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Le véritable déficit de l'Ontario est de 15 milliards, selon le gouvernement de Doug Ford

Deux hommes en complet, assis, regardent la caméra.
Doug Ford (à d.) en compagnie de son ministre des Finances, Vic Fedeli Photo: La Presse canadienne / Chris Young
Radio-Canada

Le nouveau gouvernement conservateur en Ontario clame que les libéraux ont laissé à la province un déficit de 15 milliards de dollars. C'est plus du double du chiffre (6,7 milliards) cité dans le budget libéral du printemps dernier.

Après avoir affirmé durant la campagne électorale que les libéraux cachaient la véritable ampleur du déficit provincial, les conservateurs de Doug Ford avaient formé une commission d’examen du budget en juillet dernier après avoir pris le pouvoir. À sa tête, l’ancien premier ministre libéral de la Colombie-Britannique Gordon Campbell.

Le ministre ontarien des Finances, Vic Fedeli, a présenté les conclusions de cet examen lors d'une allocution devant les gens d'affaires du Canadian Club à Toronto, vendredi.

Selon cette évaluation, en plus d'avoir sous-estimé le déficit pour 2018-2019, les libéraux n'avaient pas équilibré le budget l'année précédente, contrairement à ce qu'ils prétendaient. Ils auraient plutôt fait un déficit de 3,7 milliards.

3 versions du déficit selon le précédent gouvernement de Kathleen Wynne : 6,7 G$, selon la vérificatrice générale : 11,7 G$ et selon le gouvernement Ford : 15 G$Déficit budgétaire de l'Ontario de 2017-2018 - De gauche à droite : Kathleen Wynne (première ministre de l'Ontario de 2013 à 2018), Bonnie Lysyk (vérificatrice générale de l'Ontario) et Doug Ford (premier ministre de l'Ontario) Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn et Justin Tang

[Les libéraux] nous ont menti.

Vic Fedeli, ministre des Finances de l'Ontario

Le différend comptable porte sur la classification par les libéraux de deux régimes de retraite provinciaux comme des actifs et le financement par la société publique Ontario Power Generation, plutôt que le gouvernement, de leur plan d'allègement des tarifs d'électricité. Le ministre Fedeli qualifie cette dernière stratégie comptable de camouflage.

De son côté, la politologue Geneviève Tellier de l'Université d'Ottawa dit ne pas être étonnée par le nouveau déficit. À première vue, il n'y a vraiment rien qu'on ne savait pas déjà, a-t-elle commenté sur Twitter.

La vérificatrice provinciale l'avait dit

La vérificatrice générale de l'Ontario, Bonnie Lysyk, avait affirmé avec les élections que les libéraux de Kathleen Wynne sous-estimaient l'ampleur du déficit provincial. Par exemple, elle estimait que le véritable déficit pour 2018-2019 se chiffrait à 11,7 milliards de dollars, et non pas à 6,7 milliards. Pourquoi un écart de plus de 3 milliards entre la conclusion de la vérificatrice (11,7 milliards) et celle de l'examen commandé par le gouvernement Ford (15 milliards)? Le ministre des Finances, Vic Fedeli, cite notamment des économies de 1,4 milliard promises par les libéraux dans leur budget qui n'ont jamais été réalisées.

Lorsque le libéral Dalton McGuinty avait pris le pouvoir en 2003, son équipe avait clamé que le gouvernement conservateur précédent, qui disait avoir un budget équilibré, avait en fait caché un déficit de 5,6 milliards.

Des coupes à venir

En campagne électorale, M. Ford avait promis de remettre de l'ordre dans les finances publiques et de sortir la province du rouge le plus rapidement possible, mais sans donner d'échéancier précis.

Son ministre des Finances s'est contenté de dire, vendredi, que le déficit serait équilibré selon un échéancier raisonnable.

Avoir un budget équilibré n’est pas qu’une question fiscale, c’est une question morale, a affirmé Vic Fedeli, qui dit qu'il faut penser aux générations futures. Le trou [budgétaire] est profond et tout le monde, sans exception, devra faire des sacrifices, a-t-il ajouté, sans donner de détails.

Les conservateurs avaient promis en campagne électorale de trouver des économies budgétaires de 6 milliards. Le gouvernement promet maintenant de mener des consultations publiques à ce sujet.

La chef de l'opposition à Queen's Park, la néo-démocrate Andrea Horwath, est inquiète. [L'examen des finances publiques] sera le prétexte que le gouvernement utilisera pour amputer et privatiser les services publics, dit-elle.

Même son de cloche de la part de l'ancienne ministre libérale Marie-France Lalonde : Le rationnel de cet exercice, c'est pour justifier les coupures qu'ils entreprennent de faire.

Doug Ford a assuré durant la campagne électorale qu'aucun fonctionnaire ne perdrait son emploi.

Lorsqu'il était conseiller municipal et que son frère, Rob Ford, était maire de Toronto, les deux hommes avaient aussi procédé à un examen des finances, à la recherche d'économies. L'initiative avait toutefois donné des résultats mitigés. Le maire Ford avait par exemple fait marche arrière quant à la fermeture de bibliothèques, après une guerre de mots sur le sujet entre Doug Ford et l'auteure Margaret Atwood.

Toronto

Politique provinciale