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Impasse des négociations du Brexit : Theresa May est isolée

Les détails avec Jean-François Bélanger
Radio-Canada

La première ministre britannique Theresa May est prête à quitter l'Union européenne (UE) sans accord. Face au rejet par les Européens de sa proposition lors du sommet informel de Salzbourg, en Autriche, mercredi et jeudi, elle n'est pas prête à transiger.

Les négociations achoppent toujours sur des points cruciaux comme la question irlandaise ou la zone commerciale qui résultera du divorce.

« Nous sommes dans une impasse », a déploré la dirigeante britannique dans une déclaration depuis son bureau du 10 Downing Street, alors que le pays est à six mois seulement de quitter l'UE, le 29 mars prochain.

Il est inacceptable de rejeter la proposition d'une des parties sans explication détaillée et sans contre-proposition.

Theresa May, première ministre britannique

Un Brexit sans accord est possible

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, lors d'un point de presse en Belgique (archives). Le président du Conseil européen, Donald Tusk, lors d'un point de presse en Belgique (archives). Photo : Reuters / Eric Vidal / Reuters

Lors d'une réunion à Salzbourg, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dit sans ambages que certaines parties du plan ne fonctionneraient tout simplement pas.

Le président français, Emmanuel Macron, a qualifié de « menteurs » ceux qui ont induit le Royaume-Uni en erreur concernant les coûts d'une sortie de l'UE.

Ébranlée, Mme May a soutenu que ce plan est le seul sur la table et que Londres est prêt à divorcer de Bruxelles sans accord.

La première ministre a cependant réaffirmé que les deux parties veulent bel et bien un accord, mais que leurs positions respectives sont encore très divergentes, notamment sur les questions commerciales et sur l'enjeu de la frontière irlandaise.

Le « plan de Chequers » mis en échec

Sur le plan commercial, Theresa May a maintenu vendredi que son « plan de Chequers », qui prévoit le maintien d'une relation économique étroite avec la création d'une zone de libre-échange pour les biens industriels et les produits agricoles, restait la meilleure solution sur la table.

Mais le rejet de cette proposition par Bruxelles laisse comme seule possibilité actuelle celle du « filet de sécurité », décidée en décembre dernier et décriée par Theresa May.

Cette solution assure un alignement réglementaire de l'Irlande du Nord sur l'UE s'il n'y a pas d'autre accord accepté entre-temps par les deux parties.

Celle-ci n'engendrerait pas une nouvelle frontière physique entre les deux Irlandes, qui n'est souhaitée ni par Bruxelles ni par Londres.

Mais elle aurait pour effet de remettre en place les contrôles des marchandises entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, un point de litige pour les Britanniques.

En République d'Irlande, le Sinn Fein, parti en faveur de l'unification de l'île, est favorable au « filet de sécurité ».

Il ne peut y avoir d'accord de retrait sans un filet de sécurité pour le Nord.

David Cullinane, porte-parole du Sinn Fein

Theresa May acculée

Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, pendant un rassemblement politique le 1er juillet 2017 à LondresLe chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, pendant un rassemblement politique le 1er juillet 2017 à Londres Photo : Getty Images / Chris J Ratcliffe

La résidente du 10 Downing Street a demandé à ses homologues européens d'être traitée avec respect, et attend une nouvelle proposition de Bruxelles.

Le premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a affirmé que les négociations entraient dans une phase difficile.

Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste et de l'opposition officielle britannique, considère que Mme May est incapable d'obtenir un bon accord sur le Brexit.

Cette dernière est attendue au tournant sur ces négociations. Critiquée au sein de son parti, celui-ci se réunit en congrès à partir du 30 septembre à Birmingham, dans le centre de l'Angleterre.

Le jugement des journaux britanniques a été brutal envers la première ministre.

Dans le quotidien The Guardian, qui est largement favorable à l'UE, un journaliste affirme que Mme May avait été « humiliée ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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