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Nalcor a grandement sous-estimé les coûts de Muskrat Falls, selon un rapport

Les vannes d'évacuation du projet hydroélectrique Muskrat Falls.

Les vannes d'évacuation du projet hydroélectrique Muskrat Falls.

Photo : Nalcor Energy

Radio-Canada

Un rapport préparé par la firme comptable Grant Thornton et présenté vendredi à Happy Valley-Goose Bay au Labrador, dans le cadre de la commission d'enquête sur les dépassements de coûts du projet Muskrat Falls, conclut que la compagnie Nalcor Energy avait sous-estimé les coûts du mégaprojet.

Les coûts de construction de Muskrat Falls sont passés de 7,4 milliards de dollars à 12,7 milliards depuis que le mégaprojet a reçu l’aval du gouvernement de Danny Williams en 2012.

Qui plus est, Nalcor pourrait avoir surestimé les coûts d’une alternative au projet, qui aurait été une combinaison d’énergie hydroélectrique, thermique et éolienne.

Grant Thornton juge que Nalcor a écarté de manière inopportune l’idée d’importer de l’électricité d’Hydro-Québec ou encore de repousser le développement de la Basse-Churchill puisque le contrat sur l’électricité produite à la centrale de Churchill Falls, sur le cours supérieur du fleuve, ne vient à échéance qu’en 2041.

Chantier de construction près du fleuve Churchill

Nalcor a estimé que le projet coûtera 12,7 milliards de dollars.

Photo : Nalcor Energy

Des déclarations potentiellement erronées de Nalcor ont pu influencer la perception publique de Muskrat Falls et laisser croire que le projet n’était pas l’option la plus coûteuse, peut-on lire dans le document.

Nalcor a estimé à 50 % la probabilité que des dépassements de coûts surviennent. Or, selon Grant Thornton, il est plus raisonnable d’estimer entre 70 % et 90 % la probabilité de dépassements de coûts pour ce genre de projet.

Si Nalcor avait estimé à 90 % la probabilité de dépassements des coûts, les estimations pour Muskrat Falls auraient bondi de près de 800 millions de dollars, selon le rapport.

Cette affirmation vient renforcer les dires de Bent Flyvbjerg, un expert en grands projets venu témoigner à la commission lundi dernier.

M. Flyvbjerg, qui a étudié plus de 300 mégaprojets, soutient qu’en ce qui concerne les projets hydroélectriques, il y a des dépassements de coûts dans 96 % des cas.

Pile de documents amenés à la commission par Grant Thornton.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La firme Grant Thornton a présenté vendredi à un rapport à la commission d'enquête sur Muskrat Falls, à Happy Valley-Goose Bay.

Photo : Radio-Canada / CBC/Terry Roberts

Dennis Browne, le défenseur des consommateurs à Terre-Neuve-et-Labrador, est un critique de longue date du projet Muskrat Falls.

Il ne croit pas que des alternatives à Muskrat Falls ont été sérieusement étudiées avant qu’une décision finale ne soit prise par l’ancien gouvernement conservateur de Danny Williams. Il croit que si la Régie des services publics de Terre-Neuve-et-Labrador avait été consultée, les choses auraient pu se dérouler autrement.

Dennis Browne à Happy Valley-Goose Bay le 21 septembre 2018.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dennis Browne (à gauche) est le défenseur des consommateurs à Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada / CBC/Terry Roberts

Muskrat Falls avait été soustrait à la surveillance de la Régie des services publics. Ce mois-ci, le premier ministre libéral Dwight Ball a ramené celle-ci dans le dossier et lui a demandé de proposer des solutions pour éviter que la facture d’électricité des Terre-Neuviens ne double d’ici trois ans.

La Nouvelle-Écosse a fait les choses comme il faut, affirme Danny Browne au sujet de la province qui recevra de l'électricité via le lien maritime entre Terre-Neuve et le Cap-Breton. Ils ont soumis toutes les questions à leur régie des services publics. À l’inverse, Terre-Neuve-et-Labrador a commis des erreurs, soutient-il.

La Régie des services publics aurait dû être impliquée dès le départ, et nous ne serions pas dans le gâchis où nous nous trouvons aujourd’hui, ajoute M. Browne.

David Vardy à Happy Valley-Goose Bay, au Labrador, le 21 septembre 2018.

David Vardy, de la Coalition des citoyens préoccupés par Muskrat Falls.

Photo : Radio-Canada / CBC/Terry Roberts

Pour David Vardy, de la Coalition des citoyens préoccupés par Muskrat Falls, l’examen comptable présenté vendredi vient donner raison au groupe qu’il représente.

Si la Régie des services publics avait été au courant de ce que Grant Thornton a dévoilé, celle-ci aurait fermement déconseillé de ne pas aller de l’avant avec le projet Muskrat Falls, croit M. Vardy.

Il y avait bien des options moins chères que celle à 13 milliards [de dollars], dit-il.

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