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Davantage de places en garderie à l'Î.-P.-É., mais pas assez d'éducatrices

Une jeune femme dessine avec des enfants dans une salle de classe.

De jeunes enfants dans une garderie éducative.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard confirme la création de 16 nouvelles places dans les centres de la petite enfance (CPE) de langue française. Toutefois, en raison d'un manque d'éducatrices, le réseau de garderies de langue française se dit incapable d'accueillir davantage d'enfants.

Un texte de François Pierre Dufault

Au total, la province dit avoir créé 358 nouvelles places en garderie au cours des six derniers mois. Une partie du financement provient d'une enveloppe fédérale de 10,5 millions de dollars sur trois ans, annoncée l'an dernier.

Les 16 nouvelles places dans les CPE de langue française ont été ajoutées à la garderie Le Château des Étoiles du nouveau Pavillon de l'Est, qui a ouvert ses portes à Rollo Bay au printemps dernier.

Le ministre de l'Éducation et du Développement préscolaire, Jordan Brown, affirme que bon nombre des 358 nouvelles places en garderie sont destinées aux familles qui vivent en milieu rural, ou qui travaillent selon un horaire atypique, comme les soirs ou les fins de semaine.

Nous constatons des résultats positifs grâce aux efforts que nous avons déployés [...] pour ouvrir de nouvelles garderies, ajouter des places dans les garderies existantes et prolonger les heures d’ouverture.

Jordan Brown, ministre de l'Éducation et du Développement préscolaire de l'Île-du-Prince-Édouard

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard promet de créer encore plus de places dans les CPE de la province au début de l'an prochain. Une dizaine de ces places devraient être créées à la garderie L'Île Enchantée du Carrefour de l'Isle-Saint-Jean, à Charlottetown.

Ça ne nous sert à rien

Pour le réseau de garderies de langue française, toutefois, ces nouvelles places n'existent pour l'instant que sur papier.

Pour l'instant, ça ne nous sert à rien, déplore Kathleen Couture, la directrice de l'Association des CPE francophones de l'Île-du-Prince-Édouard. Les 16 places [à Rollo Bay] sont là, mais nous ne sommes pas capables d'en profiter. Nous avons déjà des places [que nous sommes incapables de remplir] à cause de la pénurie d'éducatrices.

Ce n'est pas une question de capacité, c'est une question de ressources humaines.

Kathleen Couture, directrice de l'Association des CPE francophones de l'Île-du-Prince-Édouard

Les CPE de langue française de la province sont confrontés à une pénurie d'éducatrices. Les faibles salaires font en sorte que très peu de personnes choisissent cette profession, selon Kathleen Couture. Et parmi celles qui la choisissent, bon nombre quittent au bout de quelques années pour aller travailler dans d'autres provinces, ou dans d'autres domaines.

L'Association des CPE francophones de l'Île-du-Prince-Édouard estime que ses six centres auraient besoin d'embaucher en tout une dizaine d'éducatrices, ne serait-ce que pour répondre à la demande immédiate. Cette estimation ne tient pas compte des 16 nouvelles places créées au cours des derniers mois.

Le financement annoncé pour l'ajout de nouvelles places en garderie ne peut pas servir à bonifier la rémunération des éducatrices, qui est réglementée par le gouvernement provincial.

Il faut que le gouvernement [provincial] reconnaisse qu'il faut mettre plus d'argent dans les salaires et les avantages sociaux des éducatrices. C'est là qu'il y a un besoin, exhorte Kathleen Couture. Il n'y a personne qui veut suivre une formation collégiale de deux ans pour en ressortir avec un salaire de 15,30 dollars l'heure.

Les responsables des CPE de langue anglaise disent connaître eux aussi des problèmes de recrutement et de rétention de personnel, pour les mêmes raisons.

Dans son plus récent budget, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard a bel et bien annoncé une augmentation de 2 % des salaires des éducatrices de la petite enfance. Pour une employée payée au salaire de base de 15,30 dollars l'heure, l'augmentation proposée équivaut à 30 cents l'heure. C'est toutefois insuffisant pour mettre fin à la pénurie, selon Kathleen Couture.

Île-du-Prince-Édouard

Éducation