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Legault refuse maintenant d’évoquer d’éventuelles expulsions d’immigrants

Le chef de la CAQ au micro.
François Legault était tout sourire en sortant du débat des chefs de jeudi soir, à TVA. Photo: Paul Chiasson

Les immigrants qui échoueraient aux tests de français et de valeurs qu'imposerait un gouvernement de la Coalition avenir Québec « ne seraient pas acceptés » par le Québec, a déclaré François Legault pendant le débat des chefs de jeudi soir à TVA. Est-ce à dire qu'ils seraient expulsés? Le chef caquiste a refusé de répondre à la question, qui lui a été posée plusieurs fois après le débat.

Un texte de Jérôme Labbé et Romain Schué

« Moi, ce que je veux, c’est intégrer… En prendre moins pour en prendre soin. »

C’est, en résumé, ce que François Legault a dû répéter une douzaine de fois, en français et en anglais, aux représentants de la presse qui, tard après le débat de jeudi, tentaient toujours de comprendre ce qu'il adviendrait des immigrants qui échoueraient aux tests de la CAQ.

Car le chef de la Coalition avenir Québec n’a pas été clair lorsque l’animateur Pierre Bruneau lui a demandé, au tiers du débat, combien d’immigrants seraient expulsés au terme de son mandat de quatre ans. « Il n’est pas question d’expulser une personne. On dit qu’on ne va pas les accepter », a-t-il nuancé.

Les seuls qu’on veut expulser, c’est le Parti libéral.

François Legault, chef de la CAQ

M. Legault a ensuite présenté ses excuses pour avoir fait preuve d'une méconnaissance des règles régissant le système d'immigration au Canada dans la dernière semaine.

« M. Couillard, je ne suis pas parfait », a-t-il avoué lors d'un échange avec son adversaire libéral. Ça m’arrive de faire des erreurs. [Mais vous], ce que vous aimez faire, c’est donner des leçons. »

Un discours qui évolue

Il faut dire que la rhétorique de François Legault a évolué sur ce sujet au fur et à mesure de la campagne électorale.

Au cours du débat du 13 septembre, comme l’a rappelé Philippe Couillard jeudi soir, le chef caquiste avait parlé « d’expulser des gens qui ne sont pas encore citoyens ».

Le lendemain, François Legault avait admis que Québec ne pourrait expulser aucune personne, cette compétence étant réservée au gouvernement fédéral. Il mentionnait alors qu’un immigrant qui ne réussirait pas les tests de français et de valeurs qu’il compte mettre en place serait alors dans une situation d’illégalité, expliquant que « la grande majorité des immigrants » réussiraient ces examens. « Toutes les personnes de bonne foi vont réussir », avait-il lancé.

Puis, le 18 septembre, après avoir indiqué vouloir rapidement mener des discussions au sujet de l’immigration avec Justin Trudeau, François Legault avait encore adouci sa position. Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, il assurait ne rien vouloir « négocier avec Ottawa […] à court terme ».

Le matin même, il avait également assuré que les nouveaux arrivants pourraient « recommencer autant de fois qu’ils le veulent » ces deux examens dans un délai de trois ans. Une année supplémentaire serait même offerte aux candidats, avait précisé la CAQ.

Selon l’équipe de La Vérif de Radio-Canada, la proposition de François Legault créerait deux catégories d'immigrants économiques au Canada. Ceux du Québec auraient moins de droits que dans les autres provinces, risqueraient de devenir illégaux et devraient attendre deux ans de plus pour devenir citoyens canadiens.

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