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Le naufrage d'un traversier fait au moins 100 morts en Tanzanie

Des secouristes dans une chaloupe inspectent la coque renversée d'un traversier.
Des secouristes scrutent la coque d'un traversier qui s'est renversé sur le lac Victoria, en Tanzanie. Photo: Reuters / Reuters TV
Agence France-Presse

Au moins 100 personnes ont péri dans le naufrage jeudi d'un traversier dans le sud du lac Victoria, en Tanzanie, selon la radio publique locale qui cite le chef de la police du pays. Le bilan s'est alourdi avec la reprise vendredi matin du travail des équipes de secours dont les recherches avaient été interrompues la nuit.

La radio TBC Taifa a donné ce nouveau bilan en citant l'inspecteur général de la police Simon Sirro. Un précédent bilan faisait état de 86 morts et 40 rescapés.

Dans toutes les têtes, la même question revenait : combien de personnes se trouvaient à bord du MV Nyerere lorsque celui-ci a chaviré non loin du débarcadère de l'île d'Ukara, sa destination finale?

Des témoins ont rapporté à la télévision publique qu'environ 200 passagers se trouvaient à bord du traversier, d'une capacité de 100 personnes. Contacté par l'AFP, le gouverneur de la région de Mwanza, John Mongella, a indiqué ne pas être en mesure de confirmer ce nombre.

« Depuis ce [vendredi] matin, ce sont maintenant 42 corps qui viennent d'être repêchés. Si vous ajoutez les 44 morts [dénombrés jeudi], le nombre total de morts s'élève à 86 », a déclaré M. Mongella à la télévision publique TBC.

Le gouverneur a ajouté qu'on avait compté 40 rescapés, soit trois de plus que jeudi soir. Mais il n'a pas précisé si ces survivants avaient été secourus jeudi ou vendredi.

Si près et si loin...

Le traversier MV Nyerere s'est retourné jeudi après-midi à quelques dizaines de mètres seulement du débarcadère de sa destination finale, dans le sud du plus grand lac d'Afrique, avait indiqué jeudi soir l'Agence tanzanienne des services électriques et mécaniques, l'exploitant public du navire.

Vendredi matin, les équipes de secours s'affairaient sur les lieux du drame, sous le regard de dizaines de personnes massées sur le littoral, tandis que la télévision publique mettait en garde contre tout faux espoir : « les chances de trouver des survivants sont quasi nulles ».

Sur place, d'après des témoins interrogés par l'AFP, la coque du navire affleurait à la surface de l'eau, à quelques dizaines de mètres de la côte.

« Mon fils se trouve parmi les corps repêchés sans vie. Il était parti avec sa femme, mais son corps à elle n'a pas encore été retrouvé. Mon Dieu, qu'ai-je fait pour mériter ça », a déclaré à l'AFP Dativa Ngenda, une dame âgée, en pleurs, jointe au téléphone à Ukara.

« Je n'ai pas encore de nouvelles de mon père et de mon petit frère qui étaient dans le traversier. Ils s'étaient rendus au marché à Bugolora pour acheter l'uniforme scolaire et d'autres fournitures scolaires pour mon frère, car l'école reprend lundi prochain », a pour sa part témoigné Domina Maua, jointe par l'AFP au téléphone à Arusha (nord), où elle travaille.

« Je vais prendre le bus pour m'y rendre, mais je sais qu'il n'y a aucun espoir de les retrouver vivants. Nous prions Dieu pour que leurs corps puissent être retrouvés afin que nous puissions leur dire adieu », a-t-elle ajouté.

Un bateau surchargé?

Le traversier assurait la liaison entre l'île d'Ukara et celle, située juste en face, d'Ukerewe, qui abrite la localité de Bugolora, où les habitants d'Ukara viennent régulièrement s'approvisionner.

Les causes de l'accident demeurent inconnues pour l’instant, mais de précédentes tragédies dans cette région des Grands Lacs ont le plus souvent été imputées à des embarcations surchargées.

De fait, plusieurs témoins interrogés par l'AFP au téléphone ont rapporté qu'à l'approche de l'île d'Ukara, des passagers se sont déplacés vers l'avant du navire pour se préparer à débarquer. Ce mouvement aurait déséquilibré le bateau, qui s'est alors retourné.

Outre ses passagers, le MV Nyerere transportait également des marchandises lorsqu'il a chaviré.

La navigation peut être difficile sur le lac et elle se fait avec des navires vétustes ou mal entretenus. Les registres des passagers sont par ailleurs lacunaires et les autorités peu regardantes sur la sécurité.

En 1996, quelque 800 personnes, selon la Croix-Rouge, avaient trouvé la mort dans le naufrage du traversier « Bukoba », surchargé de passagers, à quelques milles marins au large de Mwanza.

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