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« J'avais vraiment peur » : des nouveaux arrivants victimes d'appels téléphoniques frauduleux

Une femme.

Ariane Ntagemgwa a été victime d'un appel téléphonique frauduleux.

Photo : Radio-Canada / Miriam Katawazi

CBC

Les nouveaux arrivants sont des proies faciles pour des fraudeurs qui se font passer pour des employés de l'Agence du revenu du Canada (ARC).

Les mains d'Ariane Ntagemgwa tremblaient si violemment qu'elle pouvait à peine tapoter la carte iTunes qu'elle venait d'acheter.

La femme à l'autre bout du téléphone a attendu qu'elle lise le numéro, puis elle a demandé à Ariane d'acheter encore plus de cartes.

Lorsque la réfugiée rwandaise a dit qu'elle n'avait presque plus d'argent, la femme au téléphone a menacé de l'arrêter.

J'avais tellement peur. Je voulais juste payer, se souvient Ntagemgwa en essuyant les larmes qui coulaient sur ses joues. C'était mon prêt pour l'école. Je leur ai donné tout l'argent que j'avais.

Des cartes-cadeaux iTunes et des reçus posés sur une table.

Ariane Ntagemgwa, une réfugiée du Rwanda, a acheté des dizaines de cartes-cadeaux d'une valeur de 2 700 dollars.

Photo : Radio-Canada / Miriam Katawazi

Depuis qu'elle avait été victime de cette arnaque, Ariane Ntagemgwa a décidé de reporter ses études à l'école d'infirmière jusqu'à ce qu'elle puisse à nouveau payer ses frais de scolarité.

C'est une énorme somme d'argent pour moi. Je ne peux pas me concentrer sur mes études, je ne peux pas me concentrer sur mon travail

Ariane Ntagemgwa

Les travailleurs qui interviennent auprès des immigrants, les avocats et les agents du Service de police d'Ottawa (SPO) affirment que les réfugiés et les nouveaux arrivants sont plus à risque de se faire escroquer, car ils ont un statut d'immigration précaire, n'ont pas une excellente maîtrise de la langue et du droit canadien, et ils manquent d'expérience avec les organismes gouvernementaux.

Isoler les victimes

L'arnaque faite au nom de l'Agence du Revenu du Canada (ARC) commence généralement par un message enregistré affirmant que la cible fait face à une action en justice et exigeant qu'elle rappelle immédiatement sous peine d'être arrêtée.

Pour beaucoup de nouveaux arrivants, un tel message téléphonique peut être paralysant.

Les personnes les susceptibles d'être victimes de cette arnaque ont tendance à avoir peur de faire quelque chose de mal et d'être chassés du pays, a déclaré le sergent James Ritchie de l'Unité de lutte contre la fraude du Service de police d'Ottawa (SPO).

Les escrocs ont tendance à isoler leurs victimes en leur ordonnant de rester au téléphone, les empêchant d'appeler quelqu'un pour les aider, ajoute le sergent.

Ariane Ntagemgwa a raconté qu'elle était restée au téléphone avec son escroc pendant trois heures, tout en courant d'un magasin à un autre pour acheter les cartes-cadeaux qu'il demandait. Ce n'est que lorsqu'elle n'a plus eu d'argent qu'elle a finalement appelé Louise Ebeltoft, la directrice des opérations de Carty House, une association pour les femmes réfugiées à Ottawa.

Quand vous venez dans un nouveau pays et que vous recevez un appel comme celui-ci, votre réaction est de vous dire immédiatement : "j'ai dû faire quelque chose qu'il ne fallait pas", a-t-elle déclaré. [Les arnaqueurs] s'en prennent à ceux qui n'ont pas toutes les informations.

Deux femmes l'une à côté de l'autre.

Ariane Ntagemgwa est allée demander de l'aide à une association pour les femmes réfugiées à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Miriam Katawazi

« Il y a très peu de choses que nous puissions faire »

Selon le Centre antifraude du Canada, au cours des huit derniers mois, des arnaqueurs prétendant représenter l’ARC ont remporté 88 330 $ auprès de 25 résidents d’Ottawa. Mais les chiffres ne représentent que les cas signalés.

Au début, les fraudeurs commencent généralement par soutirer de 1 000 à 2 000 dollars à une victime. Mais souvent, l'extorsion ne s'arrête pas là.

Une fois qu’ils ont fait payer la personne, ils reviennent avec une autre histoire, a expliqué James Ritchie. Nous avons vu des victimes perdre jusqu'à 40 000 dollars par le biais de différents stratagèmes.

Le nombre de nouveaux arrivants touchés par l'escroquerie reste inconnu, car beaucoup ne le signalent jamais.

La police assure qu'elle est impuissante à mettre un terme à une fraude puisque les fraudeurs sont presque toujours basés dans un autre pays.

Dans les cas sur lesquels nous avons enquêté, nous constatons que l'argent quitte le Canada si rapidement qu'il y a très peu de choses que nous pouvons faire, a poursuivi le sergent. Nous sommes vraiment à la merci des forces de l'ordre des autres pays pour enquêter.

Ottawa-Gatineau

Crimes et délits