézina, président de l'Association des radios communautaires francophones de l'Ouest et des Territoires. Michel Vézina, président de l'Association des radios communautaires francophones de l'Ouest et des Territoires. Photo : Radio-Canada

Il attribue la situation à des retards dans l'attribution des stages en raison du processus administratif du programme Jeunesse Canada au travail, qui gère des emplois d’été et des stages. « On nous a avancé toutes sortes de raisons. Il y avait l'été, après on a dit qu’il fallait attendre le feu vert ministériel. Ç'a été très très administratif. Le processus [pour les stages] s'est mis en place seulement début septembre », explique-t-il.

Pour les stations en milieu rural, le recrutement de stagiaires reste difficile dans ces circonstances, note Michel Vézina, qui espère que l'enveloppe financière du fonds sera, elle, débloquée au plus tard au début de l'hiver. Au-delà de cette échéance, il estime que la situation pourrait devenir plus critique pour certaines stations.

Des points positifs

Mais tout n'est pas gris, indique l'ARC du Canada. « Nous sommes contents, car au niveau du Patrimoine canadien et des Langues officielles, les gens comprennent de mieux en mieux nos réalités. On continue de discuter avec eux pour une meilleure répartition de l'argent », se réjouit Simon Forgues. Il ajoute que l'annonce d'Ottawa a aussi permis une certaine embellie.

Le directeur général de la radio communautaire du Manitoba, Envol 91 FM, est du même avis.

Yaya Doumbia affirme que, pour la station winnipégoise, la situation s'est beaucoup améliorée. « Il y a eu la bonification de 20 % du montant qu'on recevait pour notre programmation. Dans le cadre du Plan d'action, on a recruté une stagiaire pour une période de 12 mois renouvelable sur 5 ans. On ne peut pas se plaindre », poursuit-il.

Yaya Doumbia, directeur général d'Envol 91 Fm à Winnipeg.Yaya Doumbia, directeur général de la radio communautaire Envol 91 FM, à Winnipeg. Photo : Envol 91 FM

D’après lui, le résultat de ce changement sera visible dès cette saison. « Il y a des services qu'on n'arrivait pas à offrir, comme les reportages ou la couverture de certains événements qui se déroulent dans la communauté, qu'on pourra maintenant proposer », se félicite-t-il.

Autre bonne nouvelle dans l’Ouest canadien : en Alberta, la radio communautaire de Rivière-la-Paix, qui a fermé ses portes en novembre dernier, pourrait rouvrir. « Il y a un comité qui travaille fort pour cela », note Michel Vézina.

Une nouvelle station devrait démarrer à Edmonton en octobre, selon lui. S'il y a encore quelques radios communautaires qui vivent une situation précaire, les fonds de Patrimoine canadien devraient les aider à sortir la tête de l'eau.

Tous les intervenants s'accordent à dire que l'argent du fédéral est une bouffée d'oxygène. Ils affirment du même souffle que le retour de la publicité gouvernementale sur les ondes radio est souhaitable.

En quelques années, les placements publicitaires du gouvernement dans les radios communautaires sont passés de 500 000 $ à moins de 75 000 $, selon l’ARC du Canada.

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