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Trans Mountain : des environnementalistes pensent que les dés sont pipés

Une vue aérienne montre le terminal de la compagnie Kinder Morgan à Burnaby, en Colombie-Britannique.

Des environnementalistes et la Colombie-Britannique s'inquiètent des effets de l'expansion du pipeline Trans Mountain sur l'écosystème marin au large de la province.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Radio-Canada

Des environnementalistes accueillent avec suspicion l'annonce d'Ottawa qui demande à l'Office national de l'énergie (ONE) de revoir son évaluation environnementale de l'impact du projet d'expansion du pipeline Trans Mountain sur l'écosystème marin.

Un texte de Fanny Bédard

Christianne Wilhelmson, la directrice générale de la Georgia Straight Alliance, un organisme de défense de l’environnement marin, n’est pas convaincue par l’approche d’Ottawa.

« Le gouvernement confirme que la décision sur Trans Mountain est une décision politique. Il veut avoir un oui pour ce projet et il va recommencer le processus jusqu’à ce qu’il obtienne un oui », indique-t-elle. Selon elle, le désir avoué d’Ottawa que le projet se concrétise jette un doute sur l'ensemble du processus de consultation ainsi que sur sa validité.

Le responsable de la campagne énergie-climat de Greenpeace, Patrick Bonin, juge qu’il ne s’agit pas d’une annonce rassurante. « Le gouvernement préjuge déjà de la conclusion d’une nouvelle évaluation environnementale [...] en prenant clairement position en faveur d’un projet », soutient-il. M. Bonin estime également que le délai de 22 semaines donné à l’ONE pour effectuer sa nouvelle évaluation est trop court.

C’était prévisible que le gouvernement voulait aller de l’avant, mais aller de l’avant aussi rapidement, c’est inquiétant.

Patrick Bonin, responsable de la campagne énergie-climat de Greenpeace

Des Premières Nations veulent encore la mort du projet

L’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique (UBCIC) implore quant à elle le gouvernement de Justin Trudeau d’accepter la décision unanime de la Cour d’appel fédérale et d’abandonner le projet.

« La détermination fanatique du gouvernement Trudeau de construire ce projet de pipeline et de pétroliers désastreux est grossière et décourageante », écrit l'UBCIC dans un communiqué.

De son côté, la Première Nation Tsleil-Waututh salue le fait qu'Ottawa estime enfin que l'ONE aurait dû inclure le transport maritime dans son évaluation environnementale. Par contre, elle pense qu'il faudra plus de cinq mois pour un réel dialogue bilatéral sur ces questions.

Une réaction prudente de John Horgan

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, réagit quant à lui avec prudence. « Nous avons toujours dit que l’impact sur l'environnement marin sur nos côtes était le problème le plus important qui n’avait pas été abordé. Alors je suppose que c’est une bonne nouvelle que le gouvernement fédéral se penche là-dessus, mais à quel point cette consultation sera-t-elle adéquate, nous ne le savons pas encore, car nous n’avons pas pu réviser le matériel. »

Le député néo-démocrate fédéral Nathan Cullen, qui représente la circonscription de Skeena-Bukley Valley, dans le nord de la Colombie-Britannique, estime que les libéraux prolongent un processus qui a déjà déterminé que l’augmentation du trafic maritime donnera un coup à la population d’orques qui vit au large de la côte sud de la Colombie-Britannique. Il s’agit d’une espèce menacée.

Faire la même chose et s’attendre à des résultats différents est la définition de la folie.

Nathan Cullen, député fédéral du NPD

Il remet aussi en question l’engagement du gouvernement de réellement tenir compte des inquiétudes des Autochtones.

Colombie-Britannique et Yukon

Industrie pétrolière